Les joueurs ont tiré la première salve dans ce qui devraient être de longues et litigieuses négociations d’un nouveau contrat de travail.
Ils demandent une autonomie bonifiée, de plus grands droits d’arbitrage salariale, ainsi qu’un salaire minimum presque doublé et un plus grand partage des revenus des équipes riches vers les clubs moins nantis.
Une journée avant que la MLB n’expose ses demandes, qui devraient comprendre un plafond salarial, le syndicat des joueurs a déposé ses propositions initiales lors d’une séance de négociations aux bureaux de l’Association des joueurs de la MLB (MLBPA), à Manhattan.
La convention collective vient à échéance le 1er décembre prochain et on s’attend à ce que la MLB impose un lock-out.
« Les assistances, les cotes d’écoute, l’intérêt: peu importe quelle mesure vous voulez utiliser, notre sport vit une époque très positive, a déclaré par communiqué le lanceur des Orioles de Baltimore Chris Bassitt, membre du sous-comité exécutif de la MLBPA. Nous avons fait des propositions qui permettront de poursuivre cette tendance. Nous appuierons et inciterons les équipes qui s’engagent à être compétitives, particulièrement celles provenant de petits marchés. Nous voulons que les joueurs soient compensés de façon juste pour leur travail. »
La MLB n’est clairement pas en faveur des propositions faites par les joueurs et maintient que le plan du syndicat aurait pour effet de diminuer le partage des revenus.
« Nous comprenons que leurs demandes aient pour objectif de bénéficier les joueurs. Malheureusement, elles ne règlent pas le déséquilibre compétitif, elles l’exacerbent, contrairement à ce que nos partisans nous demandent », a déclaré par communiqué également le porte-parole de la MLB, Glen Caplin.
« La proposition de la MLBPA réduirait les montants transférés aux équipes générant moins de revenus; affaiblirait la ‘taxe de luxe’; en plus de mener à plus de disparités salariales que nous ne le vivons présentement. Par exemple, selon les propositions du syndicat, les Dodgers paieraient moins en taxe de luxe, ce qui leur donnerait 70 millions $ US supplémentaires à dépenser en salaires. »
Marcus Semien et Sean Manaea des Mets de New York et Eugenio Suárez des Reds de Cincinnati ont assisté à la séance sur place, tandis que d’autres y ont assisté en visioconférence.
« La proposition des joueurs comprend une augmentation du partage des revenus, garantissant aux équipes de petits marchés un minimum de 240 millions $ par saison, a quant à lui indiqué par communiqué le directeur intérimaire de la MLBPA, Bruce Meyer. Ce partage rehaussé est lié à des garantis pour assurer que les clubs vont prioriser la compétitivité aux profits. »
Voici les grandes lignes de la proposition des joueurs :
— La taxe de luxe ne commencerait qu’à 300 millions $ en 2027 au lieu de 244 millions $ actuellement. La masse salariale imposable augmentée de 15 millions $ annuellement. Les pénalités, comme celle celles faisant reculer une équipe au repêchage, seraient éliminées. Les pénalités, qui peuvent actuellement attendre 110 %, seront limitées à 10 % au-dessus du niveau précédent.
— L’admissibilité à l’autonomie, qui nécessite six ans de service depuis l’accord de 1976, passerait à cinq ans pour les joueurs qui auraient 30 ans avant le 1er novembre. Une équipe pourrait retenir ce joueur en lui faisant une offre qualificative. Si un joueur de ce groupe refuse l’offre qualificative, il deviendrait admissible à l’arbitrage.
— Le salaire minimum passerait de 780 000 $ à 1,5 million $ la saison prochaine et 2,2 millions $ en 2031.
— L’admissibilité à l’arbitrage salarial serait étendue et les équipes devraient offrir au minimum 3 millions $ aux joueurs admissibles. Plusieurs autres mesures viendraient modifier les règles de l’arbitrage, dont l’argent remis en boni aux joueurs qui ne sont pas encore admissibles à l’arbitrage.
— Les offres qualificatives aux joueurs comptant six ans de service seraient éliminées. Elles ont amenuisé le marché des joueurs autonomes depuis qu’elles ont été instaurées en 2012 en raison des pénalités infligées aux équipes qui embauchent ces joueurs.
— La loterie pour le premier choix du repêchage inclurait huit équipes au lieu de six.
— Les règles appliquées depuis 2022 afin de réduire les manipulations sur l’ancienneté seraient bonifiées. Terminer parmi le top-5 au scrutin du joueur par excellence procurerait une année complète de service aux joueurs, notamment.
— Les équipes générant le moins de revenus qui perdent des joueurs à l’autonomie recevraient des bénéfices augmentés, en plus de choix de repêchage supplémentaires.
— Une taxe «d’intégrité» serait imposée aux équipes dont la masse salariale n’atteint pas 50 % du montant minimum exposant les clubs à verser un montant à la taxe de luxe. Les équipes dont la masse salariale représente une plus petite fraction de ce montant minimum feraient face à surtaxation. Les équipes seraient également pénalisées si elles ne dépensent pas les sommes reçues du partage de revenus sur leur masse salariale.
— Chaque équipe des petits marchés recevraient un montant annuel garanti de 240 millions $ et elles conserveraient une part plus importante des revenus générés dans leur stade.
— Les équipes à faibles revenus avec une fiche gagnante ou qui participent aux séries éliminatoires recevraient une plus grande part du partage de revenus et les revenus provenant des diffuseurs locaux seraient davantage partagés entre les clubs.
Une entente de cinq ans avait été convenue le 10 mars 2022, au 99e jour d’un lock-out, rendant possible la tenue d’une saison de 162 matchs. Il s’agissait du neuvième arrêt de travail au baseball et du premier depuis la grève de sept mois et demi en 1994-1995, qui a causé l’annulation de la Série mondiale pour la première fois depuis 1904.






