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« Juste d’être là, je capote »

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LAVAL – Son tour allait bien finir par venir.

Avant longtemps, on l’inviterait forcément lui aussi à vider son casier de la Place Bell, calculait Jacob Dion.

Après tout, c’est le sort qui n’avait pas tardé à être réservé à plusieurs joueurs qui comme lui, étaient étiquetés « Lions de Trois-Rivières » au camp d’entraînement du Rocket de Laval.

Dès le jour 3, Cédric Desruisseaux, Logan Nijhoff, Emmett Serensits et Vincent Duplessis ont été les victimes de la première vague de retranchements et sont rentrés en Mauricie pour amorcer leur saison dans l’ECHL.

Trois jours plus tard, c’est Will Dineen, Mark Estapa, Egor Goriunov, Israrel Mianscum, Charles Martin, Wyatt McLeod, Benjamin Gaudreau et Hunter Jones qui ont été rétrogradés.

« Sur papier, tous ceux qui comme moi arrivaient des Lions étaient coupés un après l’autre. D’une certaine manière, j’en déduisais que ce serait sûrement moi le prochain », confiait le défenseur québécois en milieu de semaine.

« Mais d’un autre côté, je trouvais que ça allait bien mes affaires, que je performais. »

Visiblement, les décideurs du Rocket ont vu la même chose. Celui qui était débarqué à Laval en vertu de son contrat signé avec les Lions à sa sortie des rangs universitaires canadiens cet été, a amorcé la saison dans la Ligue américaine.

Si l’absence des arrières réguliers David Reinbacher, William Trudeau et Joshua Jacobs en raison de blessures n’est certes pas étrangère au contrat d’essai professionnel que le Rocket lui a offert, cette opportunité lui revient néanmoins de plein droit.

« Il n’a pas gagné un concours », insiste l’entraîneur adjoint du Rocket veillant sur les défenseurs, Daniel Jacob. « Il n’est pas ici sans le mériter, il a vraiment bien fait. »

Au point même d’être en uniforme pour le premier match de la campagne du Rocket, le week-end dernier à Winnipeg, face au Moose du Manitoba.

« À tous les jours quand je me réveille, on dirait qu’il faut que je réalise que je suis là, dans la Ligue américaine. Au début, je suis arrivé ici au camp en me disant que ç’allait être une belle expérience en tant que joueur invité de voir c’est quoi le calibre. […] Je me pince un peu encore, mais j’essaie d’en profiter au maximum. »

Sur le plan contractuel, Dion a 25 matchs pour prouver au Rocket qu’il a ce qu’il faut pour se débrouiller dans l’antichambre de la LNH. À tout moment, le club-école du Canadien peut le libérer et le céder aux Lions.

« J’essaie de ne pas trop y penser. Juste d’être là, je capote. On verra ce qui va se passer, j’espère faire le mieux possible pour pouvoir continuer le plus longtemps. »

Jamais repêché dans la LNH, Dion était reconnu dans la LHJMQ chez les Voltigeurs de Drummondville comme un défenseur mobile au flair offensif certain. En quatre campagnes, le hockeyeur de 5 pi 9 po et 177 lb a récolté 37 buts et 134 points en 170 rencontres. À sa dernière saison dans le circuit, il a notamment été le meilleur pointeur des siens avec 58 points en 67 matchs.

Au terme de son stage junior, Dion s’est joint aux Aigles Bleus de l’Université de Moncton, avec qui il a évolué pendant trois ans avant de faire le saut chez les professionnels en signant un pacte d’une saison avec les Lions, champions en titre de l’ECHL.

« En sortant de l’université, j’ai regardé du côté de l’Europe, mais en me joignant aux Lions je pouvais rester proche de la maison », explique l’athlète originaire de la région de Sherbrooke qui a toujours eu comme intention de « jouer pro » après ses études en criminologie.

« Le plan était d’aller à Trois-Rivières, mais il a changé un p’tit peu… et pour le mieux. »

Faire le saut des rangs universitaires à la Ligue américaine n’est toutefois pas chose commune ou facile.

« Ce qui m’aide beaucoup, c’est que dans la ligue universitaire des Maritimes (Sport universitaire de l’Atlantique, NDLR), ça frappe beaucoup, estime-t-il. Ici, tout le monde est gros. J’ai pu affronter des joueurs plus vieux que d’âge junior [dans les rangs universitaires], mais il faut reconnaître que c’est tout un step au niveau de l’exécution. »

Rien pour l’intimider, a cependant remarqué Jacob de son invité surprise.

« Je me rappelle que dès sa première pratique avec nous, je n’avais pas haï son niveau de compétition. Il avait un bon bâton, de bons pieds. Ce que j’ai aimé de lui, c’est qu’il n’a pas peur de faire des jeux, et ce n’était pas des jeux forcés. »

« Les gars ont pris soin de lui et il est venu avec nous sur la route. Il est inclus dans le mix. Le côté intimidant de jouer chez les professionnels s’est dissipé », ajoute Jacob.

« Dès ma première présence [à Winnipeg], je me suis dit “Oh crime, ça joue vite!”. Mais plus ça allait, plus je m’adaptais. Je suis quand même content du match que j’ai offert à ma première game pro. »