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En équipement, dans l’autobus : « C’est pas si pire »

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LAVAL – Vêtu de son équipement, à l’exception de son casque et de ses patins, Adam Engström prend du soleil en gougounes.

Assis à la table de pique-nique installée tout près de l’entrée du Complexe sportif Guimond en bordure de l’autoroute 440 à Laval, le Suédois prend le temps de boire quelques gorgées de son Gatorade en observant les derniers de ses coéquipiers sortir un à un de l’aréna.

Il retarde l’inévitable.

Sous peu, il devra monter à bord de l’autobus qui le ramènera à la Place Bell, où une vingtaine de minutes plus tard, il pourra s’asseoir à son casier et enfin retirer le reste de son armure.

Jouer pour le Rocket de Laval a plus d’un avantage, le premier étant sans doute d’évoluer dans un domicile douillet, au goût du jour et des plus bruyants les soirs de match.

Or, le club-école des Canadiens n’est pas le seul locataire des lieux, bien que le principal. Si la plupart des séances d’entraînement ont lieu sur la surface glacée de l’amphithéâtre, d’autres sont régulièrement tenues sur la patinoire communautaire de l’édifice les jours de concerts ou d’événements spéciaux.

Et quand celle-ci n’est pas disponible, la direction de l’équipe appelle son chauffeur d’autobus.

C’est ce qui a conduit l’équipe à s’entraîner l’an dernier dans divers arénas de la région lavalloise, dont le Complexe sportif Guimond, l’Aréna Mike-Bossy et même le vétuste Colisée de Laval.

« C’est pas si pire », dédramatisait l’attaquant Florian Xhekaj, mercredi, à son retour à la Place Bell. Cette fois, c’était en raison de travaux effectués au système d’éclairage que la troupe de Pascal Vincent a dû aller patiner à moins de 10 km de chez elle.

« On aime bien mieux s’habiller ici et être prêt dès qu’on arrive que de traîner tout là-bas », relativise le robuste attaquant. « C’est un petit voyage en autobus amusant qui ne dure que 20 minutes. »

« Quand on est dans le bus, on jase et on a du fun pareil », approuvait quant à lui son coéquipier Xavier Simoneau. « Il y a des affaires pires que ça dans la vie. »

Il faut dire que le trajet n’est pas effectué dans un autobus scolaire jaune. Joueurs et entraîneurs prennent en effet place dans un autobus voyageur où, heureusement, ils ne manquent pas d’espace.

« On a deux sièges chacun », précise Xhekaj, qui malgré sa carrure de 6 pi 4 po et 204 lb, peut ainsi se mettre à son aise autant que possible. « On est habitués d’être tout le temps dans notre équipement de toute façon. »

C’est une autre histoire pour les gardiens qui doivent retirer jambières, plastron et une bonne partie de leur équipement pour le ranger dans leur sac qu’ils chargent eux-mêmes dans la soute à bagages de l’autobus.

Kaapo Kähkönen Le gardien du Rocket de Laval Kaapo Kähkönen montant à bord d'un autobus après un entraînement au Complexe sportif Guimond. (Rocket de Laval)

L’odeur?

Disons que le Rocket n’est pas votre équipe de ligue de garage du coin dont les joueurs font sécher leur poche de hockey dans le sous-sol en croisant les doigts que leur chat n’y trouvera pas l’endroit idéal pour marquer son territoire…

« Il n’y a rien qui sent. Tout est correct », jure Simoneau, qui vit pareille expérience pour la première fois de sa carrière d’hockeyeur.

Xhekaj ne se rappelle pas non plus d’être monté à bord d’un autobus équipé de tout son attirail pour aller s’entraîner durant sa carrière junior. Son parcours dans le hockey mineur a toutefois été meublé de plus d’un itinéraire du genre.

« Quand j’étais très jeune, on avait l’habitude d’enfiler notre équipement à la maison si on était en retard pour un match ou une pratique. »

Martin Laperrière, entraîneur adjoint du Rocket, a lui aussi une pensée pour son enfance lorsqu’il est question de ces trajets occasionnels en autocar.

Fils de Jacques Laperrière, ancien joueur des Canadiens puis entraîneur adjoint chez le CH entre 1981 et 1997, Martin n’en est pas à ses premiers allers-retours du genre.

Durant cette période d’une quinzaine d’années, le Tricolore tenait parfois des séances d’entraînement à l’Auditorium de Verdun plutôt qu’au Forum de Montréal ou au Centre Molson. Et ce n’est pas à bord d’un autobus voyageur de luxe que Laperrière accompagnait à l’occasion son père et les joueurs du CH.

« Ils louaient un autobus de la STM! », s’amuse Lappy.

N’empêche, à l’instar de leurs homologues d’aujourd’hui, aucun des joueurs ne rechignait, note Laperrière de cette époque où les entraîneurs-chefs Bob Berry, Jacques Lemaire, Jean Perron, Pat Burns, Jacques Demers et Mario Tremblay se sont succédé.

« C’est surtout l’entraînement tough qui s’en venait qu’ils n’aimaient pas. »