Au fil des ans, on a fini par associer le bilan de saison du XI Montréalais à une opération laborieuse qui met davantage en lumière les travers du club que ses qualités.
Celui de cette semaine s’est déroulé sans histoire, ce qui est presque aussi rassurant que déstabilisant.
Opération de coms
Pour comprendre pourquoi la pire saison de l’histoire du club a été suivie d’un bilan aussi décontracté et optimiste, il faut prendre un pas de recul et constater qu’on met la table pour cet exercice depuis trois mois.
Il restait encore un tiers de saison lorsque le CF Montréal a fait son constat d’échec via une lettre ouverte à ses supporters. On y annonçait du même coup une reconstruction qui remettait la victoire au cœur du projet.
On a aussi choisi d’attendre la fin de la saison pour retirer l’étiquette intérimaire de Marco Donadel. Cette carte à jouer apporte une certitude inhabituelle sur la saison suivante. Un heureux contraste avec le flou qui plane généralement sur le futur du coach à ce temps-ci de l’année.
Rattraper le temps perdu
Depuis 2021, le CF Montréal n’a jamais communiqué sur les options (exercées ou non) avant le 15 novembre. Cette année, mes décorations d’Halloween n’étaient pas encore installées qu’on apprenait que Bryce Duke, Fernando Alvarez, Giacomo Vrioni et Tom Pearce ne reviendront pas en 2026.
Vu l’ampleur du chantier qui se trouve devant Luca Saputo et son équipe, cette capacité à marcher et mâcher de la gomme en même temps est particulièrement importante. Pour rattraper le temps perdu, il faudra être décisif.
Le CF Montréal l’a été cette semaine.
Place aux cadres
Dans l’évolution de son projet, le CF Montréal a maintenant un double objectif. Faire fructifier ses actifs (les jeunes qu’on voudra éventuellement vendre) ET gagner.
Si ce n’était pas déjà évident, il ne fait plus aucun doute que le succès d’une telle mission passe par l’arrivée de cadres établis qui rehausseront la moyenne d’âge de la plus jeune équipe de MLS. Ces joueurs d’expérience avec des personnalités fortes établiront et maintiendront les nouveaux standards qui doivent inévitablement accompagner un discours qu’on centre maintenant sur la victoire.
Les jeunes pousses prometteuses, le CF Montréal les a. Il a maintenant besoin des tuteurs qui leur permettront de grandir et éviteront qu’elles ne s’affaissent dans la tempête.
Main à la poche
Contrairement au recrutement de « projets » comme Olger Escobar ou Dante Sealy, celui des cadres qu’on doit cibler cet hiver sera beaucoup plus onéreux. Garder ceux que l’on a déjà sous la main (Prince Owusu vient en tête) pourrait l’être aussi.
Voilà où les déclarations de Luca Saputo en août dernier prennent une importance capitale. À la conclusion d’un mercato d’été fort chargé, il précisait que 100% des sommes empochées pour des transferts sortants seront réinvesties dans l’effectif.
Cet été, les départs de Nathan Saliba pour la Belgique et George Campbell pour l’Angleterre ont rapporté environ 5M$. Combinée aux salaires qu’on a déjà libérés, cette somme donne à Saputo des ressources que le CF Montréal n’a pas eu depuis longtemps pour son recrutement hivernal.
Les prochains mois s’avèrent fort intéressants.




