LAVAL – Les chiffres ne sont peut-être pas encore là, mais Pascal Vincent semble convaincu d’une chose. Le vrai Florian Xhekaj est de retour.
Celui qui a causé la surprise l’an dernier, en amassant 24 buts et 35 points à sa saison recrue, tout en étant le joueur le plus puni de la Ligue américaine.
Celui qui a su se rendre si utile au Rocket de Laval en s’acquittant de mandats tout aussi diversifiés que l’est son attirail unique.
Celui qui a tenu son bout au dernier camp d’entraînement du Canadien, avant de figurer au nombre des derniers retranchés.
C’est cet attaquant-là que l’entraîneur-chef du Rocket a sous les yeux depuis quelques rencontres.
« Ce n’est pas que nous l’avions perdu, mais je vois le joueur qu’on a vu au camp d’entraînement et l’an passé », a confirmé Vincent, mardi, à la veille du duel contre le Crunch de Syracuse à la Place Bell.
« Il joue en apportant son identité. C’est un gars physique, qui bouge ses pieds, qui a un bon bâton, qui crée des chances offensivement et qui tue beaucoup de jeux aussi. Et, il est physique, évidemment. Il a une présence sur la patinoire. »
Au cours du dernier séjour de quatre matchs sur la route, duquel le Rocket est revenu dimanche avec trois victoires dans la soute à bagages, Xhekaj a notamment jeté les gants à Hartford samedi pour se porter à la défense de son coéquipier Xavier Simoneau.
Et, le même soir, il a surtout marqué son deuxième but de la campagne, mettant ainsi un terme à une séquence de neuf matchs sans but.
Son compteur n’affiche peut-être que deux buts et deux passes au moment d’écrire ces lignes, mais après un recalibrage en début de saison, le robuste attaquant semble relancé, estime Vincent.
« C’est très normal, ça arrive souvent. Tu as une bonne première saison, tu connais ensuite un bon camp, et puis là, tu te fais renvoyer dans la Ligue américaine. Je ne suis pas dans sa tête, mais il s’est préparé pour laisser sa carte d’affaires [au camp du Canadien], et il l’a laissée.
« Il a bien fait, mais parfois tu vis tellement un high émotionnel, qu’il faut que ça redescende pour ensuite le remonter. »
Malgré une production en deçà des attentes pour l’instant, l’espoir du Tricolore sélectionné en quatrième ronde en 2023, croit lui aussi avoir tourné le coin récemment.
« Je reste fidèle à mon identité et c’est bien de voir que je suis récompensé », a commenté le robuste attaquant de 6 pi 4 po et 204 lb, qui ne semble pas par ailleurs avoir été affecté par sa baisse de production.
« Je devais simplement retrouver mon rythme [après le camp du Canadien]. Quand nous avons commencé la saison, je devais me remettre dans le bain. Ça m’a pris quelques matchs, mais ça va bien depuis », a-t-il dédramatisé.
Sur le premier trio
En l’absence de Joshua Roy et Jared Davidson, deux des cinq meilleurs pointeurs du Rocket récemment rappelés par le grand club, Xhekaj obtient notamment l’opportunité, mais aussi le mandat de produire.
C’est pourquoi il a été placé sur le flanc gauche du premier trio, aux côtés des vétérans Laurent Dauphin et Alex Belzile, lors de la plus récente sortie des siens dimanche à Providence.
Depuis le début du calendrier régulier, Xhekaj avait principalement été affecté à la position de centre de la troisième ou quatrième unité.
« Je voulais le mettre sur une ligne un peu plus offensive pour voir comment il allait réagir, a expliqué Vincent. Est-ce qu’il allait changer sa façon de jouer, ou allait-il rester dans son identité, ce qui le rend si unique? C’est ce qu’il a fait et ç’a créé des chances de marquer. »
« Je veux leur amener mon jeu physique et mon énergie pour séparer les joueurs adverses de la rondelle et offrir de l’espace aux gars, tout en me positionnant aussi dans les ouvertures. Ce sont d’excellents joueurs, je sais qu’ils vont me trouver. »
La production, celle qu’il a offerte l’an dernier, pourrait donc suivre et réapparaître à son tour. Et si ce n’est pas le cas, est-ce la fin du monde?
« Même si c’était fait de façon inconsciente, il s’est peut-être dit j’en ai scoré 24 l’an passé, alors il faut que j’en score au moins 24 cette année. Ça, c’est normal », déduit Vincent.
« S’il en score 20 au lieu de 24, ou s’il en score 34, ce n’est pas ça qui va faire en sorte qu’il va faire la Ligue nationale un jour. Parce que ça, cette partie-là, je n’ai aucun doute que ça va arriver. »





