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Une première moitié imparfaite, mais de l’espoir pour les Jays

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COLLABORATION SPÉCIALE

Mine de rien, la saison du Baseball majeur est déjà rendue à mi-chemin.

Au moment où vous lirez ces lignes, la plupart des équipes auront disputé entre 76 et 77 matchs. Une saison jusqu’ici marquée par beaucoup d’inconstance, particulièrement dans la Ligue américaine où seulement cinq équipes affichent toujours une fiche de .500 ou mieux.

Du côté des Blue Jays de Toronto, les attentes étaient évidemment énormes après être passés à un cheveu de remporter la Série mondiale en 2025. Comme toutes les équipes aspirantes, les Jays ont toutefois rapidement découvert qu’une saison de 162 matchs n’a rien d’un long fleuve tranquille.

Et malgré tout ce qui leur est arrivé depuis le mois de mars, ils se retrouvent aujourd’hui dans une position plutôt enviable.

Comme joueur, il est souhaitable de ne jamais vivre dans le passé. Ce qui est fait est fait. Comme analyste en revanche, il est parfois utile de regarder dans le rétroviseur. Pas pour trouver des excuses, mais pour mieux comprendre où une équipe se situe réellement.

Et lorsqu’on fait cet exercice avec les Blue Jays, il y a de quoi être optimiste.

Même si les Cubs viennent de démolir les Jays (16-2) dans le match de vendredi, Toronto venait de balayer sa série de trois matchs à Boston contre les Red Sox.

Ce n’est peut-être pas encore une équipe dominante soir après soir, mais il sera intéressant de voir comment l’équipe pourra rebondir rapidement de cette dégelée.

Remontons dans le temps et souvenez-vous de l’hiver dernier.

L’organisation avait réussi un travail remarquable en ajoutant Dylan Cease à sa rotation. Elle avait également convaincu Kazuma Okamoto de traverser le Pacifique et mis sous contrat Shane Bieber. Anthony Santander revenait pour aider à combler le départ de Bo Bichette, tandis que Vladimir Guerrero Jr. sortait de séries éliminatoires à la hauteur de son immense talent.

On pouvait aussi s’attendre à voir Addison Barger poursuivre sa progression, Alejandro Kirk confirmer son statut parmi les meilleurs receveurs du baseball et plusieurs joueurs de soutien comme Ernie Clement, Nathan Lukes ou Myles Straw apporter une profondeur enviable.

En plus de Cease, les Jays comptaient sur une première saison complète de Trey Yesavage dans les majeures. Oui, il subsistait certaines interrogations autour de Jeff Hoffman dans le rôle de releveur de fin de match, mais l’ajout de Tyler Rogers donnait tout de même beaucoup de crédibilité aux dernières manches.

Bref, tous les ingrédients semblaient réunis pour permettre aux Jays de lutter encore une fois pour le sommet de leur division.

Puis la réalité a frappé.

Anthony Santander est perdu pour la saison.

Shane Bieber n’est pas prêt pour le début de l’année. Même chose pour Trey Yesavage.

Alejandro Kirk se blesse après quelques matchs seulement. Addison Barger et Daulton Varsho passent eux aussi par l’infirmerie. Jeff Hoffman échappe plusieurs avances en début de saison et Vladimir Guerrero Jr. tarde à produire avec la puissance qu’on attend de lui.

Et pourtant...

Les Blue Jays sont encore là.

C’est peut-être ce qui est le plus impressionnant de leur première moitié de saison.

Chaque fois qu’une porte semblait se fermer, quelqu’un trouvait une façon de l’ouvrir de nouveau.

L’exemple parfait est probablement Brandon Valenzuela.

Lorsqu’il a fallu remplacer Kirk, peu de partisans connaissaient vraiment ce receveur imposant acquis des Padres de San Diego dans la transaction impliquant Will Wagner. Aujourd’hui, cette acquisition ressemble à un véritable coup de maître du département baseball.

