MLB
mlbOpens in new window
Blue Jays de TorontoOpens in new window
Dodgers de Los AngelesOpens in new window

Les Blue Jays négligés? Attention!

Publié le 

COLLABORATION SPÉCIALE

Le baseball a cette magie qui rassemble aujourd’hui tout un pays autour d’un même objectif. D’un côté, les champions défendants qui ont appris à gagner. De l’autre, une équipe canadienne qui refuse de se voir comme négligée. Résultat : une Série mondiale qui s’annonce captivante.

Les jeux sont faits

Une franchise qui a attendu 32 ans pour retourner en Série mondiale affronte les champions défendants. Les Blue Jays de Toronto ont terminé au premier rang de la puissante division Est de l’Américaine, puis éliminé successivement les Yankees de New York et les Mariners de Seattle, deux équipes de 90 victoires et plus.

Et parce qu’ils ont remporté un match de plus que les Dodgers de Los Angeles en saison régulière, les Jays bénéficient de l’avantage du terrain.

Pourtant, plusieurs experts les voient encore comme de gros négligés. Moi, je vous dis : attention! Toronto n’a peut-être pas tout le talent brut de Los Angeles, mais cette équipe regorge de résilience et de détermination. Ces deux qualités ne se mesurent pas dans les colonnes de statistiques, mais elles font souvent la différence quand les projecteurs s’allument en octobre.

Une vitrine de talent

Le spectacle sur le terrain promet d’être grandiose. L’extraterrestre Shohei Ohtani sera évidemment le joueur à surveiller, lui qui a frappé trois circuits et retiré dix frappeurs sur des prises dans le match no 4 contre les Brewers de Milwaukee. Un moment inoubliable.

Freddie Freeman, peut-être le frappeur le plus naturel du baseball, aura une motivation toute personnelle : il revient presque « chez lui ». Sa mère, Rosemary, est originaire de Peterborough, à un peu plus de 100 kilomètres de Toronto, et son père est né à Windsor, en Ontario.

Et que dire de Mookie Betts, finaliste au Gant d’or cette année, mais comme arrêt-court, après avoir brillé des années comme voltigeur!

Chez les Jays, Vladimir Guerrero fils a démontré tout son talent depuis le début des séries et pas seulement avec son bâton. Sa défense et son intelligence sur les sentiers ont été exemplaires. Quant à George Springer, il a une feuille de route à faire peur : en 14 matchs de Série mondiale, il frappe pour ,339 avec un MPP de 1,295, 7 circuits et 11 points produits.

Sur la butte : personne ne cédera

Les Dodgers miseront sur un quatuor d’élite : Blake Snell (partant du match no 1), Yoshinobu Yamamoto, Tyler Glasnow et Roki Sasaki, ce dernier qu’on pourrait voir dans un rôle hybride ou possiblement en fin de match.

Chez les Jays, Kevin Gausman lancera sans doute le premier match, suivi de Trey Yesavage. Shane Bieber prendra la balle pour le match no 3 à Los Angeles, et ne soyez pas surpris de voir Max Scherzer pour le 4e. Derrière lui, Eric Lauer et Chris Bassitt offriront de la profondeur bienvenue le cas échéant.

Les chiffres nous parlent

Plutôt que de revenir sur les statistiques de la saison régulière, concentrons-nous sur les séries. Les Jays ont disputé un match de plus que les Dodgers, et ont affronté des adversaires coriaces (Yankees et Mariners) comparativement aux Reds, Phillies et Brewers du côté de Los Angeles.

En attaque :

ÉquipeMoyenneDoublesCircuitsPoints marquésRetraits sur prisesMPP
Dodgers.25617134693.770
Blue Jays.29626207164.878

La lecture est claire : l’attaque torontoise est en feu. Les Jays ont malmené Max Fried (19 victoires en saison) et ont trouvé des solutions face aux partants des Mariners. Peut-on croire qu’ils feront la même chose contre Blake Snell? Pourquoi pas!

Et si les Jays forcent Dave Roberts à retirer ses partants plus tôt, la profondeur du personnel de relève des Dodgers pourrait être mise à l’épreuve. Toronto a cette capacité rare de fatiguer les lanceurs adverses.

Au monticule :

ÉquipeMPMDéparts de qualitéCircuits accordésButs sur ballesRetraits sur prisesMCM
Dodgers2,4584381041,02
Blue Jays4,36118441081,32

C’est ici que les Dodgers se distinguent. Huit départs de qualité sur dix matchs, très peu de longues balles… Leurs partants n’accordent presque rien.

Tout indique donc un duel entre une attaque explosive et un monticule dominant. Si le dicton « The name of the game is pitching » se vérifie encore une fois, L.A. pourrait avoir l’avantage.

Mais attention : si Gausman et Yesavage maîtrisent leur balle fronde, particulièrement efficace contre les gauchers, les frappeurs comme Ohtani, Freeman et Muncy pourraient être déstabilisés.

Des releveurs sous les projecteurs

En 2025, la relève est devenue capitale : il n’est plus rare qu’elle obtienne plus de retraits qu’un partant. Et sur ce plan, les Blue Jays semblent un peu mieux outillés.

Oui, Roki Sasaki a été brillant en fin de match, mais ce rôle est nouveau pour lui. Derrière, c’est plus flou pour Dave Roberts. Il misera sur les gauchers Alex Vesia et Anthony Banda contre Addison Barger ou Daulton Varsho, mais Blake Treinen n’est plus le même qu’avant. Le jeune Emmet Sheehan pourrait jouer un rôle clé. Côté Toronto, Louis Varland, Seranthony Domínguez et Jeff Hoffman inspirent confiance. Cependant, Yariel Rodriguez et Brendon Little doivent se ressaisir.

Ce sera donc à Mason Fluharty qu’incombera la lourde tâche d’affronter Ohtani ou Freeman dans les moments critiques, rien de moins.

Ma prédiction

Tout est en place pour une Série mondiale captivante : des stars, des vétérans, deux grandes organisations et deux styles opposés. L’Est contre l’Ouest, le glamour de Hollywood contre la ferveur canadienne.

Je me souviens encore de la fameuse Série mondiale entre les Dodgers et les A’s en 1988. Les A’s étaient nettement favoris, avant que Kirk Gibson n’écrive l’un des moments les plus marquants de l’histoire avec son circuit héroïque dans le premier match. Contre toute attente, les Dodgers avaient remporté la série.

Le plus beau dans tout ça, c’est qu’on parlera de baseball comme rarement depuis la belle époque des Expos.

Mon cœur de passionné sait déjà que le vrai gagnant sera le baseball. Mais ma tête d’analyste, elle, penche pour les Dodgers en six.