On espérait que le surdoué boxeur poids lourd de Chatham, Moses Itauma (14-0-0, 12 K.-O.), fasse des rounds contre Jermaine Franklin Jr. (24-3-0, 15 K.-O.), samedi dernier au Co-op Live Arena de Manchester rempli à pleine capacité.
Le jeune gaucher de 21 ans n’avait livré qu’un total de 12 rounds à ses neuf derniers combats avec six K.-O. au 1er round et trois au 2e. Une domination comme celle d’Achille sur les plages de Troie.
Son adversaire, l’Américain de 32 ans, n’avait jamais baissé pavillon avant la limite en carrière et ses deux seules défaites subies en terre impériale avaient forcé Dillian Whyte et Anthony Joshua à franchir les 12 rounds du duel avant de lever le bras victorieux.
Il aura fallu cinq rounds au jeune prodige pour terrasser Franklin d’un retentissant uppercut de la gauche qui força l’arbitre anglais Steve Gray à mettre fin aux hostilités.
Ces cinq rounds nous auront permis d’en apprendre davantage sur le protégé de Frank Warren que lors de ses 13 combats précédents. Itauma a bien essayé durant les deux premiers rounds d’obtenir une autre victoire expéditive, mais devant les prouesses défensives, la solide mâchoire et la détermination de celui qu’on surnomme 989 Assassin, il est passé du mode « Mike Tyson’s Punch-Out » à celui de « The Matrix » de Vasyl Lomachenko.
C’est alors qu’il s’est mis à manier ses poings comme un virtuose, aussi précis que créatif, pour donner un véritable concert de coups de poing sur les cibles faciales ou abdominales et finalement briser son adversaire autant mentalement que physiquement.
Vous me direz que Franklin ne fait pas partie de l’élite des poids lourds et c’est vrai, ce qui a sûrement contribué à ce qu’Itauma ait l’air d’un Picasso. Cependant la vitesse, les changements de rythmes, les explosions, la technique, l’équilibre, la puissance, Itauma les conjuguent toutes.
Moses Itauma est présentement aligné aspirant no 1 WBA, no 1 WBO, no 3 WBC et no 11 IBF. Ce classement est plutôt basé sur sa réputation et sa prestance plutôt que sur ses accomplissements sur le ring, n’ayant encore jamais été opposé à un aspirant mondial autre que Franklin qui s’affichait timidement au 15e rang.
Cependant, il faut remonter aussi loin qu’aux belles années de Mike Tyson pour voir poindre, à l’horizon, un jeune étalon aussi complet et aussi prometteur, à ce stade-ci de sa carrière.
Il est de notoriété, surtout chez les poids lourds, qu’on ne peut connaître la véritable identité d’un pugiliste que par sa capacité à gérer les coups reçus. Cette facette reste inexplorée pour le moment chez le jeune anglais.
Selon son promoteur, la période d’apprentissage est terminée et dès sa prochaine assignation on va passer aux choses sérieuses. En plus d’avoir démontré des habiletés supérieures, il a aussi prouvé sa popularité et sa valeur marchande en jouant à guichet fermé en fin de semaine, ce qui confirme déjà son statut de vedette.
Comme la Grande-Bretagne est l’authentique royaume des boxeurs poids lourds, Itauma va avoir un nombre illimité d’adversaires potentiels pour s’amuser dans son carré de sable.
Il y a le champion WBO Fabio Wardley, les anciens champions Tyson Fury, Anthony Joshua et Daniel Dubois, les aspirants Lawrence Okolie et Joe Joyce, tous des sujets Britishs. Il y a également ceux qui évoluent presque uniquement chez ces insulaires comme Joseph Parker, Martin Bakole, Zhilei Zhang et Filip Hrgovic,. De plus, tout récemment, Queensberry vient de mettre sous contrat celui qui était prédestiné à dominer l’Amérique, Jared Anderson.
Il y a assez de candidats pour organiser un « Royal Rumble » comme à la lutte pour un « Last man standing ».
Contre chacun de ces adversaires potentiels, en Angleterre, on remplit les stades alors si durant ses plus belles années Roy Jones Jr. a eu le malheur de tomber dans une période où l’opposition était faible, ce qui a largement taxé ses revenus et sa popularité, Itauma a lui au contraire tout ce qu’il faut pour une réussite totale, sur le pas de sa porte.
La suite promet d’être palpitante!
Mayweather c. Pacquiao II le 19 septembre à Las Vegas compromis?
Il y a quelques semaines, Netflix annonçait sa prochaine incursion dans l’arène de la boxe en confirmant que Floyd Mayweather (50-0-0, 27 K.-O.), 49 ans, était pour mettre sa fiche vierge à risque dans un vrai combat contre Manny Pacquiao (62-8-3, 39 K.-O.), le 19 septembre prochain dans la Sphère de Las Vegas.
On se souvient que Mayweather/Pacquiao I, en 2015, a établi un record de ventes de près de 600 millions qui ne sera probablement jamais égalé. Les bourses des boxeurs avoisinaient les 200 millions.
Sans donner de chiffres précis, les promoteurs de l’événement II ont affirmé que les deux vedettes empocheraient une bourse semblable à la dernière fois qu’ils ont croisé le cuir, grâce aux plus de 300 millions d’abonnés de Netflix.
« Money » aurait même reçu un boni de signature et une avance sur sa bourse.
