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Sabres : de moribonds à champions

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« Tu veux vite faire le ''reset'' »

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« Je ne peux pas être plus stupide »

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« Rebâtir pour aller chercher le high »

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« Il est un des bons entraîneurs dans le monde »

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« Il faut repartir à zéro, repartir la machine »

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Dobson de retour : « C’est un gros plus pour nous »

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BUFFALO - Assis devant son casier à l’intérieur du magnifique vestiaire des Sabres de Buffalo, Bowen Byram portait une casquette qui résumait à merveille la saison de son équipe.

Les lettres S-A-B-R-E-S fixées tête en bas en demi-cercle sur le devant de cette casquette blanche illustrait la saison sens dessus dessous que le jeune défenseur et ses coéquipiers ont vécu.

Ou plutôt le début de saison sens dessus dessous qu’a vécu le club que le Canadien croisera en deuxième ronde dès mercredi.

Bons derniers dans l’Association Est le 8 décembre (fiche de 11-14-4), les Sabres ont amorcé une remontée sensationnelle qui les a couronnés du titre de champions de la section Atlantique.

Comment expliquer cette séquence de 39 victoires, 9 revers en temps réglementaire et 5 autres en prolongation ou tirs de barrage? Comment expliquer que les Sabres ont connu des séquences de 10 victoires de suite, de 15 gains en 17 rencontres, de 12 triomphes en 13 parties au fil de cette séquence digne des plus grandes formations de la LNH et non d’un club qui s’acheminait vers une 15e exclusion consécutive des séries?

« Bien honnêtement, je ne sais pas », a d’abord répondu Byram.

Il doit bien y avoir eu un élément déclencheur? Une réunion au cours de laquelle les joueurs se sont parlés dans le blanc des yeux? Une indigestion de revers?

« J’aimerais te fournir des réponses plus intéressantes, mais fais le tour du vestiaire. Tu verras : il n’est rien arrivé de spécial. C’est un peu cliché comme réponse, mais on s’est simplement mis à bien jouer. À respecter notre identité. Nous sommes gros, nous sommes rapides; nous avons donc appliqué un échec avant qui a mis nos adversaires sur les talons et tous les gars capables de marquer se sont mis à produire. Je ne peux rien te dire de plus, mais je peux t’assurer que cette remontée a été non seulement satisfaisante, mais très plaisante à vivre », a poursuivi Byram.

Autour de quelques bières

Rasmus Dahlin a certainement joué un rôle dans cette relance. Pas seulement parce qu’il a récolté deux passes dans la victoire de 4-3 aux dépens des Oilers à Edmonton qui a amorcé la remontée et marqué un but en plus d’ajouter une passe, deux soirs plus tard, à Vancouver, dans un gain de 3-2 contre les Canucks.

Mais parce que le capitaine a regroupé ses coéquipiers autour de quelques bières pour parler de ce qui n’allait pas, de ce qui devait être fait pour changer le cours de la saison et d’améliorer la camaraderie dans le vestiaire.

C’est d’ailleurs avec un t-shirt sur lequel est inscrit : « Drink Beer » en dessous du visage du capitaine que Sam Carrick est venu répondre aux questions des journalistes. Blessé lors d’une bagarre, le joueur de centre acquis des Rangers à la date limite des transactions ne va peut-être pas affronter le Canadien en deuxième ronde à moins d’un retour prématuré.

Tage Thompson, qui forme un trio redoutable en compagnie d’Alex Tuch et de Payton Krebs, considère que la décision de regrouper les joueurs par son capitaine a pesé lourd dans la relance des Sabres.

« Nous sommes toujours ensemble. On passe des heures sur la patinoire, dans le vestiaire, sur la route, mais parfois on ne se connaît pas assez. Quand on vit ce qu’on a vécu en début de saison, il faut pouvoir s’appuyer les uns sur les autres pour sortir du trou dans lequel nous étions enfoncés. C’est exactement ce qu’on a fait. Nous sommes devenus plus près les uns des autres. Nous avons établi que personne n’était plus important que l’équipe et cela nous a conduits où nous sommes aujourd’hui », a souligné Thompson qui revendique deux buts, sept points et un différentiel de +7 en six matchs qui ont opposé les Sabres aux Bruins de Boston.

Du déjà-vu pour Lindy Ruff

La bière, la camaraderie, les sentiments de culpabilité après le congédiement de Kevyn Adams, tout ça est bien beau.

Mais le vieux Lindy Ruff, qui dirigera mercredi son 139e match de séries éliminatoires – son 2077e en ajoutant les 1938 dirigés en saison régulière – avait une explication bien plus terre à terre à offrir pour expliquer la remontée des Sabres du dernier rang de l’Association Est à la première place de la section Atlantique.

« Il faut avoir suivi les activités de cette équipe au quotidien pour comprendre que notre début de saison a été miné par des blessures qui nous ont privés de joueurs importants. Toutes les positions ont été touchées. Le retour des blessés et les performances plus solides de nos gardiens coïncident avec le début de notre séquence positive. Josh Norris est revenu. UPL (Ukko Pekka Luukkonen) a recommencé à bien garder les buts, nos deux autres gardiens aussi », a expliqué Ruff sans afficher la moindre émotion.

« Quand on s’est mis à gagner, les gens se demandaient combien de temps cela durerait. On a eu un bon mois, puis un autre, puis un autre. On a confirmé nos bonnes performances par d’autres bonnes performances. Et quand les séries sont arrivées, il y a encore eu des doutes. On se demandait si on pourrait maintenir en séries ce qu’on a fait en saison. Nous voilà en deuxième ronde. Ce sera difficile. On le sait. Mais nous sommes prêts. Rendus là où nous sommes, c’est la volonté de gagner toutes les batailles que tu disputes qui fera la différence. Pour passer à l’étape suivante, il faut gagner les batailles pour les rondelles libres dans les trois zones, il faut gagner les mises en jeu. Les huit équipes encore en lice comptent sur de très bons joueurs. C’est l’effort, le désir de vaincre, la volonté de tout donner pour gagner chaque bataille que tu disputes qui fera la différence », a insisté Ruff.

La remontée exceptionnelle des Sabres pourrait valoir à Lindy Ruff son deuxième titre d’entraîneur-chef de l’année et trophée Jack-Adams qui le confirme.

Ce genre de remontée, Ruff l’a d’ailleurs déjà vécu en 2022-2023 avec les Devils du New Jersey. Après avoir entendu les partisans scander des « Fire Lindy! » tout au long d’un match que les Devils allaient perdre 6-3 face aux Capitals de Washington, les Devils ont amorcé une remontée de 13 victoires de suite. De 16 gains en 17 matchs.

Le 22 novembre, alors que les Devils étaient en voie d’établir un record de franchise avec un neuvième gain consécutif, les « Fire Lindy! » scandés quelques semaines plus tôt sont devenus des « Sorry Lindy! »

Comme quoi le bon vieux Lindy a peut-être quelque chose à voir dans le fait que les Sabres ont finalement donné un sens à la saison 2025-2026 après un début sens dessus dessous. Une saison qui est loin d’être finie s’il n’en tient qu’à Lindy Ruff et ses joueurs.