HOUSTON — Luc de Fougerolles n’a pas tardé à transformer la déception de la défaite en motivation pour l’avenir.
À peine plus d’une heure après l’élimination du Canada à la Coupe du monde de soccer masculin de la FIFA, samedi, le défenseur de 20 ans se projetait déjà sur le prochain parcours de son équipe.
« J’ai tellement hâte d’être dans quatre ans, a-t-il déclaré, samedi. Je pense qu’en tant qu’équipe, nous devons absolument être là. Je veux revivre un parcours comme celui-ci, aller encore plus loin et faire encore plus pour le pays. »
Ce tournoi a été historique pour les Canadiens, qui ont décroché leur premier point et leur première victoire en Coupe du monde masculine. Ils se sont également qualifiés pour les huitièmes de finale pour la première fois, après avoir vaincu l’Afrique du Sud 1-0 lors de leur premier match éliminatoire à ce tournoi.
Ce parcours magique s’est conclu par une défaite de 3-0 aux mains du Maroc, samedi.
« Le fait d’avoir atteint cette étape, d’avoir disputé ce match, avec les 16 meilleurs pays, je pense que ça nous aidera à concrétiser davantage nos occasions », a mentionné le vice-capitaine du Canada, Stephen Eustaquio.
« Dans l’ensemble, je pense que ce fut une très bonne expérience. Nous allons nous en servir comme motivation et, espérons-le, atteindre un niveau supérieur. »
Les enjeux ont été augmentés pour le programme canadien, qui a amorcé le tournoi au 30e rang du classement de la FIFA.
« À la prochaine Coupe du monde, tout le monde dira que tout résultat inférieur aux huitièmes de finale sera un échec, n’est-ce pas? », a noté l’entraîneur-chef, Jesse Marsch.
Même lors de la défaite de samedi, l’équipe canadienne a démontré qu’elle pouvait rivaliser avec les meilleures nations du monde, a-t-il ajouté.
Le Canada a dominé les Marocains 4-1 pour les occasions de marquer en première demie, avant que le match bascule sur un coup franc à la 50e minute.
« Personne n’est plus déçu que nous d’avoir perdu un match que nous dominions largement. Il nous faut donc ravaler notre fierté, a indiqué Marsch. Nous devons continuer à réfléchir à la façon de nous améliorer, rester humbles face au travail qu’il nous reste à accomplir et nous y consacrer pleinement chaque fois que nous sommes ensemble. C’est ce que nous ferons. »
Plusieurs athlètes ayant joué pour le Canada cet été pourraient prétendre à une place au sein de l’équipe nationale qui tentera de se qualifier pour la Coupe du monde de 2030 au Maroc, au Portugal et en Espagne.
La liste des 26 joueurs dévoilée par Marsch à la fin du mois de mai affichait une moyenne d’âge de 25,3 ans et comprenait 13 joueurs n’ayant jamais joué à la Coupe du monde.
Ce premier aperçu du tournoi n’a fait qu’attiser leur soif de victoire, a insisté le milieu de terrain de 25 ans Ali Ahmed. Même les moments difficiles contribueront à leur développement, a-t-il ajouté.
« Nous avons besoin de moments comme celui-ci, même si c’est difficile à dire. Nous avons besoin de ces moments pour tirer des leçons de l’expérience, a expliqué Ahmed. Le mental est primordial dans ce sport. Et ce que nous avons vécu aujourd’hui, c’est énorme. »
Il y a aussi beaucoup de souvenirs incroyables à garder de ce tournoi, a souligné le défenseur Alistair Johnston.
Le but d’Eustaquio dans les arrêts de jeu contre l’Afrique du Sud restera longtemps gravé dans sa mémoire. Tout comme les images des Canadiens bloquant les rues pour les festivités d’avant-match à Vancouver et Toronto, et les vidéos des partisans en liesse partout au pays.
« Nous avons vraiment prouvé à tout le monde à quel point le Canada est un pays de soccer. Pas seulement quand nous jouions là-bas, mais aussi quand d’autres équipes venaient. Nous pouvions voir toute la passion pour ce sport au Canada », a soutenu Johnston.
« J’ai toujours su que c’était le cas, mais je ne pense pas que le reste du monde en était vraiment conscient, et je ne suis même pas sûr que tout le Canada connaissait vraiment l’engouement que nous avons pour notre équipe. C’est donc quelque chose dont je suis très fier. »
Il espère que cet élan inspirera une nouvelle génération d’athlètes et que certains des jeunes joueurs de soccer de 17 et 18 ans qui ont participé aux célébrations se surpasseront pour intégrer l’équipe nationale de 2030.
« Nous devons continuer à développer les meilleurs talents et à renforcer notre programme, a mentionné Johnston. Il y a beaucoup de matchs importants à jouer au cours des quatre prochaines années pour continuer à nous mettre à l’épreuve. Mais je crois que nous sommes dans une excellente position, mentalement et physiquement, et que nous pouvons aborder les prochaines années avec détermination et être prêts pour 2030. »