Voilà que cette semaine, contre toute attente, celui qui aurait cumulé plus de 1,2 milliard en bourses déclare que ce n’est pas un véritable combat, mais bien une exhibition qu’il va livrer avec « Pac Man », à la fin de l’été.
Pacquiao, son équipe et toute l’organisation sont sous le choc. Ils confirment que c’est bien pour un combat sanctionné que les parties se sont entendues et ont signé leurs contrats.
Le Philippin de 47 ans a laissé une excellente impression de sa valeur actuelle, sur un ring, en limitant le champion WBC des mi-moyens, Mario Barrios, à un match nul l’été dernier alors que la majorité des experts le voyait gagnant. Depuis sa défaite face à celui qu’on a déjà surnommé « Pretty Boy », il a livré huit combats (5-2-1) et il n’est pas question d’une exhibition contre son arch-rival.
Mayweather, lui, a livré son dernier combat contre Conor McGregor à l’été 2017 pour sa deuxième présence en combat seulement depuis le célèbre événement de 2015.
Alors jeudi, on a demandé à Mayweather de se rétracter et de confirmer qu’il s’était officiellement engagé pour un vrai combat sinon il devra faire face à une poursuite en justice. On attend toujours sa réponse.
Ariane Fortin entraîneuse sur l’équipe nationale
Excellente nouvelle dans le monde de la boxe canadienne. La grande dame de la boxe amateur Ariane Fortin a été embauchée comme entraîneuse sur l’équipe nationale du Canada.
Elle se joint donc à l’entraîneur-chef Vincent Auclair et à l’entraîneur senior Samir El Mais, avec comme mandat de préparer notre équipe canadienne pour les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.
Ariane a représenté le Canada sur la scène internationale pendant 10 ans de 2006 jusqu’aux Jeux olympiques de Rio en 2016, où elle a livré près de 160 combats.
Elle a été couronnée championne du monde à deux reprises, en 2006 et en 2008. Durant son parcours, elle a affronté Mary Spencer sept fois (3-4), la double médaillée d’or olympique et actuelle multiple championne du monde Claressa Shields à quatre reprises (0-4), elle a vaincu deux fois en autant de combats la médaillée d’or olympique de Tokyo et actuelle championne du monde Lauren Price (2-0), tout comme la championne du monde amateur et sensation professionnelle Tammara Thibeault (1-0), ainsi que de nombreuses autres médaillées olympiques ou championnes du monde professionnelles.
Durant toutes ces années, elle a été une leader exemplaire et a servi d’inspiration majeure pour toute une génération de boxeuses.
Ariane a séjourné plusieurs années en Corée du Sud où elle y a été l’entraîneuse de l’équipe nationale féminine, elle arrive ainsi avec une solide expérience. Elle joint une belle équipe d’entraîneurs qui a eu du succès au dernier cycle olympique, produisant la première médaille canadienne à la boxe depuis les JO d’Atlanta en 1996, avec l’argent de Wyatt Sanford.
Russ Anber de Montréal à Londres jusqu’à Canastota
Je me souviens d’une période, au début des années 1980, où Russ Anber me confiait ses deux protégés, Howard et Otis Grant, alors que je dirigeais les camps d’entraînement pour les meilleurs boxeurs juniors au Québec. À cette époque, il y avait même un Matthew Hilton dans le groupe.
Depuis, Russ a évolué pour devenir le meilleur « Cutman » au monde et le fondateur de Rival, une marque de référence en fabrication d’équipements de boxe.
Mercredi dernier, il était au Casino de Montréal pour assister Moe Latif dans le coin de quatre jeunes boxeurs, dont trois dans des quatre rounds avec Alessia Mansueto, Omar Alieh et Kirill Bazhenov, ainsi que les 10 rounds de Mazlum Akdeniz.
Immédiatement après, il s’envolait en Angleterre pour trois semaines. D’abord samedi, il est dans le coin de Derek Chisora contre son ancien client Deontay Wilder. Le 11 avril, en sous-carte de Fury/Makhmudov, il est dans le coin d’un autre poids lourd, Fraser Clarke, qui affronte Justis Huni. Finalement, le 18 avril à Liverpool, il est dans celui de Callum Smith contre David Morell. Parions qu’il va y avoir beaucoup de matchs de snooker dans les intervalles!
Au retour, il aura quelques semaines pour se préparer à son intronisation au Temple de la renommée internationale de la boxe à titre d’entraîneur/cutman, qui aura lieu à Canastota le 14 juin, en compagnie des boxeurs Gennady Golovkin, Nigel Benn, Antonio Tarver, du journaliste Kevin Iole et du docteur Flip Homansky.
Tout ça pour dire que ce n’est pas parce qu’on est accueilli au temple des immortels que la passion s’estompe alors que Russ y trouve autant de plaisir dans un quatre rounds de débutants qu’en championnat du monde!
Jean Gauthier : renouvellement pour un an
Un mot pour souligner que la RACJ a finalement renouvelé le contrat de l’excellent Jean Gauthier qui est responsable des sports de combat depuis 2024.
C’est une très bonne nouvelle pour celui qui fait l’unanimité dans le milieu autant selon ceux qui travaillent avec lui que tous les participants, à tous les niveaux. C’est un homme compétent qui est toujours droit mais courtois, respectueux et à l’écoute.
Il est secondé par les chevronnés Jean Douville et Denis Labrecque qui sont également des gens de qualité qui apportent de l’humanité à une organisation qui trop souvent en est dépourvue!
Joyeuses Pâques!






