LAVAL — La défense du Rocket de Laval a muselé plusieurs de ses adversaires lors de la dernière saison et depuis quelques semaines, elle semble vouloir reprendre là où elle avait laissé.
La visite des Senators de Belleville à la Place Bell amène toujours une petite dose d’excitation aux joueurs du club-école du Canadien de Montréal. Les matchs sont souvent intenses, physiques et à la limite de la légalité. C’est une vraie rivalité de la section Nord, il n’y a aucun doute là-dessus.
La mauvaise nouvelle pour les hommes de David Bell, c’est que la défense lavalloise ne leur a donné que très peu d’occasions de marquer lors des deux affrontements du week-end. Comme c’est souvent le cas depuis l’arrivée de Pascal Vincent derrière le banc, en juillet 2024.
Signe que les choses ont beaucoup changé au sein du Rocket au cours des 16 derniers mois, le club est passé de la 25e pire défense de la Ligue américaine à la meilleure en 2025 et la structure semble plus claire que jamais. On peut donc mieux comprendre pourquoi l’équipe trône encore au sommet de sa section.
Ça s’est également ressenti en novembre. En neuf matchs, elle n’a concédé que 19 buts – trois de moins qu’en autant de parties en octobre – et elle s’est hissée à égalité au cinquième rang du circuit pour la moyenne de buts alloués par match (2,28). Les deux victoires contre les Senators l’ont bien démontré.
« Selon nos statistiques avancées, et c’est une combinaison de plusieurs choses, nous sommes une des meilleures équipes de la ligue pour les chances de marquer accordées, a laissé savoir Vincent à la Place Bell, après un entraînement au Complexe sportif Guimond. Ce n’est jamais parfait et nous voulons continuer à travailler sur certains détails, mais notre jeu défensif part aussi en zone offensive, quand nous n’avons pas la rondelle. Les gars s’améliorent à ne pas donner beaucoup d’occasions. »
Cette amélioration s’est manifestée tranquillement, au même rythme que le personnel d’entraîneurs a ajouté de nouveaux concepts à l’entraînement. Les retours au jeu des jeunes William Trudeau et David Reinbacher ont également stabilisé le corps défensif, qui montre de plus en plus de cohésion sur la patinoire.
« Au début de la saison, je pense que les entraîneurs évaluaient un peu notre équipe. Ils ont voulu rentrer leur structure tranquillement pour ne pas nous bombarder tout de suite. C’est ce qui commence à paraître un peu plus, a observé le vétéran Tobie Bisson. En suivant cette courbe-là, ça ne peut aller qu’en s’améliorant. Nous avons une semaine complète d’entraînement et ils vont amener un nouveau terme, quelque chose que nous voulons faire. Par la suite, ça devient un automatisme et nous passons à d’autres choses. »
Le visage défensif du Rocket a quelque peu changé pendant la saison morte, avec notamment les départs de Logan Mailloux, Tyler Wotherspoon et Gustav Lindstrom, mais plusieurs ont pris le flambeau d’une main de maître.
Bisson et Josiah Didier ont effectué un retour à Laval et leur leadership vient grandement aider le développement des jeunes, alors que Marc Del Gaizo apporte une expérience de 55 matchs dans la LNH. L’équilibre semble avoir été atteint jusqu’à présent.
« Il y a une belle chimie entre les groupes d’âge et les gars se soutiennent très bien, a affirmé Vincent. Je pense que les jeunes peuvent profiter du fait de travailler avec les plus vieux, mais eux aussi profitent du travail des jeunes, qui poussent pour atteindre d’autres objectifs et peut-être la LNH. Ils se complémentent bien. »
Contre les Senators, le groupe défensif a amassé six buts et huit mentions d’assistance pendant le week-end. Adam Engström a été le plus méritant avec un but vainqueur en prolongation et une première performance de cinq points en carrière. Après la rencontre, le Suédois de 22 ans a mentionné que sa confiance était à son plus haut point.
Il a été récompensé dimanche, alors que le Tricolore l’a rappelé pour la première fois. Engström devait disputer son premier match dans la LNH mercredi, à Salt Lake City.
« Il s’est ajusté rapidement à son arrivée en Amérique du Nord, plus rapidement que la moyenne, a noté Vincent. Il est passé à un autre niveau lors de la deuxième moitié de saison, l’an dernier, et il a pris son envol en séries. Il s’est entraîné fort pendant l’été, il a amené ça au camp du Canadien et il a été très bon. Il a ensuite amené ça ici. Il était dans les discussions pour un rappel, mais il ne s’est jamais fâché. Il a foncé et il a maintenu sa bonne attitude. »
Reinbacher s’est aussi distingué ce week-end, avec trois buts et une aide. L’Autrichien de 21 ans a dû attendre le 31 octobre avant d’amorcer sa campagne, en raison d’une blessure, mais il est de plus en plus à l’aise sur la patinoire. Il n’est toutefois pas au même point qu’Engström dans son développement.
« Il faut être prudent avec Reinbacher parce qu’il a raté tellement de hockey, a souligné Vincent. Il y a des attentes sur ce qu’il devrait avoir l’air sur la patinoire, mais nous voulons travailler avec lui pour en faire un défenseur complet dans la LNH. Il faut être un petit peu patient en ce qui a trait aux résultats. Pour le développer, nous devons continuer à peaufiner son jeu défensif et son écart avec le porteur du disque. Sa production offensive, c’est un bonus pour nous. »
Le Rocket terminera le mois de novembre avec deux matchs à l’étranger. Le premier aura lieu samedi, face aux Phantoms de Lehigh Valley, alors que le deuxième se tiendra le lendemain, au domicile des Bears de Hershey.





