En acceptant de représenter le Canada aux Championnats du monde de cyclisme sur route le 27 septembre dernier à Kigali, au Rwanda, la Québécoise Laury Milette ne s’attendait pas à vivre de telles émotions.
L’athlète de 22 ans, qui a reçu un appel de Cycling Canada une dizaine de jours seulement avant les Mondiaux pour savoir si elle voulait se rendre en Afrique et porter les couleurs de son pays, a aidé sa coéquipière Magdeleine Vallières Mill à devenir la première Canadienne de l’histoire à remporter le titre de championne du monde.
« Nous voulions toutes courir pour Magdeleine, a confié Milette, de retour dans son appartement en France, lors d’un récent entretien avec La Presse Canadienne. Tout le monde a payé pour être là-bas, donc nous avions le droit de courir pour nous, mais toutes les filles voulaient la soutenir dans sa quête. »
« Nous savions que Magdeleine était dans un pic de forme, a poursuivi la Gatinoise. Elle est arrivée là-bas pleinement préparée, après un entraînement de plusieurs semaines en altitude, donc ça nous faisait plaisir de participer à ce projet. Nous étions vraiment une équipe avec un seul but en tête. »
Voir Vallières Mill lever les bras vers le ciel à la fin de la course a été une surprise pour tout le monde, ou presque, mais ses coéquipières savaient que c’était quelque chose de réalisable.
« Elle assure souvent le rôle de domestique dans son équipe, donc elle n’a pas toujours le droit de s’exprimer pleinement, mais heureusement, ça va changer maintenant », a indiqué Milette.
« Elle a toujours eu un très, très bon niveau, a-t-elle ajouté. Elle n’avait tout simplement pas les opportunités pour le démontrer. En ayant plus de liberté, je suis persuadée qu’elle va briller. »
En plus de Milette, Vallières Mill pouvait compter sur le support d’Émilie Fortin, d’Alison Jackson et d’Olivia Baril. Leur travail a été déterminant, mais, ultimement, la Sherbrookoise de 24 ans a triomphé puisqu’elle s’est avérée la plus forte – et la plus rusée – dans les derniers tours.
« Elle était l’une des plus fortes cette journée-là, a tranché Milette. Oui, les favorites ont peut-être hésité un peu trop longtemps, mais Magdeleine était vraiment solide. Elle pouvait faire un top-10 avec une arrivée de masse au sprint parce qu’elle avait les jambes pour. »
« Mais il faut aussi lui rendre crédit pour la course qu’elle a menée de bout en bout, a renchéri Milette. Dans une course comme celle-ci, où il n’y a pas de communications avec un directeur sportif ou une directrice sportive, il faut courir avec son instinct et c’est ce que Magdeleine a fait. On a pu voir que c’était une très bonne coureuse. »
Si la suite s’annonce pleine de promesses pour Vallières Mill, l’avenir est moins clair pour Milette. La Québécoise et son copain Carson Miles, qui est également cycliste professionnel, ne savent pas encore s’ils poursuivront l’aventure en Europe en 2026.
Les deux jeunes athlètes sont toujours sans contrat et les équipes sont de plus en plus pleines en vue de la prochaine saison. Ils ont chacun eu des discussions avec des formations, mais rien ne s’est concrétisé jusqu’ici.
« C’est extrêmement difficile de se faire une place ici (en Europe), a dit Milette. Nous avons chacun connu une bonne saison, mais le cyclisme professionnel est un monde cruel. Nous évaluons encore nos options et nous aurons de grosses décisions à prendre dans les prochaines semaines. »
Que ce soit la fin ou non en Europe pour Milette, elle pourra se targuer d’avoir vécu quelque chose que très peu de cyclistes ont vécu au cours de leur carrière en ayant aidé une compatriote à devenir championne du monde.





