Cette fois-ci, c’est vrai: les Oilers d’Edmonton ont officiellement embauché l’entraîneur-chef Mike Babcock.
L’équipe a confirmé son embauche mardi. Les Oilers avaient reçu le feu vert pour compléter son embauche jeudi, après que la LNH eut complété son enquête au sujet de sa conduite lors de son court passage chez les Blue Jackets de Columbus en 2023.
Babcock devient ainsi le 19e entraîneur principal de l’histoire des Oilers. Il sera épaulé par D.J. Smith, qui a quant à lui été embauché à titre d’entraîneur associé, mardi.
Babcock a auparavant dirigé pendant presque 16 saisons les Ducks d’Anaheim, les Red Wings de Detroit et les Maple Leafs de Toronto. Il a mené les Wings à la conquête de la coupe Stanley en 2008.
Il a signé un contrat de deux ans et 8 millions $ US avec les Blue Jackets le 1er juillet 2023, mais a démissionné juste avant le début du camp d’entraînement, alors que des allégations d’atteinte à la vie privée des joueurs ont mené à une enquête.
Sur la scène internationale, Babcock a mené le Canada à la médaille d’or des Jeux olympiques de 2010, à Vancouver, et de 2014, à Sotchi, ainsi qu’à la conquête de la Coupe du monde de hockey 2016, après avoir remporté le Championnat mondial junior en 1997 et le Championnat du monde 2004.
À Edmonton, Babcock remplacera Kris Knoblauch, qui a mené l’équipe à la finale de la Coupe Stanley en 2024 et 2025, mais qui a été congédié à la suite de l’élimination au premier tour des Oilers par les Ducks lors des dernières séries.
Cela fait un bail que Babcock n’a toutefois pas connu de succès dans la LNH. La dernière fois qu’il a franchi le premier tour éliminatoire était en 2012-13, quand les Red Wings ont perdu en finale de l’Ouest contre les éventuels vainqueurs de la coupe Stanley, les Blackhawks de Chicago.
Avec un nombre restreint de candidats et l’urgence de gagner avec les super vedettes Connor McDavid et Leon Draisaitl, les Oilers ont opté pour embaucher un entraîneur avec de l’expérience et qui a connu du succès dans la LNH et au niveau international, bien que ses méthodes eurent été critiquées.
Âgé de 63 ans, le natif de Saskatoon s’est joint au club-école des Ducks à Cincinnati après avoir connu du succès dans la LHO avec les Chiefs de Spokane.
Il a été nommée entraîneur-chef à Anaheim pour la saison 2002-03 et a mené l’équipe à la finale de la Coupe Stanley, s’inclinant devant les Devils du New Jersey.
Sans emploi, il s’est joint aux Red Wings au retour du lock-out de 2004-05 et a passé 10 saisons à Detroit. Les Wings ont participé aux éliminatoires chaque saison et ont atteint deux finales consécutives, en 2008, qu’ils ont gagnée, et 2009, contre les Penguins de Pittsburgh.
Incapable de s’entendre avec le club pour une prolongation de contrat, Babcock a paraphé un contrat de huit ans valant 50 millions $ US avec les Leafs avant la saison 2014-15.
Les Maple Leafs ont participé aux éliminatoires lors des trois premières saisons sous Babcock, mais ce sont inclinés au premier tour chaque fois, dont des défaites en sept rencontres devant les Bruins de Boston en 2018 et 2019.
C’est après son congédiement par les Leafs que les histoires sur ses méthodes discutables ont commencé à circuler. Mitch Marner a alors confirmé des rumeurs voulant qu’à sa première campagne, Babcock lui eut demandé de classer ses coéquipiers selon leur ardeur au travail avant de partager les résultats avec les joueurs.
Dans ses mémoires publiées en 2024, l’ex-attaquant des Leafs Nazem Kadri a écrit que Babcock demandait au personnel de conditionnement physique de classer l’effort des joueurs dans le gymnase, avant d’ensuite discuter de ces évaluations devant leurs coéquipiers. Pour Kadri, cela a amenuisé le niveau de confiance dans le vestiaire.
L’ex-attaquant des Red Wings Johan Franzen a dit en 2019 que Babcock était la «pire personne» qu’il n’ait jamais rencontrée. Son ex-coéquipier Chris Chelios a plus tard affirmé que Babcock réprimandait Franzen au point de provoquer une dépression nerveuse.
L’ex-défenseur Mike Commodore, qui a brièvement joué pour Babcock à Detroit en 2011, s’est exprimé ce printemps.
« Je ne veux plus entendre un seul mot sur l’importance de la santé mentale (par la LNH) alors qu’on vient de paver la voie à son retour dans la ligue et le remettre une nouvelle fois en position de pouvoir, où il pourra abuser des gens», a-t-il déclaré sur le balado «Clearing the Crease ».
Daniel Winnik, qui a joué pour Babcock à Toronto en 2015-16, a dit la semaine dernière «qu’il était le seul gars qui m’ait fait détester le hockey».
« Je détestais me présenter à l’aréna, a-t-il raconté sur les ondes d’une radio torontoise. C’est un intimidateur. »
Après des passages à l’Université du Vermont et à l’Université de la Saskatchewan, Babcock a annoncé en 2022 qu’il mettait un terme à sa carrière d’entraîneur. Il a effectué son retour l’année suivante, quand les Jackets l’ont embauché. Avant de prestement quitter la profession de nouveau.
Après son embauche à Columbus, l’ex-joueur de la LNH Paul Bissonnette a déclaré sur le balado « Spittin’ Chiclets » qu’un joueur non identifié que le vétéran entraîneur avait demandé à des joueurs lors de rencontres individuelles de voir des photos sur leur téléphone avant des les diffuser sur son téléviseur.
Babcock et le capitaine des Jackets Boone Jenner ont déclaré dans un communiqué conjoint émis par le club qu’il s’agissait «d’une grossière représentation de ses rencontres et que c’était extrêmement offensant».
L’Association des joueurs a tout de même lancé une enquête sur ces allégations, avant que Babcock n’émette un communiqué annonçant sa démission.
« Après réflexion, il m’apparaît clair que de continuer à titre d’entraîneur-chef des Blue Jackets de Columbus deviendrait un trop grande distraction, a dit Babcock. Bien que je sois déçu de ne pas avoir l’occasion de poursuivre le travail que nous avons amorcé, je sais que c’est dans les meilleurs intérêts de l’organisation que je cède ma place à ce moment-ci. »
Les Oilers ont prévu une conférence de presse au Rogers Place plus tard mardi.
Babcock retrouve Smith
À son arrivée à Edmonton, Babcock renouera avec D.J. Smith, qui a récemment occupé les fonctions d’entraîneur-chef par intérim des Kings de Los Angeles.
Smith a débuté sa carrière d’entraîneur dans la LNH en tant qu’adjoint de Babcock chez les Maple Leafs de Toronto en 2015. Après quatre saisons passées avec le club, Smith a été nommé entraîneur-chef des Sénateurs d’Ottawa en mai 2019.
Au cours de cinq saisons et de 317 matchs passés derrière le banc des Sénateurs, il a affiché un dossier de 131-154-32.
Smith a ensuite pris la relève de Jim Hiller chez les Kings pour la fin de la dernière campagne.




