Nickolas Zukowsky a eu peur que son Giro se termine dimanche, au terme de la 15e étape. Le cycliste a basculé par-dessus son guidon dans le dernier kilomètre, alors qu’il roulait à une vitesse de 65 km/h.
À la quatrième étape du Giro de l’an dernier, le Québécois avait aussi été projeté par-dessus son guidon et s’était fracturé la clavicule droite. Cette fois, les radiographies n’ont montré aucune fracture au cycliste de la formation Pinarello Q36.5 qui tentait de placer son coéquipier David Gonzalez en vue d’un sprint massif.
« C’est survenu au pire moment, parce qu’on remontait sur la droite et on arrivait vraiment vite », a raconté Zukowsky à Sportcom.
Une échappée de quatre coureurs a surpris le peloton sur ce parcours plat de 147 kilomètres, dessiné sur mesure pour les sprinteurs. Les fuyards ont tenu bon jusqu’à la ligne d’arrivée et le Norvégien Fredrik Dversnes (Uno-X Mobility) l’a emporté. Derrière, les sprinteurs ont finalement bataillé pour la cinquième place.
Comme plusieurs équipes avaient brûlé leurs cartouches dans le but de rattraper l’échappée, elles étaient moins nombreuses à se préparer pour le sprint final. Il allait y avoir moins de circulation et Zukowsky a voulu en profiter pour venir en aide à son coéquipier.
« Je n’affectionne pas vraiment ces arrivées-là. Si j’aide le lead out, c’est plus tôt que ça dans la course. Là, c’était une situation particulière, car il y avait moins de monde. On était deux membres de l’équipe à travailler dans le final et je voulais bien faire, aider l’équipe à aller chercher un autre top-10. »
À la flamme rouge, le Britannique Robert Donaldson, de l’équipe Jayco-AlUla a chuté après avoir reçu un coup de tête de l’Italien Enrico Zanoncello (Bardiani CSF Saber), qui a finalement été disqualifié après la course. La scène s’est produite tout juste devant Zukowsky, en pleine remontée, ne lui laissant aucune marge de manœuvre pour réagir et éviter la collision.
« Il est tombé un centimètre devant moi et comme on rentrait plus vite, je n’ai rien pu faire. Un moment, on roulait et, à un autre moment, j’étais dans les airs. J’ai glissé sur plusieurs mètres ensuite, ça s’est passé très rapidement », a souligné le Québécois, 104e à traverser le fil d’arrivée. David Gonzalez s’est classé 24e.
« J’ai vu sur mon application qu’on roulait à 65 km/h quand je suis passé par-dessus le guidon. C’est dur de s’en sortir intact dans une telle chute. J’ai été chanceux, somme toute. J’ai un coude magané et tout le côté gauche de mon corps, mais ça aurait pu être vraiment pire. » - Nickolas Zukowsky
Étape neutralisée
L’état de la chaussée et la disposition des barrières dans le circuit final de cette 15e étape ont été critiqués par certaines équipes dimanche, ce qui a incité l’organisation à neutraliser le classement général avec un tour à compléter, soit 16,3 kilomètres.
Une bonne décision, selon Nickolas Zukowsky, d’autant plus que la course risquait d’être décidée au sprint et n’avoir aucun impact réel au cumulatif.
« Il y avait beaucoup d’endroits où la chaussée était horrible, déformée. Les bidons volaient partout parce que les coureurs les perdaient sur la route. Il y avait aussi plus de rétrécissements que je pensais, ce qui est la recette parfaite pour qu’il y ait encore plus de chutes. Après un tour, j’avais l’impression que ça allait être neutralisé et c’est ça qui est arrivé. C’est une sage décision, ça n’enlevait pas trop au spectacle. »
Le classement général provisoire est toujours mené par le Danois Jonas Vingegaard (Visma | Lease a Bike), qui tente de devenir le huitième cycliste de l’histoire à remporter les trois grands tours. Le Portugais et ancien maillot rose Afonso Eulalio (Bahrain – Victorious) accuse un retard de 2 minutes et 26 secondes au cumulatif. L’Autrichien Félix Gall (Decathlon CMA CGM) occupe la troisième place à 2 minutes et 50 secondes du meneur.
L’Australien Chris Harper est le cycliste le mieux positionné de l’équipe Pinarello Q36.5, au 13e rang (+7 minutes et 58 secondes), tandis que Zukowsky pointe au 44e échelon.
Au début du Giro, l’athlète de Sainte-Lucie-des-Laurentides avait ciblé différentes étapes potentielles pour s’échapper, dont celles de mercredi et de jeudi. Malgré sa chute, il a toujours l’intention de terminer en force et ses récentes performances l’ont mis en confiance pour y arriver.
« Outre la chute, je me sens super bien. Samedi, c’était une des étapes les plus difficiles du Giro et j’ai pris l’échappée avec deux coéquipiers. Même ma propre équipe ne s’attendait pas à me voir là ! Je grimpe assez bien comparativement à ce que j’ai démontré dans le passé », a souligné Zukowsky.
« J’ai encore à cœur de prendre une échappée qui va se rendre jusqu’à l’arrivée. Je veux me battre pour un résultat et j’ai les capacités pour me battre pour un top-10, même mieux. Je ne veux pas juste survivre six jours, je veux être un personnage principal et animer la course. J’irai une journée à la fois pour donner mon maximum et me battre. »






