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Maxime Crépeau sera le gardien partant du Canada

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MONTRÉAL – Quand Maxime Crépeau s’est présenté au podium en compagnie de Jesse Marsch à la veille du match du Canada contre l’Irlande, l’un des grands mystères entourant l’équipe nationale venait d’être résolu sans que personne ne prononce le moindre mot.

Marsch l’a confirmé quelques secondes plus tard : Crépeau sera son gardien de confiance pour le tournoi de la Coupe du monde que son équipe amorcera le 12 juin contre la Bosnie-Herzégovine.

« J’ai dit à l’équipe que j’avais pris ma décision en fonction de la maturité et de l’expérience de Max, a justifié Marsch en conférence de presse. Je pense que c’est exactement ce dont notre équipe a besoin entre les poteaux, en plus évidemment de ses qualités de gardien. Je crois que le sentiment de sécurité que Max nous donne, en plus de son talent et de son intelligence, font de nous une meilleure équipe. »

« C’est quelque chose qui me rend très fier, a réagi Crépeau. Je ne prends rien pour acquis quand j’enfile ce maillot, alors c’est un moment qui me rend particulièrement fier. »

Crépeau a admis avoir versé des « larmes de joie » quand il a appris la nouvelle à sa femme Cristina, sa partenaire depuis 14 ans. « Des émotions à l’état brut », a dit l’heureux élu.

Il s’agit d’un dénouement rêvé pour Crépeau, qui avait dû renoncer à participer à la Coupe du monde 2022 au Qatar en raison d’une grave blessure à une jambe subie en finale de la MLS alors qu’il défendait les filets du LAFC. Il était alors considéré comme le second du vétéran Milan Borjan et son éventuel successeur devant le filet canadien.

« Évidemment, ça m’a fait mal manquer la Coupe du monde au Qatar. Ça a été très difficile à cause de la manière dont c’est arrivé, quelques jours avant mon vol. Revenir de cette blessure-là m’a pris du temps. Ça m’a pris dix mois avant de me sentir confortable sur un terrain et retrouver mon rythme, ma forme. Mais j’ai pu le faire. Manquer cette Coupe du monde et devoir la regarder sur mon sofa avec un plâtre, c’est pas mal différent de ce qui m’arrive maintenant. »

« Dans une carrière, il y a des moments qui peuvent vous pousser dans des endroits pénibles mentalement ou physiquement. Je suis fier de la façon dont je suis toujours revenu de ces moments. Dans les bonnes comme les mauvaises passes, j’ai toujours su regarder devant moi, fixer ma prochaine cible. »

Crépeau a pris la place qui lui était destinée dès que Borjan a été évincé du programme, début 2024. Il a été excellent lors du parcours du Canada à la Copa América, mais son sélectionneur avait quand même décidé d’ouvrir une compétition à l’interne avec son coéquipier Dayne St. Clair.

Des 21 matchs officiels qui ont suivi, Crépeau en a commencé huit et St. Clair treize. L’Ontarien a notamment obtenu le filet pour les matchs de la Ligue des nations et de la Gold Cup. C’est aussi lui qui a affronté la Côte d’Ivoire, le Pays de Galles, la Colombie et l’Équateur. Le Québécois a quant à lui été testé contre l’Ukraine, la Roumanie, l’Australie et le Venezuela.

Sur la durée, aucun des deux n’a vraiment démérité ni ne s’est particulièrement démarqué. On sait maintenant que le Québécois aura gagné son pari.

« Ça aurait été facile, après la Copa América, de donner le poste à Max, a reconnu Marsch. Mais à l’époque, on avait Dayne en très haute estime et on voulait continuer à bâtir l’ensemble de notre équipe, passer le message qu’on ne serait pas l’affaire de seulement onze joueurs, mais d’un groupe de 26. À cause de leur force de caractère, je crois que ça a fait ressortir le meilleur d’eux. »

Marsch a mentionné les défis auxquels Crépeau et St. Clair ont été confrontés dans les derniers mois alors qu’ils ont chacun dû s’intégrer dans des nouveaux clubs. Crépeau a signé à Orlando tandis que St. Clair s’est engagé à Miami. « Deux défenses horribles », a noté Marsch. Sa remarque a fait rire son audience, mais elle frappait en plein dans le mille.

Aucun gardien n’a accordé plus de buts que les 38 donnés par Crépeau avec Orlando. Mais le natif de Candiac vient aussi au troisième rang de la ligue avec 63 arrêts.

« Les deux ont accordé beaucoup de buts, mais j’ai trouvé qu’ils continuaient de bien faire malgré tout, a indiqué Marsch. Et pendant ce temps, les gens me demandaient pourquoi j’attendais avant de prendre ma décision. Je voulais m’assurer que les deux continueraient de se présenter, d’être constants, d’être forts, d’être à la hauteur des défis devant eux. »

Autant Marsch que Crépeau ont eu une pensée pour St. Clair qui, à 29 ans, devra vraisemblablement attendre quatre autres années avant de viser un rôle de titulaire sur la plus grande scène sportive du monde.

Marsch a réitéré qu’il s’agissait de « la décision la plus difficile » qu’il ait dû prendre dans sa carrière d’entraîneur. « Pour moi, c’est de m’assurer d’être présent pour lui dans les hauts comme les bas, a ajouté Crépeau. C’est important qu’il le sente. »

La nomination de Crépeau assure la présence d’un Québécois de plus sur le terrain durant cette Coupe du monde où le Canada est l’une des trois équipes hôtesses. Ils sont cinq, au total, à avoir été sélectionnés par Marsch.

« C’est quelque chose, hein? J’ai dit ça à Cristina hier que quand on était petits, il fallait regarder d’autres nations à la télévision et prendre pour une autre équipe parce que le Canada n’était pas là. Les deux dernières Coupes du monde, on a cette occasion d’être là et de changer notre culture. La tendance est en train de changer. »

« Je vais vivre cette Coupe du monde pour moi, mais aussi pour mes coéquipiers, mes entraîneurs, pour tous les gens qui ont rêvé à un moment comme ça dans leur domaine. Je vais vraiment sauter à pieds joints là-dedans, en profiter, sourire et vivre des grosses émotions. »