Non seulement Valenzuela a répondu à l’appel, mais il a été tellement bon que les Jays peuvent maintenant prétendre posséder le meilleur duo de receveurs du baseball majeur.

Défensivement, les deux sont largement au-dessus de la moyenne.

Offensivement, Valenzuela a ajouté une contribution inattendue avec ses sept circuits, un MPP supérieur à .800 et une moyenne de présence sur les buts de .342.

C’est exactement le genre d’histoire qui permet à une équipe de survivre aux blessures et aux défis d’une longue saison.

Même scénario du côté de l’enclos.

Après quelques ratés coûteux, les Blue Jays ont retiré à Jeff Hoffman le rôle de releveur de fin de match. Une décision qui n’est jamais facile à prendre lorsqu’on parle d’un vétéran.

Mais l’arrivée de Louis Varland dans ce rôle a complètement changé le portrait.

Varland figure maintenant parmi les releveurs les plus dominants du baseball dans les situations de sauvetage. Hoffman, pour sa part, semble beaucoup plus efficace lorsqu’il est utilisé dans en 6e ou 7e manches.

Résultat : les fins de match des Blue Jays sont aujourd’hui plus solides qu’elles ne l’étaient au début de la saison.

Cela dit, même si l’enclos inspire davantage confiance qu’en début de saison, un autre enjeu commence à peser lourd. Les releveurs ont été énormément sollicités depuis le mois d’avril. À un certain moment, les Blue Jays auront besoin que leurs partants prennent davantage de responsabilités. Kevin Gausman, Dylan Cease, Trey Yesavage et Patrick Corbin devront être en mesure de compléter plus régulièrement six ou même sept manches. Non seulement pour préserver les bras de l’enclos, mais aussi pour permettre aux meilleurs releveurs d’être utilisés dans les situations les plus importantes. Une équipe peut survivre quelques semaines avec une relève surutilisée. Sur six mois, c’est beaucoup plus difficile.

C’est aussi pourquoi je crois que l’organisation ne peut plus réellement compter sur Max Scherzer comme solution. Il n’y a aucun doute sur sa carrière exceptionnelle et sur sa future place au Temple de la renommée. Mais même lorsqu’il a été en mesure de prendre la balle cette saison, l’efficacité n’était tout simplement plus au rendez-vous. Le temps finit malheureusement par rattraper même les plus grands compétiteurs. Peut-être assistons-nous tout simplement à la dernière saison d’un des plus grands compétiteurs de sa génération.

Dans cette optique, Spencer Myles représente à mes yeux une option beaucoup plus intéressante à court terme. Le jeune droitier a démontré qu’il pouvait donner des manches de qualité et surtout permettre à l’équipe de traverser cette période en attendant le retour de Shane Bieber. Si Myles est capable de tenir le fort encore quelques semaines, les Blue Jays pourraient recevoir un important renfort exactement au bon moment pour amorcer le dernier droit vers les séries.

Autre agréable surprise : Kazuma Okamoto.

Il était impossible de savoir avec certitude comment sa transition vers le baseball majeur allait se dérouler.

Jusqu’ici, la réponse est plutôt encourageante.

Avec 15 circuits et 42 points produits, il mène l’équipe dans plusieurs catégories offensives importantes. Défensivement, il ne couvrira jamais autant de terrain qu’un Matt Chapman à son apogée, mais lorsqu’une balle est frappée vers lui, le jeu est généralement complété.

Il y aura sans doute des ajustements à faire en deuxième moitié de saison. La fatigue pourrait devenir un facteur. Les lanceurs adverses possèdent maintenant plusieurs mois de données sur lui.

Mais tout indique qu’il possède les outils nécessaires pour continuer à produire.

Au champ extérieur, les blessures ont créé une rotation presque quotidienne.

Varsho absent. Barger absent. Lukes absent.

Par moments, on avait l’impression que les trois voltigeurs changeaient chaque soir.

Dans ce contexte, l’acquisition de Jesus Sanchez est devenue importante. Et malgré tout, Sanchez a un WAR négatif. Son jeu en défense est vraiment sous la moyenne. Son jeu en première manche dans le match de vendredi n’a pas aidé la cause de Kevin Gausman.

