La nomination de Marco Donadel au poste d’entraîneur-chef du CF Montréal était attendue depuis un certain temps déjà, mais la confirmation est finalement venue mardi avant-midi, quelques heures seulement avant que la plupart des joueurs ne rencontrent ensuite les membres de la presse dans le vestiaire du Stade Saputo pour dresser le bilan de leur année.
Une année marquée par un changement d’entraîneur survenu après cinq matchs et qui n’a pas réussi à renverser la mauvaise tangente que l’équipe avait prise, puisqu’elle a terminé au 13e rang de l’Association Est et évidemment raté les éliminatoires. Malgré tout, Donadel a su convaincre jeunes et moins jeunes qu’il a droit à une vraie chance de relancer le club.
Le projet sportif du CF Montréal était résolument tourné vers la jeunesse, ses ouailles ont tour à tour vanté ses qualités prisées par ceux qui n’ont jamais connu la vie sans Internet : la bienveillance, la capacité à communiquer et le refus de rester attaché aux années 1980.
« Marco a l’avantage d’avoir connu une grande carrière de joueur. De plus, il a longtemps été avec cette équipe, donc il amène son expérience et son savoir aux joueurs qu’il dirige, a dit le défenseur Jalen Neal, qui est âgé de 22 ans et dont c’était la première saison à Montréal. Il comprend mieux les joueurs qu’un entraîneur qui n’aurait jamais goûté au soccer pro. Il a joué à un très haut niveau. Il a beaucoup de conseils à donner aux jeunes joueurs du club.
« Il sait à quel point cela peut être difficile pour un jeune joueur de jouer dans une ligue comme la MLS. Il a fait confiance à tout le monde et les jeunes ont obtenu beaucoup de temps de jeu et gagné beaucoup plus d’expérience qu’ils n’auraient pu le faire ailleurs. C’est bien pour la progression des jeunes joueurs et c’est bien pour la progression du club. »
« Pour moi, Marco, c’est quelqu’un qui travaille hyperbien, a ajouté le capitaine trentenaire Samuel Piette. Je parle de Marco, mais je parle également de son staff : [l’entraîneur adjoint] David Sauvry, [l’analyste vidéo] Louan [Schilcht], [les entraîneurs adjoints] Maxime Leconte, Kobié Johnson... Ce sont des gens qui travaillent hyperbien, qui sont passionnés, qui mettent l’effort. On le voit avec leur heure d’arrivée au centre d’entraînement et leur heure de départ. Ils y passent toute la journée. Le cœur est là... la passion... les connaissances.
« Et ils sont préparés. C’est quelque chose qui m’avait quand même assez surpris pour un entraîneur (Donadel) qui n’avait pas énormément d’expérience en tant qu’entraîneur-chef. »
Donadel étant son huitième entraîneur-chef depuis son arrivée au club en 2017, Piette a tôt fait de remarquer que son ancien coéquipier possédait toutes les qualités nécessaires pour diriger des joueurs qui en sont souvent à leurs premiers pas dans le monde du soccer pro.
« C’est quelqu’un qui prépare super bien ses matchs, qui est clair dans son message, qui est précis, a expliqué le Québécois. Il n’y a pas superflu à gauche et à droite, où on peut perdre certaines communications. À son arrivée, ça m’avait quand même impressionné. Dans un groupe jeune, il faut que tu sois direct et franc. Il faut que ce soit noir sur blanc. »
« Il a été très honnête avec moi, a continué le gardien de but Jonathan Sirois, qui a perdu son poste de titulaire à Thomas Gillier en cours de saison. J’ai apprécié son honnêteté. [La décision de l’équipe de prioriser le nouveau venu de Bologne] a été plus facile à accepter. »
C’est donc sans surprise que les joueurs entrevoient l’avenir avec optimisme en pensant au fait que Donadel pourra exercer son influence sur une saison complète. À vrai dire, certains joueurs rêvent déjà ouvertement au prochain camp d’entraînement qui devrait s’amorcer en janvier, alors qu’il n’y a pourtant pas encore un seul flocon qui est tombé sur la métropole.
« Marco veut que nous devions une équipe contre laquelle il est difficile de jouer, une équipe contre laquelle les autres clubs doivent être à leur sommet, a précisé Neal. Depuis le premier jour, il essaie d’instaurer cette mentalité où nous devons être les plus intenses. »
« Tout le monde a accepté le plan qu’il nous a présenté, a continué le défenseur canadien Lucas Petrasso. Ç’a demandé une période d’adaptation, parce que c’est demandant de mettre continuellement de la pression, mais c’est un style de jeu qui sied bien à notre équipe en raison du nombre élevé de jeunes joueurs. Nous avons fait plusieurs bonnes choses avec le ballon. Je suis excité à l’idée de jouer une année complète sous ses ordres. »
Malgré l’enthousiasme débordant des joueurs, reste à voir quel genre d’effectif Donadel aura sous la main et par le fait même, quel genre de miracle il pourra – ou pas – accomplir.




