LAVAL – L’Halloween, ce n’est encore que dans deux jours. Les fantômes ne sont pas sortis. Ceux de Lehigh Valley en tout cas.
À son retour dans le confort de sa Place Bell après un séjour de trois matchs sur la route la semaine dernière, le Rocket de Laval n’a fait que très peu de cas des Phantoms en visite à son domicile mercredi soir.
Face au club-école des Flyers de Philadelphie, les Lavallois n’ont concédé que 17 lancers, en route vers un gain de 3-0.
Calme et visiblement imperturbable devant son filet, le portier recrue du Rocket Jacob Fowler n’a eu aucun mal à signer son deuxième jeu blanc de la campagne, si bien qu’il n’a pas encore concédé de but en deux départs devant ses partisans depuis le début du calendrier.
« [Recevoir aussi peu de lancers], c’est définitivement difficile », confiait le prometteur espoir du Canadien au terme de la rencontre. « C’est plus facile quand tu n’as pas trop le temps de réfléchir, mais ce n’est pas la première fois que je ne vois pas beaucoup de tirs. »
« Il est très, très mature », louangeait quant à lui l’entraîneur-chef Pascal Vincent. « Des gardiens qui tombent endormis, ça arrive, mais pas dans son cas à lui. Ça fait deux fois que ça lui arrive cette saison et il reste très, très alerte. »
Les mains de Dauphin, la patience de Davidson
Dans une première période qui n’aura pas marqué la jeune histoire de la Place Bell, le Rocket est parvenu à convertir une rare occasion d’ouvrir le pointage avant de retraiter au vestiaire, s’appuyant à nouveau sur son meilleur pointeur, le vétéran Lauren Dauphin.
Après avoir glissé la rondelle entre le bâton et les patins de Dennis Gilbert en entrée de territoire, le Québécois s’est distancé de celui-ci pour s’amener à deux contre un en compagnie de Jared Davidson et lui refiler aussitôt la rondelle.
Sans ligne de tir, ce dernier a alors fait preuve de patience avant d’alimenter le défenseur Adam Engström, en maraude en plein centre du territoire des Phantoms. Le temps de tirer, le Suédois marquait son deuxième but de la campagne, alors que Dauphin récoltait un huitième point en autant de rencontres.
La glace était brisée. Enfin.
« Les gars étaient très alertes au banc, très positifs, a assuré Vincent. Ils se parlaient, ils se coachaient entre eux autres. Quand je vois ça, je sais que la prochaine présence, même si on peut avoir des présences où ça a été plus difficile, et il y en a eu ce soir où ça a été plus compliqué, la présence d’après va être bonne. »
C’est ainsi que Lavallois sont parvenus à doubler leur avance en fin de deuxième période, lorsqu’un jeu de puissance de quatre minutes a permis à Owen Beck d’inscrire un but dont il avait bien besoin.
Sans point la semaine dernière dans les trois matchs qui ont suivi sa rétrogradation à Laval par le Canadien, l’attaquant n’a eu qu’à tirer sur réception du cercle de mise en jeu après une remise de Florian Xhekaj pour déjouer Aleksei Kolosov et inscrire son deuxième de la saison. Il a du coup permis à Tyler Thorpe de récolter un premier point cette saison.
Pendant ce temps, à l’autre bout de la patinoire, Fowler n’avait été confronté qu’à neuf petits lancers après les 40 premières minutes de jeu.
« Je niaise tout le temps avec Fowls, je lui dis souvent : " À soir, t’auras pas une shot au net " », racontait le vétéran défenseur Tobie Paquette-Bisson. « Ce sont des jokes, mais il faut en même temps qu’on fasse une bonne job. »
Et c’est ce qu’ils ont fait, a apprécié le coach.
« Le but, ça serait de donner zéro lancer. Je te dis ça et c’est vraiment le but, on ne veut rien donner », a insisté Vincent.
« On prend beaucoup de fierté [à allouer aussi peu de lancers]. En début de saison, on a beaucoup parlé de notre jeu défensif. Ça part en zone adverse, lorsqu’on n’a pas la rondelle; comment on revient dans notre zone défensive, comment on gère certaines situations à notre ligne bleue et dans notre zone défensive lorsqu’il y a du mouvement. Les gars répondent bien à chaque match, et ce soir on a eu une autre preuve que les gars comprennent ce qu’on veut faire et qu’ils l’acceptent. »
Les pensionnaires de la Place Bell se sont offert une marge de manœuvre plus appréciable dans les premières minutes du dernier tiers quand Davidson, meilleur buteur du Rocket, a sauté sur une défaillance défensive des visiteurs pour s’échapper et prendre de vitesse Kolosov entre les jambières pour son cinquième de la saison.
« On a joué un match complet, du début à la fin », a ajouté Vincent. « On a dominé le match. On était plus rapide sur les rondelles libres, on était plus rapide à mettre de la pression, on a attaqué les zones dangereuses. Et on a protégé Fowler. »
Le Rocket jouera ses deux prochains matchs vendredi et samedi, à nouveau sur sa patinoire, alors que les Americans de Rochester seront les visiteurs.




