Coupe du Monde

Sorti du « trou », Davies entrevoit la suite « sans pression »

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MONTRÉAL – Alphonso Davies ne sait toujours pas dans quelle mesure il sera capable de contribuer à l’effort canadien contre la Bosnie-Herzégovine 12 juin à Toronto. Mercredi, au Centre Nutrilait, le capitaine des Rouges a meublé la partie de la séance d’entraînement ouverte aux médias à jogger doucement avec un thérapeute, loin de ses coéquipiers.

« Le premier match arrive pas mal vite, a souligné Davies à sa sortie des terrains. J’en ai discuté avec le coach et les autres personnes qui seront impliquées dans la décision. Le premier match est important, mais ça l’est tout autant de s’assurer que je récupère le mieux possible de ma blessure. On verra. Il n’y a pas de raison de précipiter les choses. »

Considérant l’importance de Davies pour une équipe qui ambitionne de sortir de son groupe et de « surprendre le monde », comme l’a claironné Mathieu Choinière, c’est un état des lieux qui est loin d’être idéal. Mais ce n’est rien si on compare aux doutes qui l’ont tourmenté dans les derniers mois.

Si vous avez suivi l’évolution de l’état de santé de Davies dans la dernière année, il est probable que l’empreinte de votre paume se soit retrouvée à un moment ou un autre étampée dans votre front, un signe de l’expression répétée de votre désarroi devant la guigne qui s’acharnait sur lui.

Le défenseur vedette du Bayern Munich s’est déchiré le ligament croisé antérieur en mars 2025 pendant un match contre les États-Unis en Ligue des nations. Il est revenu au jeu en décembre, mais en retourné sur la touche en février, touché à l’ischio-jambier de la jambe droite. Il a eu besoin d’un mois pour s’en remettre. Puis, un mois après son retour au jeu, en demi-finale de la Ligue des champions, il s’est blessé de nouveau, cette fois à la cuisse gauche.

Il restait alors 37 jours avant le premier match du Canada à la Coupe du monde. Davies a de nouveau été attiré cette fois-là dans ce qu’il a décrit à plusieurs reprises mercredi comme son « trou », un état d’esprit sombre dont il a dû travailler fort pour s’extirper dans cette succession de malchances.

« Mentalement, ça a été très drainant pour moi de subir toutes ces blessures », a-t-il révélé.

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La perspective de rater une Coupe du monde dont il avait été appelé à mousser la candidature alors qu’il n’avait que 17 ans, en 2018, lui était « dévastatrice ». « Quand les blessures surviennent, tu commences à faire les calculs dans ta tête, à te demander si tu seras rétabli à temps. Évidemment, j’ai beaucoup douté. »

Davies dit avoir flirté avec le fond du baril à quelques reprises. Il parle de la dernière blessure en liste comme d’une claque qui l’a fait descendre particulièrement bas.

« Quand j’ai déchiré mon ligament, tout le monde m’avait dit que les muscles dans le bas de mon corps seraient plus à risque. Malheureusement, je peux en témoigner. La dernière a été particulièrement dure à encaisser parce que tout indiquait que j’étais sur la bonne voie. »

Davies cite Jesse Marsch comme une personne qui l’a aidé à remettre les choses en perspective dans les périodes noires. « Je suis bien entouré. Mon entourage m’a aidé à rester motivé et à garder la tête haute. »

Aujourd’hui, il est sorti du trou. C’est un jeune homme plutôt solide qui s’est présenté devant les médias pour faire le récit d’une année difficile. Un jeune homme qui sait que le pire est derrière lui et qui semble voir de l’espoir pour ce qui vient.

Le grand rêve approche pour le Canada Au 5 à 7, Antonin Besner discute des préparatifs du Canada en vue du match préparatoire de l'équipe face à l'Irlande.

« Pour moi, il n’y a pas de pression. Il y a 26 joueurs dans une équipe de soccer et la nôtre compte sur tout le monde. Les douze derniers mois ont été composés de hauts, de bas, de hauts et d’autres bas. Mais ça fait partie du jeu. Je dois rester fort mentalement et continuer de pousser. »

En son absence, le Canada a démontré qu’il pouvait gagner sans Alphonso Davies. Son remplaçant au poste de latéral gauche, Richie Laryea, est l’un des membres de la sélection qui ont le plus tiré leur épingle du jeu dans la dernière année. Et le secteur offensif est assez bien nanti pour que ses succès ne dépendent pas de la présence d’un seul joueur.

Mais évidemment que l’équipe canadienne est plus menaçante en la présence de sa grande vedette. Une pleine récupération de Davies augmenterait grandement les chances du Canada d’atteindre ses objectifs à cette Coupe du monde.

Est-il raisonnable d’y croire?

« Tout est possible dans la vie », a laissé planer le principal intéressé devant la quête de vérité de son auditoire.