MONTRÉAL – Le Canadien a servi un message au Lightning et à tous ceux et celles qui ne lui donneraient que de minces chances de succès en séries éliminatoires contre Tampa Bay.
Car dans un avant-goût de ce qui pourrait être un affrontement dès la première ronde, le Canadien a signé une victoire de 4-1.
Bien que ce score soit gonflé par deux buts inscrits dans des cages désertes, la victoire n’est pas moins impressionnante.
Car le Canadien, de Jakub Dobes, qui a réalisé 36 arrêts, aux trois membres du premier trio qui ont marqué trois buts, ont ajouté deux passes, et terminé la soirée avec un différentiel combiné de plus-9, en passant par l’attaque massive et le désavantage numérique sans oublier les défenseurs et trios de soutien a non seulement rivalisé avec l’une des meilleures équipes de l’Association Est, mais a prouvé qu’il pouvait le faire en le regardant droit dans les yeux.
Et ça, c’est très important pour la confiance des joueurs du Tricolore à l’aube des séries.
Les joueurs du Canadien se sont aussi tenus bien droits sans jamais reculer devant les assauts de leurs rivaux de Tampa Bay.
Le Canadien, pas plus que le Lightning, ne présente un club axé sur la robustesse et l’intimidation. Mais une fois en séries, l’aspect physique prend beaucoup plus de place qu’en saison régulière.
Les jeunes joueurs du Tricolore l’ont appris à leurs dépens en première ronde l’an dernier face aux Capitals de Washington qui les ont éliminés en cinq rapides parties.
« On a grandi sur cet aspect du jeu cette année. On offre du jeu plus physique collectivement. On se tient aussi comme on l’a démontré ce soir », a commenté, avec raison, l’entraîneur-chef Martin St-Louis.
Et l’aspect robustesse n’a pas seulement été l’affaire d’Arber Xhekaj, Jayden Struble, Kaiden Guhle ou Josh Anderson. Joe Veleno, Jake Evans et la grande majorité des joueurs du Tricolore ont sauté dans la mêlée lorsque le besoin se faisait sentir. Tout ça, sans se rendre coupable d’un excès de gestes d’indiscipline qui auraient pu placer le club dans l’embarras.
Défensive collective de qualité
Se défendre les uns les autres c’est important. C’est même essentiel en séries.
Mais être capable de bien protéger son gardien, de bien défendre son territoire, d’exceller dans l’aspect défensif en zone neutre et même en zone ennemie c’est plus important encore.
Cette défensive collective de grande qualité affichée par tous les joueurs du Canadien, mardi, à Tampa, a joué un rôle tout aussi important dans la victoire que les buts, de Juraj Slafkovsky lors d’une attaque massive de deux hommes en première période, du 47e but de Cole Caufield et des buts de Nick Suzuki (92e point) et Mike Matheson dans une cage déserte.
Sans oublier une autre excellente sortie de Jakub Dobes qui a signé une 26e victoire à son 38e match.
Dobes a été fort bon devant sa cage. Mais plus important que le nombre d’arrêts qu’il a réalisés (35) c’est la manière dont il les a réalisés qui inspire le plus confiance. Le grand gardien tchèque ne s’est pas lancé de gauche à droite sans retenue face au Lightning. Il ne s’est pas sorti du jeu avec des glissades exagérées. Il s’est tenu bien droit devant sa cage. Il a affiché du contrôle. Il s’est fait frapper par les rondelles plutôt que d’avoir à plonger pour tenter de réaliser des miracles.
« Mes coéquipiers font de l’excellent travail devant moi. Ils ont bloqué des rondelles – 17 tirs bloqués lors du match de mardi, 32 lors de la rencontre de dimanche en Caroline – et s’occupent des joueurs qui sont devant moi. Ça me permet de suivre la rondelle, ce qui aide ma cause », a indiqué le gardien qui a finalement reçu le feu vert pour répondre aux questions des journalistes après une semaine de mutisme imposé par les responsables des communications.
Quand un collègue présent dans le vestiaire à Tampa lui a lancé que son travail semblait facile, Dobes a esquissé un sourire avant d’ajouter : « Il n’y a rien de facile quand le 86 – Nikita Kucherov – est sur la patinoire. »
Kucherov, un des principaux candidats dans la course au trophée Hart cette saison avec sa récolte de 121 points en 68 matchs, a cadré six des 11 tirs qu’il a décochés sur la cage défendue par Dobes mardi soir.
« Je n’ai pas énormément de conversations avec lui. Mais en ce moment, il me semble dans une zone de confiance. Quand je le regarde, je vois un gardien qui affiche beaucoup de confiance. Un gardien qui est gros devant sa cage », a commenté Martin St-Louis.
Plus tôt dans son point de presse, l’entraîneur-chef du Canadien insistait sur le fait qu’un gardien a le rôle ingrat de réparer les erreurs de ses coéquipiers. Qu’il est aussi celui qui, en fin de compte, doit fait la différence en désavantage numérique.
À ce titre, Dobes a brillé hier soir. Car 10 de ses 36 arrêts ont été réalisés pendant l’une ou l’autre des quatre attaques massives (7 minutes 1 seconde) accordées au Lightning.
Cela dit, devant lui, Jake Evans, Joe Veleno, Phillip Danault, Mike Matheson et Noah Dobson qui a aidé à combler la perte d’Alexandre Carrier – le principal complice de Matheson à court d’un homme ratera de deux à quatre semaines d’activité – ont grandement compliqué le travail des as de l’attaque massive du Lightning.
Six victoires de suite
En battant le Lightning, dans son fief de Tampa, le Canadien a signé une sixième victoire de suite. Ce qui tombe à point, car les Bruins de Boston et les Sabres de Buffalo gagnent à un rythme aussi effréné. Ce qui permet aussi de croire que le Canadien aurait raison d’afficher autant de confiance contre les Sabres, qui sont également de possibles adversaires en première ronde, ou les Bruins qu’il pourrait croiser plus tard en séries.
De fait, les six victoires consécutives que le Tricolore vient de signer, six gains en temps réglementaire, ce qui est d’autant plus important, devraient mousser la confiance de Martin St-Louis et de ses joueurs face à n’importe quels de ses rivaux potentiels dans l’Association de l’Est.
Il serait bête maintenant de gâcher cette séquence impressionnante alors que le Tricolore croisera les Rangers et les Devils deux fois lors de ses trois prochaines rencontres.
On verra.
La dernière fois que le Canadien a signé six gains de suite, c’est à la même époque l’an dernier. Entre le 30 mars et le 8 avril, le Canadien avait battu deux fois plutôt qu’une les Panthers de la Floride – ça ne les a pas empêchés de gagner la coupe Stanley –, les Bruins, les Flyers, les Predators et les Red Wings.
Les circonstances étaient toutefois bien différentes : le Canadien avait besoin de ces victoires pour s’accrocher à ses minces chances de se hisser en séries.
Douze mois plus tard, ces six victoires confirment que le Tricolore a non seulement sa place en séries, mais qu’ils pourraient bien faire mentir ceux et celles qui auront l’audace de les négliger dans leurs prédictions.











