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Que le meilleur gagne!

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BUFFALO - Je n’avais pas encore terminé de lui répondre que j’habitais Montréal que Sam, au volant de son Toyota Rav4, a lancé : « Ah! Vous devez donc parler français! »

Natif du Niger, vivant à Buffalo depuis 13 ans, Sam était très heureux de parler français. Il était aussi très fier de me dire que plusieurs de ses compatriotes vivaient à Montréal, à Québec, à Trois-Rivières, à Gatineau.

« Je suis déjà allé à Montréal. Quelle belle ville. Et votre métro, c’est beau, c’est propre, c’est accueillant. Rien à voir avec celui de New York. La prochaine fois que je vais aller au Québec, j’irai à Gatineau. Ce doit être beau Gatineau, parce que tous mes amis qui vivent là-bas passent leur temps à dire à quel point la vie y est belle. À quel point ils ont du plaisir à vivre là-bas! »

J’allais confirmer cette affirmation ayant passé une partie de ma vie en Outaouais, mais Sam voulait plutôt savoir ce qui m’amenait à Buffalo, un lundi soir maussade et froid.

Même scénario! À peine le mot hockey prononcé, le bon Sam avait fait une association avec le mot Montréal entendu plus tôt.

« Vous travaillez pour le Canadien de Montréal? »

Quand je lui ai répondu que non, que je n’étais qu’un journaliste qui suivait les activités du Canadien de Montréal depuis 28 ans, Sam s’est quand même emporté.

Parce que vous savez quoi? Sam a grandi à titre de partisan du Canadien de Montréal. Au Niger? Yes Sir Madame, comme aurait lancé mon ancien patron au Soleil de Québec Maurice Dumas dans son meilleur anglais…

« Bien sûr au Niger. On ne jouait pas. Mais quand il était question de hockey, c’est du Canadien de Montréal et juste du Canadien de Montréal dont il était question. J’ai longtemps pensé que le hockey c’était l’affaire du Canada et du Canada seulement. C’est seulement quand je suis arrivé en Amérique – il a vécu quelques années à New York avant de mettre le cap sur le Nord pour s’installer à Buffalo afin d’y faire ses études universitaires – que j’ai compris qu’il y avait aussi du hockey aux États-Unis. Ah bien! Le Canadien de Montréal… » qu’il a répété plusieurs fois tout en filant vers le centre-ville Buffalo, un centre-ville aussi gris que le début de nuit.

« Ce n’est pas si pire que vous pensez Buffalo. Il y a plusieurs universités. Et la ville est un îlot de sécurité pour les immigrants. Quand tu vas en banlieue, c’est différent. Il y a des gens moins accueillants. J’ai d’ailleurs dû en débarquer un de ma voiture le long d’une autoroute parce qu’il hurlait après moi. J’ai appelé la police et tout. Mais ce n’est qu’un cas isolé, 99 % des gens sont biens dans la région », que Sam assurait.

Sam fait des heures supplémentaires à titre de chauffeur Uber pour envoyer des sous à ses proches encore au Niger.

Diplômé en finances, il travaille tous les jours pour le USBA. L’organisme américain qui vient en aide aux petites entreprises. Quand la journée n’a pas été trop dure, il troque son habit et ses souliers vernis pour une tenue décontractée et des « gougounes ». Pas sûr que ce soit la meilleure chaussure pour conduire, mais bon! Sam ne semblait s’en formaliser le moins du monde.

Au fait, Sam : vous êtes toujours partisans du Canadien?

« Oh… Certainement un peu. Mais après 13 ans, je suis derrière les Sabres », convient-il en insistant longuement sur le S…

« J’aime aussi les Bills. C’est gros les Bills ici vous savez. Mais j’aime mieux les Sabres. »

Et votre cœur penchera de quel côté des chutes du Niagara dans cette série? Celui du Canadien ou des Sabres?

« Je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas… »

Après quelques secondes de réflexion, il a brisé le silence en lançant : « Allons-y avec que le meilleur gagne! »

Quelle bonne idée! Comme ça personne ne pourra en vouloir à Sam d’avoir favorisé un club au détriment d’un autre.

Une leçon à retenir!