LAVAL – Marc Del Gaizo avant Adam Engström?
C’est peut-être la question que vous vous êtes posée en apprenant que le Canadien rappelait le vétéran, plutôt que le prometteur espoir pour pallier la perte de Kaiden Guhle à la ligne bleue.
Vous n’étiez sans doute pas les seuls dans ce camp. Engström n’était toutefois pas des vôtres.
« Je comprends à 100 % », a juré le Suédois, mardi, après l’entraînement du Rocket de Laval.
Car si l’arrière de 21 ans patine toujours comme le vent à la Place Bell, c’est pour s’y développer, et surtout, jouer de grosses minutes. Et c’est en plein ce qu’il fait.
En sept matchs depuis le début de la campagne, Engström n’a jamais joué moins de 20 minutes dans une rencontre, dépassant même les 24 minutes d’utilisation dans l’une de celles-ci (24:36, le 12 octobre contre le Moose du Manitoba). Les blessures affligeant la moitié du top-6 de la brigade défensive lavalloise, l’arrière prend les bouchées doubles en attendant les retours de David Reinbacher, William Trudeau et Josh Jacobs.
« J’aime ça, je veux jouer beaucoup de minutes pour en tirer le plus avantage. »
À l’aube du retour du Rocket sur sa patinoire ce soir pour la visite des Phantoms de Lehigh Valley, Engström affiche une récolte de 1 but et 2 mentions d’aide, assortie d’un différentiel de plus-2.
Avant les matchs à l’horaire mardi dans la Ligue américaine de hockey (LAH), Engström dominait par ailleurs le circuit pour les lancers au filet effectués par un défenseur avec 23. Aucun de ses coéquipiers du Rocket n’a testé les gardiens adverses aussi souvent.
« Je cherche à créer plus de chaos devant le filet, s’est-il justifié. On veut lancer plus de rondelles au filet, alors j’essaie de trouver les lignes de tir. »
ENGY🚨
— Rocket de Laval (@RocketLaval) October 23, 2025
LAV 2 - 3 BEL pic.twitter.com/zp2ssxY25S
Bref, le jeune défenseur débarqué en Amérique du Nord que l’an dernier prend de plus en plus ses aises après une première campagne professionnelle qu’il a conclue avec un dossier de 5 buts et 22 passes, de même qu’un différentiel de plus-14 en 66 sorties.
« Je pense que ça va bien, je joue sur toutes les unités. J’estime que je me suis développé dans l’aspect défensif de mon jeu, et je pense que ça paraît. Je me sens plus confortable dans notre zone, mais j’ai encore beaucoup à apprendre. »
« Il nous en donne beaucoup, mais je pense qu’il peut nous en donner davantage en termes de qualité en en faisant un petit peu moins », nuance l’entraîneur-chef Pascal Vincent.
« Il est dans une période où il pense qu’il peut en faire beaucoup, et il peut en faire beaucoup parce qu’il est très, très talentueux, mais il ne faut pas que ça déborde, parce que quand tu commences à essayer d’en faire trop, tu te retrouves frustré parce que tu n’arrives pas à accomplir ce que tu veux accomplir », expose le coach.
« Il faut vraiment le garder dans un environnement où il développe ses qualités qui vont faire en sorte qu’il va avoir une chance avec les Canadiens. »
Le mur est tombé
Pour l’aider à faire le grand saut, Engström peut toujours compter sur Daniel Jacob, l’entraîneur adjoint veillant au développement des défenseurs.
« On va continuer à travailler sur les mêmes choses, et on va faire beaucoup de sessions vidéos », promettait l’enseignant lorsque questionné en début de campagne sur l’encadrement qu’il comptait offrir au jeune arrière.
« L’an dernier, il arrivait pour faire du vidéo et c’était comme si je parlais à un mur. Maintenant, il veut [ces sessions vidéos]. [L’an dernier], je lui disais quoi faire. Maintenant, il revient au banc et il sait ce qui vient de se produire », apprécie Jacob.
Aux yeux de ce dernier, Engström a certes les aptitudes pour évoluer avant longtemps dans la LNH.
« Il a des atouts extraordinaires que je ne pourrais même pas lui enseigner. La façon qu’il patine, son edgework (le contrôle de ses carres, NDLR) est extraordinaire. C’est de calibre LNH. »
S’il n’y avait pas congestion au sein de la défense montréalaise, qui sait si le blondinet n’aurait pas déjà son casier au Centre Bell et survécu aux derniers retranchements au terme d’un camp d’entraînement prometteur.
« Il a laissé une excellente impression. Ils (les Canadiens) savent que ce n’est qu’une question de temps. Je ne sais pas pour l’organisation, mais je suis assez certain qu’ailleurs [dans la LNH], il aurait pu percer une formation », s’est avancé Jacob.
Les standards de qualité exigés par ce dernier pour Engström cette saison sont donc à la hauteur de cette affirmation.
« La LNH, c’est plus rapide et l’exécution y est meilleure. Ce qu’on veut de lui, ce sont des performances de la LNH dans la LAH. Alors je vais être dur avec lui. Il le sait, il est prêt pour ça, et c’est ce qu’il veut. »
« J’aime qu’il soit dur avec moi cette année, confirme Engström. Il sait que mon but est d’atteindre la LNH et il sait qu’il doit être exigeant envers moi. Ça ne va que me rendre meilleur. »




