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COLLABORATION SPÉCIALE
On s’attendait à un 90e Tournoi des Maîtres rehaussé par la présence de Tiger Woods. Allait-il à 50 ans imiter Jack Nicklaus qui, en 1986, avait déjoué les calculs les plus improbables et remporté le Masters pour une sixième et dernière fois?
La réponse est tombée récemment et surtout abruptement sur les médias sociaux et les agences de presse lorsqu’il a été intercepté et inculpé pour conduite avec facultés affaiblies en Floride non loin de son domicile. Il ne sera pas à Augusta cette semaine. Pas plus qu’il ne sera capitaine de l’équipe américaine de la Coupe Ryder l’an prochain. Il s’agira d’abord et avant tout pour lui de faire un brin de ménage dans sa vie personnelle.
Cette absence toutefois, jumelée à celle de Phil Mickelson qui lui aussi, curieusement, s’abstient de participer au tournoi pour des raisons personnelles, survient à un moment charnière et pour le golf professionnel et pour le Tournoi des Maîtres.
Tiger était à la direction d’un comité qui devait analyser la situation du PGA Tour et tracer les grandes lignes des futurs calendriers de compétition du circuit. Les échos des transformations que l’on veut apporter font état de changements majeurs tant par le nombre de tournois disputés annuellement que par l’accessibilité à ces tournois à l’ensemble des golfeurs du PGA Tour. Les solutions proposées étaient loin, très loin, de faire l’unanimité. Qu’adviendra-t-il de ce dossier maintenant qu’il doit quitter l’avant-scène du golf professionnel? Et où en sont les discussions quant à la suite des événements avec le circuit LIV?
D’autre part, les plus nostalgiques profiteront de l’occasion cette fois pour se remémorer l’exploit de Jack Nicklaus qui, il y a 40 ans, avait défié toute logique et triomphé pour une sixième fois à Augusta. Cette victoire a sans aucun doute été la conclusion de l’époque « Palmer-Nicklaus » qui fut à l’origine du golf professionnel tel qu’on le connaît aujourd’hui.
L’absence du duo Woods-Mickelson vient en quelque sorte cette semaine servir de fin de chapitre à la seconde ère du Tournoi des Maîtres et du PGA Tour. Un peu plus de deux décennies principalement dominées par deux joueurs et qui ont permis, Woods en particulier, de projeter le golf professionnel dans un autre univers. Financier certes, mais aussi dans l’espace médiatique. Ils ont à leur tour transformé le sport pour en faire un véhicule de communication exceptionnel.
Les golfeurs nés et issus de cette nouvelle génération, capables des performances les plus incroyables, se sont implantés à un rythme accéléré. Leurs exploits ne cessent de surprendre de semaine en semaine. Autant avons-nous longtemps parlé de l’importance de l’expérience et de l’apprentissage nécessaire pour la réussite, autant cette donnée n’est plus nécessaire, voire obsolète.
Sans pour autant négliger les vétérans qui sont encore de fiers compétiteurs, les jeunes joueurs qui se pointent au Augusta National pour la toute première fois cette semaine ou qui en sont à un deuxième essai sont dorénavant les plus à craindre.
Parce que justement, ils n’ont peur de rien. Leur apprentissage chez les amateurs fut à ce point relevé qu’ils ont déjà en banque la plupart des atouts nécessaires pour remporter ici une victoire.
À moins que les gardiens du Augusta National en décident autrement, nous pourrions très bien assister à la naissance de la prochaine génération des futurs détenteurs du vert cette semaine.





