LAVAL – Sean Farrell n’a ni espéré, ni stressé inutilement.
À ce temps-ci de l’année, alors que les effectifs des 32 clubs de la LNH sont plus que complets, il y avait peu de chance qu’il soit réclamé au ballottage après avoir été retranché par les Canadiens dimanche.
« Après les discussions que j’ai eues avec mon entourage, je ne m’attendais pas vraiment à ce qu’il se passe quelque chose », confiait Farrell en début de semaine, à l’ouverture du camp d’entraînement du Rocket de Laval, mardi matin à la Place Bell.
« Le but chaque année est de percer la formation, mais c’est bien d’être de retour. J’aime ça ici, j’aime mes coéquipiers, alors c’est toujours plaisant d’être à l’aréna. »
Farrell renoue en effet avec un environnement de travail qui lui a souri l’hiver dernier. Après un début de campagne catastrophique au cours duquel il a dû patienter jusqu’au 14 décembre avant de marquer son premier but, le petit attaquant américain s’est ressaisi au point de conclure la saison sur le premier trio du Rocket.
Un revirement de situation qui a incité les Canadiens à prolonger d’un an leur association avec Farrell.
Au dernier camp du CH, Farrell a disputé deux matchs, inscrivant un but et une mention d’aide dans l’un d’eux.
« J’ai aimé mon camp cette année. Je pense avoir bien fait dans mes deux matchs préparatoires, alors je suis heureux de ça et je dois maintenant bâtir là-dessus. »
À l’instar de son coéquipier Joshua Roy, Farrell a encore une saison pour préserver une place en apparence précaire dans la relève montréalaise, alors que les Oliver Kapanen, Owen Beck et Florian Xhekaj ont de toute évidence une longueur d’avance sur eux.
Si l’entraîneur-chef du Rocket Pascal Vincent a jugé bon d’aller à la rencontre de Roy au Jour 1 du camp pour obtenir ses états d’âme, il a par ailleurs été rassuré par l’énergie déployée par Farrell à l’entraînement
« Je l’observais sur la patinoire, il est prêt », a assuré le coach.
« Les gars vivent certainement cette déception [d’être rétrogradés], mais ils voient les noms sur le mur, a enchaîné Vincent. Ils savent que c’est un processus et qu’ils ne sont peut-être pas rendus là encore. Leur job, c’est de voler la job à quelqu’un. Que tu le fasses pour percer la formation du Rocket ou pour gagner ta place chez le Canadien, il faut que tu battes quelqu’un. »
Lors du dernier entraînement de l’équipe mercredi avant de prendre la route jeudi pour Belleville en vue des deux seuls matchs préparatoires de l’équipe, Farrell a renoué avec son compagnon de trio de la dernière saison, Laurent Dauphin. L’unité était complétée par le revenant Alex Belzile.
Vincent indiqué après le match intra-équipe à l’horaire mercredi qu’il ne fallait pas déduire que les trois attaquants seront réunis pour lancer la campagne. Or, Dauphin avait le sentiment que son entraîneur allait à tout le moins tenter l’expérience d’entrée de jeu.
« Je pense bien, ça ressemble un peu à notre trio de l’année passée avec Alex [Belzile] qui remplace l’autre Alex (Barré-Boulet, NDLR). Belz, c’est un joueur avec qui tu veux jouer, il travaille fort comme Sean et moi et je suis sûr que ça va bien aller. »
L’occasion est là. À Farrell de la saisir.
« Je suis juste excité à l’idée de commencer et, espérons-le, de connaître un bon départ. »




