Coupe du Monde de la FIFA
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La fin officielle des auditions

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CALENDRIER

TORONTO – À sa dernière sortie avant l’annonce de la formation qui participera à la Coupe du monde, le Canada a fait match nul 0-0 avec la Tunisie mardi au BMO Field. Voici ce que nous en avons retenu.

Flores fait rêver

Marcelo Flores avait démontré un bel aperçu de son portfolio dans un mandat de 27 minutes contre l’Islande. Devant un bloc défensif hermétique, il avait notamment fait honneur à sa réputation en faisant montre de sang-froid et en utilisant ses pieds rapides dans les petits espaces.

Contre la Tunisie, l’ancien jeune international mexicain a continué de se montrer sous son meilleur jour. Toujours volontaire dans ses duels, il a trouvé un bel équilibre entre audace et retenue. Il a perdu peu de ballons et fait preuve d’une délicate précision sur ses centres, créant quelques chances pour ses attaquants près du petit rectangle. C’est aussi lui qui a hérité de la responsabilité de tirer sur corners et coups francs.

La carrière d’Ali Ahmed est clairement sur une trajectoire montante et ses performances avec l’équipe nationale dans la dernière année ne justifieraient pas une diminution de ses responsabilités sur le flanc gauche. Mais Flores apporte une nouvelle saveur à la position et il sera intéressant de voir le rôle qu’on lui confiera avant, pendant et après la Coupe du monde.

Mardi, on s’est surpris à l’imaginer en train de combiner avec Alphonso Davies devant des défenseurs un brin nerveux.

Millar et le jeu du match

Flores peut aussi jouer sur la droite, mais un certain Liam Millar a alerté tout le monde qu’il y était aussi très à l’aise et disponible à y prendre toutes les minutes qu’on voudra soustraire de la charge de travail de Tajon Buchanan.

Millar, qui, il y a quelques mois à peine, se remettait d’une grave déchirure ligamentaire à un genou, a été explosif dans son corridor, empoisonnant les défenseurs tunisiens avec un pressing envahissant tout en contribuant à la menace balle au pied.

Mais ce qu’on retiendra surtout de son match, c’est l’effort titanesque qu’il a livré à la 35e minute pour éviter au Canada d’encaisser un but certain. Après un mauvais calcul de Joel Waterman haut sur le terrain, deux joueurs en blanc se sont présentés seuls devant Maxime Crépeau. Avant qu’Elias Saad n’ait le temps de maîtriser une passe légèrement imprécise dans sa direction, Millar a surgi avec une glissade qui lui a permis de sauver la peau de son gardien.

Pendant que Crépeau enlaçait le sprinteur devant des partisans en liesse, Marsch jubilait sur le banc de touche. « Je ne sais pas si j’ai déjà vu un jeu semblable, un joueur partir d’aussi loin pour venir défendre son filet. C’est un jeu qui résume exactement ce qu’on veut être », a dit l’entraîneur.

Le Canada compte sur une belle profondeur sur les ailes – c’est d’autant plus vrai avec l’arrivée de Flores dans le portrait. Au moment où une performance beige aurait pu créer un doute sur sa pertinence, Millar a probablement forcé la main du patron.

Pas de but, pas de problème (pour Marsch)

Le Canada conclut sa dernière fenêtre de préparation avant la Coupe du monde avec deux matchs nuls, mais surtout deux autres matchs dans lesquels il a été incapable de marquer un but dans le cours du jeu. Contre l’Islande, ses deux réussites avaient été obtenues sur penalty. Contre la Tunisie, aucun de ses six tirs cadrés n’a réellement mis le gardien Abdelmouhib Chamakh sur le gros nerf.

Depuis ses deux impressionnantes victoires contre la Roumanie et le Pays de Galles en septembre, le Canada a été blanchi quatre fois et n’a marqué que trois buts dans le cours du jeu. Pour une équipe qui n’avait pu générer grand-chose il y a quatre ans au Qatar, on pourrait y voir quelque chose comme une absence de progrès.

Vous aurez deviné que ce n’est pas l’interprétation qu’en fait Jesse Marsch.

« Bien sûr qu’on aimerait marquer plus de buts, a commencé le tacticien. Mais je crois qu’on se crée des chances, on est dangereux du début à la fin de nos matchs et on joue contre de bons adversaires. Je ne vais pas commencer à être négatif et déçu de mon groupe. Je sais qu’on a de la qualité et qu’on peut marquer des buts. »

« Les équipes adverses défendent avec plus d’ardeur contre nous, a-t-il ensuite prétendu. Elles nous prennent plus au sérieux. Elles comprennent qu’on est une équipe rapide et puissante et qu’elles doivent être bien organisées défensivement si elles veulent limiter nos chances. Et malgré tout, on en génère beaucoup. Alors les buts vont venir, j’en suis sûr. »

« Et je vais le répéter, a conclu Marsch. À la Coupe du monde, éviter de concéder est la chose la plus importante. Si vous voulez connaître un bon tournoi, si vous voulez sortir de votre groupe, si vous voulez partir sur une lancée, vous devez être solide défensivement. Et c’est ce qu’on est. C’est à peine si on laisse nos adversaires pénétrer notre surface. Si vous recensez les touches dans notre surface, les tirs cadrés, toutes ces choses, on ne donne presque rien. »