Avec les éventuels retours de Varsho et Barger, son temps de jeu pourrait diminuer.

Le défi sera maintenant de trouver la bonne combinaison.

Sanchez, Lukes, Varsho et Barger frappent tous du côté gauche. Myles Straw et Davis Schneider sont droitiers. Les décisions de John Schneider ne seront pas simples.

Mais honnêtement, ce sont des problèmes que tous les gérants aimeraient avoir.

Parce qu’ils signifient qu’il y a des options.

Et des options, les Blue Jays en auront besoin pour la suite.

La grande question demeure évidemment celle de George Springer et Vladimir Guerrero Jr.

Que peut-on raisonnablement attendre d’eux en deuxième moitié de saison?

Pour Springer, je crois sincèrement que la solution passe par une gestion plus prudente de son temps de jeu.

Son MPP de .688 et son WAR négatif démontrent qu’il ne peut plus être utilisé comme avant. Personnellement, je viserais quatre matchs par semaine, pas davantage.

Moins de Springer.

Mais un Springer plus productif lorsque ça compte vraiment.

Et surtout, je ne le verrais plus comme premier frappeur.

Contre les lanceurs droitiers, Nathan Lukes et sa moyenne de présence sur les buts de .360 me semblent être une option beaucoup plus logique.

Quant à Vladimir Guerrero Jr., je refuse de croire que ce que nous avons vu jusqu’ici cette saison représente son véritable niveau offensif.

Oui, les chiffres de puissance sont décevants.

Oui, il tarde à dominer comme on l’espérait après la signature de son contrat historique.

Mais la puissance ne disparaît pas du jour au lendemain.

On parle ici d’un joueur qui demeure parmi les meilleurs frappeurs de la planète.

Ce qui me frappe le plus, c’est que ce n’est pas seulement une question de circuits.

Vladimir se retrouve quatrième chez les Jays pour les doubles alors que deux des joueurs qui le devancent comptent beaucoup moins de présences au bâton. Plus surprenant encore, il n’occupe que le neuvième rang de son équipe pour la moyenne de puissance!

Clairement, quelque chose ne fonctionne pas comme à l’habitude.

Blessure plus importante au bas du dos?

Sinon, je ne prétendrai pas entrer dans les détails techniques de sa mécanique. Vlad est intelligent et entouré d’excellents instructeurs. Mais lorsqu’on regarde ses contacts, on a parfois l’impression qu’il produit davantage de « top spin » que de « back spin ».

Au baseball moderne, on cherche à créer de la rotation vers l’arrière afin que la balle conserve sa trajectoire et voyage davantage. Lorsqu’on frappe avec du « top spin », les balles ont davantage tendance à plonger ou à manquer de vie.

La bonne nouvelle?

Ce genre d’ajustement peut parfois se régler très rapidement.

Et si Vladimir retrouve sa puissance au cours des prochaines semaines, l’attaque des Blue Jays pourrait soudainement changer complètement de visage.

Au final, voilà pourquoi je demeure optimiste.

Les Blue Jays ont survécu à une avalanche de blessures.

Ils ont trouvé des solutions inattendues.

Ils ont découvert de nouveaux contributeurs.

Ils ont ajusté certains rôles importants.

Et surtout, plusieurs de leurs meilleurs joueurs n’ont probablement pas encore offert leur meilleure version.

Dans une saison de 162 matchs, ce n’est pas toujours l’équipe qui démarre le plus rapidement qui l’emporte. Souvent, c’est celle qui réussit à traverser les tempêtes sans couler.

Les Blue Jays ont traversé plusieurs tempêtes depuis mars. Malgré les blessures, malgré les déceptions et malgré certains joueurs vedettes qui n’ont toujours pas trouvé leur rythme, ils sont encore dans la course. Et c’est précisément pour cette raison que je crois que le meilleur est peut-être encore à venir.