LAVAL – Pour un deuxième camp d’entraînement de suite, les choses n’ont pas été comme l’espérait Joshua Roy. Et pour une deuxième saison consécutive, c’est à Laval qu’il devra prouver qu’il a sa place chez les Canadiens.
Rien pour le décourager, insiste-t-il toutefois.
« Ça fait partie du cheminement au hockey. Il n’y a pas beaucoup de joueurs qui jouent dans la LNH », décantait le Québécois, mardi, trois jours après avoir été retranché par le grand club.
« Il y a beaucoup de bons joueurs dans le monde et il y a tout le temps de nouveaux prospects qui rentrent chaque année. C’est à moi de prouver que je suis capable de me faire une place », a-t-il ajouté au Jour 1 du camp d’entraînement du Rocket à la Place Bell.
Après un été passé à pousser encore et encore de la fonte, Roy a pu observer les bénéfices de son dur labeur une fois sur la patinoire, mais il y a encore beaucoup à faire, manifestement, pour convaincre la haute direction qu’il est mûr pour le grand saut.
« J’ai mis les efforts, j’ai mis les chances de mon côté. Il n’y a rien de fini encore. C’est un camp et ça n’a pas été encore comme je voulais. […] Mais je suis encore jeune et je vais continuer de travailler fort. Je chasse encore mon rêve. »
Reste que le talentueux attaquant de 22ans a visiblement été devancé par les Oliver Kapanen, Owen Beck et Florian Xhekaj dans la hiérarchie de la relève offensive montréalaise.
Alors que ceux-ci voient leur audition se prolonger cet automne, Roy est aujourd’hui confronté à l’urgence de sa situation, soit l’expiration de son contrat d’entrée au terme du présent calendrier.
« C’est sûr que j’ai ça dans ma tête, a-t-il convenu. Chaque jour, il faut que je me présente, que je montre la meilleure version de moi-même. Pour cela, je vais devoir travailler fort, faire de l’extra hors glace et sur la glace. Il faut que je devienne le meilleur », décortique celui qui a peiné à se démarquer dans les deux matchs préparatoires que le CH lui a offerts avant sa rétrogradation.
Encore du temps?
Alors que s’ouvrait officiellement le camp d’entraînement du club-école, l’entraîneur-chef Pascal Vincent a tenu une brève discussion avec Roy, histoire de voir dans quel état d’esprit celui-ci s’est présenté à la Place Bell.
« Il était correct, assure-t-il. Qu’il nous le dise ou pas, c’est certain qu’il est déçu, parce qu’il a eu un bon été. Il a montré plus de pace. On a parlé de pace l’an passé et il a démontré qu’il en avait plus. »
« Il a encore du temps devant lui, a poursuivi le pilote. Je pense que là, il sent qu’il est sur la bonne voie. Il voit qu’en travaillant comme il a travaillé cet été, qu’il se rapproche de son but. »
Alors qu’il entame cette année sa quatrième campagne chez les pros, Roy a peut-être encore du temps devant lui pour éclore et démontrer que le Canadien a réalisé un coup de génie en le repêchant en 5e ronde en 2021, mais le temps presse.
« Il en a moins qu’il en avait, mais il a encore du temps, a répété Vincent. Jusqu’à l’âge de 24-25 ans, tous les joueurs ont des chemins différents. C’est sûr qu’on aimerait ça que les joueurs qu’on repêche se rendent à la LNH plus rapidement, mais en même temps, c’est aussi une question de timing avec ce qu’il y a de disponible pour le grand club et qui est là. »
Roy en désavantage numérique?
Pour devenir indispensable aux yeux de l’état-major du Centre Bell, Roy devra donc faire bien plus que de s’appuyer uniquement sur son flair offensif.
« Son rôle, c’est de marquer des buts, a rappelé l’entraîneur-chef. Maintenant, est-ce qu’il peut faire juste ça et se rendre dans la Ligue nationale? C’est difficile. »
C’est pourquoi Roy pourrait bien se voir offrir davantage de responsabilités chez le Rocket cette saison, notamment en désavantage numérique, a laissé entendre Vincent. Le Beauceron renouerait ainsi avec une fonction dans laquelle il a excellé au sein de la sélection canadienne qui a remporté l’or au Mondial junior 2023.
« Son sens du hockey est bon. Est-ce qu’on peut agrandir son rôle pour qu’il ne soit plus défini comme juste un joueur offensif? Il se donnerait une meilleure chance de graduer », estime Vincent.
« Avec le Canadien, il a joué sur le désavantage numérique durant un match hors-concours, a rappelé le coach. Sa tête, son ordinateur est très, très rapide. Ses lectures défensives sont bonnes, ce n’est pas ça le problème. Mais s’il est pour être reconnu juste comme un joueur offensif, il faut qu’il en score 40-50. (4:02) Ça, c’est difficile à faire. »
« Il faut que j’amène autre chose que juste de l’offensive à ma game, accepte Roy. Je dois être meilleur défensivement et que cela devienne un atout dans ma game. »
Il a maintenant une saison pour y parvenir.




