LAVAL – Plus de trois ans après sa sélection au premier tour par les Canadiens, Filip Mesar tarde encore à éclore.
À sa première saison complète chez les professionnels l’an dernier, le petit attaquant slovaque de 21 ans a été limité à 42 rencontres avec le Rocket de Laval, en partie en raison d’une blessure au bas du corps qui avait freiné un début de campagne prometteur.
N’ayant récolté que 4 buts et 14 passes à la conclusion du calendrier régulier, Mesar n’a ensuite été invité à endosser l’uniforme lavallois que pour un seul des 13 matchs éliminatoires de l’équipe jusqu’à son élimination en finale de l’Est.
La contribution, donc, n’y était pas. Mais on ne pourra jamais lui reprocher son manque d’ardeur au travail.
« Il prend sa job au sérieux, jurait mercredi l’entraîneur-chef du Rocket, Pascal Vincent, au jour 2 du camp d’entraînement de sa troupe à la Place Bell.
« Il y en a à cet âge-là qui jouent encore au hockey et qui n’ont pas encore compris que c’est aussi leur job. Se présenter le matin, l’heure à laquelle tu te couches le soir, ce que tu manges, la façon dont tu t’hydrates, comment tu te présentes à nouveau le lendemain matin, tout ça fait partie de ta job.
« Il y a des joueurs qui ne se rendent jamais là. Il y en a qui ne font que juste jouer au hockey et il arrivera ce qui arrivera. Filip, lui, il a compris. C’est déjà sa job. Il s’amuse à la faire, mais il a compris que c’est son métier. Il veut gagner sa vie en faisant ça. »
C’est pourquoi il a entrepris au cours de la saison morte d’ajouter une compétence de plus à son curriculum vitae.
Au dernier camp des recrues des Canadiens, Mesar a exprimé son désir de se pointer là où ça fait mal, là ou ça brasse pour jouer du coude, et pourquoi pas même jeter les gants.
Du haut de ses 5 pi 10 po et 181 lb, Mesar n’a pas enlevé de travail aux frères Xhekaj durant le camp d’entraînement du Tricolore. Mais il a certes affiché sa volonté de jouer la carte physique pour stimuler son jeu offensif, comme demandé par l’état-major montréalais.
Et la production a suivi.
Dans les deux matchs préparatoires qu’il a disputés avant d’être retranché samedi dernier, Mesar a récolté une mention d’aide dans chacun de ceux-ci, tout en se démarquant par sa rapidité et la fluidité de son coup de patin.
« Je me suis senti très bien dans ces deux matchs. Ça m’a aidé d’avoir joué dans la LAH l’an dernier. On avait ici une chose qu’on appelait le Great Package. On regardait beaucoup de bandes vidéo pour voir ce qui sautait aux yeux, comme l’utilisation de notre bâton sur le porteur de la rondelle, la finition devant le filet et l’intensité. C’est en quelque sorte devenu un automatisme pour moi. »
« Dans son cas à lui, le jeu physique revient à comment il va se mettre dans des positions pour récupérer la rondelle, vulgarise Vincent. Le positionnement de son corps dans les batailles à un contre un, utiliser sa vitesse… Il n’est pas très grand, mais il est très puissant des jambes. Il doit utiliser le bas de son corps pour gagner ces batailles-là. »
Une recommandation que Mesar semble avoir vite saisie. Suffit maintenant de la mettre en pratique de façon constante.
« Ce que j’aime de Mesh, c’est qu’il réalise les choses qu’il doit améliorer. Ça, c’est une habileté », a louangé Vincent avant de tracer un parallèle avec un joueur de la LNH établi sur lequel il a déjà veillé, comme il le fait régulièrement.
« Je me rappelle de Kyle Connor que j’ai eu avec le Moose du Manitoba. Ses dix premiers matchs, il ne faisait rien. Je l’ai rencontré le lendemain et c’était comme si c’était mon entraîneur adjoint qui me parlait. Il savait exactement ce qu’il avait bien et ne pas bien fait. Éventuellement, ces gens-là trouvent des moyens de progresser. On va voir ce que ça va donner [pour Mesar], mais son auto-évaluation est très bonne. »
Des coupes jeudi matin
Rien n’est toutefois gagné d’avance pour Mesar. S’il évoluait aux côtés du talentueux Joshua Roy et du capitaine Lucas Condotta à l’occasion du match intra-équipe qui a marqué la deuxième journée du camp d’entraînement mercredi, l’ailier droit doit néanmoins se battre pour son temps de jeu.
Et ça commence vendredi soir avec le premier des deux seuls matchs préparatoires que jouera le Rocket à Belleville, d’abord contre les Senators, puis contre les Marlies de Toronto le lendemain après-midi.
Le Rocket n’aura ensuite que trois séances d’entraînement à son horaire avant le début de sa saison le 10 octobre à Winnipeg face au Moose du Manitoba. Bref, le temps presse pour tout le monde.
« Il va y avoir des coupures demain matin, on n’a pas de temps », a déjà annoncé Vincent mercredi, au lendemain de l’ouverture du camp auquel participent actuellement 35 joueurs.
« Je veux voir des compétitions pour certains rôles dans l’équipe. Je veux voir des compétitions pour rester dans l’équipe. Ce que je veux voir, c’est une équipe compétitive. Je veux savoir qui est capable d’assimiler l’information et de l’exécuter sur la patinoire le plus rapidement possible. »




