Pier-André Côté amorcera dans quelques semaines sa deuxième saison sur le WorldTour et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa première année au plus haut niveau du cyclisme mondial n’aura pas été de tout repos.
Le Québécois de 28 ans avait disputé quelques courses en Australie dès le mois de janvier avant de se déplacer aux Émirats arabes unis en février, puis en Europe pour les classiques printanières.
Il a ensuite pris part aux championnats nationaux en juin, au Québec, avant de retourner en Europe pour participer au Tour de Pologne et au Tour d’Espagne (Vuelta), où il y a eu plusieurs manifestations dirigées vers son équipe Israël-Premier Tech, qui a depuis changé de propriétaire et de nom (NSN Cycling Team).
« Ce n’est pas exagéré de dire que c’était invivable à la Vuelta, ce n’était pas soutenable », a confié Côté lors d’un récent entretien avec La Presse Canadienne depuis Tenerife, une île espagnole où il s’entraîne avec ses coéquipiers de NSN.
« Il fallait que les choses changent, a-t-il poursuivi. Je pense qu’on n’aura jamais autant savouré de pouvoir se concentrer à 100 % sur l’aspect sportif du vélo. »
La saison 2025 aura donc été mouvementée pour Côté, certes, mais elle aura également été profitable et grandement formatrice.
« J’ai envie de dire que j’ai autant appris en une année que lors de mes cinq précédentes en Europe, a-t-il dit. Tu apprends beaucoup plus quand l’équipe travaille en unité, avec un objectif clair. J’ai aussi beaucoup appris sur moi-même, je sais que j’ai ma place dans ce peloton-là. J’ai été à l’avant plusieurs fois et je sais comment tirer mon épingle du jeu. »
L’une des forces de Côté qui a d’ailleurs été remarquée par son équipe est le contre-la-montre. Il a notamment terminé 11e lors du Tour d’Espagne, une petite seconde derrière le gagnant du tour, Jonas Vingegaard, et devant des cyclistes de l’élite mondiale comme Mads Pedersen, Juan Ayuso et Tom Pidcock.
« Le contre-la-montre, c’est une bataille d’armement et d’optimisation, il n’y a pas juste les jambes, a expliqué Côté. Il y a beaucoup à gagner en soufflerie et en équipement pour l’aérodynamisme, puis je n’avais jamais fait de tout ça auparavant.
« On a donc identifié qu’il y avait un fort potentiel à ce niveau-là et ça va venir avec de beaux objectifs, comme le contre-la-montre aux Championnats du monde à Montréal et le classement général de différentes courses d’une semaine. »
La saison 2026 de Côté prendra justement son envol avec une course d’une semaine, soit le Tour des Émirats arabes unis, du 16 au 22 février, remporté par nul autre que Tadej Pogacar l’an dernier.
Il serait toutefois étonnant que Côté soit le meneur de son équipe lors cette course par étapes, où il devrait travailler pour l’un de ses coéquipiers.
« La majorité de mes jours de course cette année seront encore du support pour nos meneurs qui peuvent aller chercher de gros résultats, a-t-il expliqué. Il y a beaucoup de journées qui ne sont pas pour moi de toute façon, mais je demeure super utile pour le positionnement à différents moments et les arrivées au sprint. »
Le départ de deux amis
Dans les dernières semaines, Côté a vu ses coéquipiers Hugo Houle et Derek Gee-West quitter respectivement pour Alpecin-Premier Tech et Lidl-Trek.
« C’est certain que ça m’a fait quelque chose, a-t-il admis. Ils n’étaient pas que des coéquipiers. Ce sont des amis. C’est sûr que ça fait de la peine de les voir partir, je suis maintenant le seul Canadien avec Guillaume (Boivin), mais c’est la réalité de notre sport et ça fait partie de la vie. »
« Cela dit, on demeure des amis, a-t-il continué. Je n’habite pas très loin de Derek, on partage souvent des repas et on s’entraîne parfois ensemble. J’aurais aimé pouvoir travailler pour Derek dans un grand tour, mais ce sera peut-être pour le futur, on ne sait jamais ce qui peut se passer! »
Il n’y a pas eu que des départs au cours de l’hiver chez NSN, il y a aussi eu l’arrivée du sprinteur de renommée mondiale, Biniam Girmay. L’Érythréen a notamment remporté trois étapes du Tour de France en 2024, sous les couleurs d’Intermarché – Wanty.
« Ça change l’ambiance d’une équipe, ça donne un regain d’énergie, a indiqué Côté. L’arrivée d’un gars de son calibre a tendance à faire augmenter le niveau de tout le monde. Ils ont une façon de rallier tout le monde derrière eux. »
« Remplacer une ambition de classement général dans un grand tour par celle d’un maillot vert (meilleur sprinteur), c’est tout aussi motivant et inspirant, a-t-il expliqué. J’ai hâte de voir ce que ça va donner chez nous, l’effet ‘Bini’. »






