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Le Rocket frappe un grand coup à sa rentrée à la maison

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LAVAL – Le printemps dernier, dans l’échantillon de quatre matchs qui a mené à son élimination en demi-finale des séries de la Ligue américaine, il a beaucoup été question du manque d’expérience du Rocket de Laval et de l’avantage qu’il avait concédé aux Checkers de Charlotte dans le département du jeu physique.

En route vers un balayage facile, les Checkers avaient été plus que des agresseurs, ils avaient été des intimidateurs. Le Rocket n’avait jamais su trouver de réponse face à leur ruse et leur robustesse.

Au bilan de fin de saison, il avait été question de l’importance pour les jeunes joueurs de l’organisation du Canadien de prendre du coffre durant l’été. On a même inséré un extrait sonore à cet effet dans la vidéo qui a précédé la présentation des joueurs durant les cérémonies du match d’ouverture, vendredi.

La version des Canucks d’Abbotsford qui est en résidence à la Place Bell en fin de semaine n’a pas grand-chose à voir ni avec celle qui a remporté la Coupe Calder la saison dernière, mais quand même. Pour lancer sa saison locale, le Rocket a frappé un grand coup en la réduisant complètement au silence.

Le club-école du CH a gagné son premier match à domicile par la marque de 3-0. Les visiteurs n’ont à peu près rien généré en attaque, si ce n’est que deux ou trois occasions sérieuses en fin de deuxième période.

Et lorsqu’ils ont tenté de sortir les gros bras, ils se sont fait remettre à leur place.

Le souffle sur les braises de la provocation est survenu vers le milieu de la deuxième période, lorsque le défenseur Josiah Didier a été violemment renversé sur la glace dans une prise de bec avec l’attaquant Chase Stillman. Un coup vicieux, beaucoup de sang et une bonne frousse. Le Rocket aurait pu baisser la tête et laisser le champ libre à son adversaire, mais il a fait le contraire.

« On l’a fait l’an passé, on a été une équipe qui avait du pushback, a relativisé l’entraîneur-chef Pascal Vincent. Durant les séries, c’était à un autre niveau, Charlotte était vraiment à un niveau qu’on n’avait pas vraiment expérimenté durant la saison. C’est évident qu’on veut jouer une game qui est physique, on ne veut pas donner d’espace. »

« Mais il y a une façon de faire ça, a-t-il pris la peine de développer. Je trouve que nos bâtons ce soir étaient excellents, on était dans les lignes de tirs, notre approche aux porteurs était très bonne. Tous ces aspects-là, pour moi, c’est le jeu physique et je trouve qu’on a bien répondu. Et lorsque ça a été le temps de répondre aux mises en échec, cette partie-là du jeu physique, on l’a fait aussi. »

Le Rocket a aussi le mérite d’avoir réglé ses comptes dans la discipline. Il a passé son message jusqu’à la fin de la deuxième période, mais n’a écopé d’aucune pénalité en troisième. Le coup qui fait mal, le vrai, il l’a asséné en marquant deux buts rapides qui ont achevé ses rivaux.

« On a une belle maturité cette année, jusqu’à présent. Il devait y avoir une réponse [...], mais effectivement, ça aurait pu [dérailler]. Xhekaj, l’an passé, le RPM serait monté dans le rouge, mais là il l’a gardé en contrôle. On progresse, on avance. »

Davidson, le « gamer »

Jacob Fowler, avec un positionnement toujours impeccable et une mitaine comme un aimant, n’a eu qu’à bloquer 19 tirs pour signer le blanchissage, son deuxième chez les professionnels.

Le Rocket protégeait une avance d’un but depuis la fin de la première période quand il a frappé deux fois en succession en début de troisième. Filip Mešár et Xavier Simoneau ont mis le match hors de portée en l’espace de 2 minutes 25 secondes.

Jared Davidson, dont le travail en échec-avant a été à l’origine du but de Mešár, avait ouvert la marque au premier tiers en monétisant une superbe passe de Florian Xhekaj en avantage numérique.

Constamment au cœur de l’action, Davidson a offert une performance en accord avec ce qu’il a montré lors de sa récente audition au camp d’entraînement du Canadien. On a revu celui que Martin St-Louis avait décrit comme un « gamer » après un match préparatoire inspiré contre les Penguins de Pittsburgh.

« C’est un honneur, en fait, de recevoir ce genre de compliment, surtout venant de lui, a dit l’ailier de 23 ans quand on lui a rappelé les propos de St-Louis. Ça m’a fait du bien de savoir que c’est comme ça qu’on me considère au sein de l’organisation et ça me donne juste le goût de leur donner raison. »

Auteur de saisons de 42 et 38 buts au niveau junior, l’ancien des Thunderbirds de Seattle n’a pas tardé à faire la démonstration de ses talents de marqueur chez les pros. Il revendique 36 buts en 110 matchs dans la Ligue américaine. Mais il retire aussi une grande fierté à l’idée d’être une épine dans le pied de ses adversaires.

« C’est l’essence même de mon jeu. Tout le monde peut tirer au filet et oui, c’est bien de mettre quelques rondelles derrière le gardien. Mais il faut être capable d’offrir plus que ça, que ça soit être fatigant en échec-avant, frapper, jouer en défense. Être polyvalent, c’est la clé du succès. Je ne veux pas être un joueur unidimensionnel. »

Il y a un an, Davidson avait connu du succès aux côtés de Mešár et Owen Beck avant que la réalité de la Ligue américaine se charge de démembrer leur trio. Ils connaissent un autre bon début de saison jusqu’à maintenant.

« Il y a certainement une chimie entre ces trois joueurs-là, ça c’est sûr », apprécie Vincent.