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Desbiens veut gagner la coupe Walter

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MONTRÉAL — Autant Ann-Renée Desbiens est talentueuse devant les filets de la Victoire de Montréal, autant elle est douée pour mettre en perspective l’enjeu des deux matchs contre le Fleet de Boston lors des sept prochains jours : «Ce n’est pas de finir premier qui est important, c’est de remporter la coupe Walter». Peut-on être plus clair?

Bien que juste, l’énoncé de Desbiens n’enlève absolument rien au désir de la formation montréalaise de gagner les quatre matchs qu’il lui reste à son calendrier et de demeurer là où elle se trouve, c’est-à-dire au sommet du classement de la Ligue professionnelle de hockey féminin.

Les propos de la gardienne de but de la Victoire n’atténuent nullement, non plus, le cachet de ces deux duels à venir, à commencer par celui de samedi soir au TD Garden.

D’ordinaire le château-fort des Bruins dans la LNH, l’amphithéâtre de la capitale de l’État du Massachusetts accueillera un match du Fleet et de la LPHF pour la toute première fois.

Six jours plus tard, à la Place Bell, la Victoire et le Fleet croiseront le fer pour la dernière fois pendant le calendrier régulier.

Jusqu’à maintenant, le Fleet mène la série saisonnière avec deux gains en autant de matchs et une récolte de cinq points au classement sur une possibilité de six.

Le Fleet a blanchi la Victoire 2-0 lors du match d’ouverture des deux équipes, le 23 novembre au Tsongas Center, à Lowell.

Le 15 mars dernier à la Place Bell, dans un match où Marie-Philip Poulin a possiblement aggravé la blessure qu’elle avait subie à la jambe droite aux Jeux olympiques de Milan-Cortina quelques semaines plus tôt, le Fleet a effacé un recul de trois buts en troisième période avant de l’emporter 4-3 en prolongation.

D’ailleurs, Poulin ne participera pas au match de samedi, ni l’attaquante Maureen Murphy. Leurs noms sont toujours inscrits sur la liste des blessées à long terme.

Le revers du 15 mars est le genre qui peut laisser des traces pendant de nombreux matchs, voire faire dérailler une saison au complet. Toutefois, lors des sept parties qui ont suivi, la troupe de l’entraîneuse Kori Cheverie a inscrit six victoires, dont trois par blanchissage, et subi une défaite de 2-1 en prolongation, à Ottawa. L’équipe montréalaise n’a accordé que cinq buts lors de ces sept rencontres et accumulé 19 points au classement sur un total possible de 21.

«Je pense que c’est une question de perspective. On vient justement de voir ça arriver au Canadien l’autre soir. Ça n’arrive donc pas qu’à La Victoire. On s’est dit : ‘Bon, ça arrive.’ Il faut passer à autre chose. On doit corriger ce qu’il faut corriger.’ Et c’est ce qu’on a fait», a souligné Cheverie lorsqu’elle s’est fait demander, jeudi, comment son équipe avait pu se relever de cet échec.

«Vous savez, on n’a pas joué notre meilleur hockey pendant 60 minutes, loin de là, depuis ce match contre Boston. Mais ça, ce sont les hauts et les bas qu’on rencontre dans un match», a ajouté Cheverie.

«Et donc, on essaie de prendre ça 10 minutes à la fois. Gagnons ces 10 minutes. Corrigeons ces 10 minutes. Pourquoi avons-nous perdu notre élan pendant ces 10 minutes ? Ensuite, nous faisons le point et nous nous attribuons une note. Avons-nous gagné ça ou non ? Cela nous donne aussi une bonne idée de ce qu’il faut corriger, de ce qui s’est passé et de ce qu’étaient les objectifs.»

Succès en infériorité numérique

Avec respectivement 55 et 54 points, la Victoire (15-4-2-5) et le Fleet (14-5-2-4), qui a joué un match de moins, représentent la crème de la LPHF en 2025-2026. Le Frost du Minnesota connaît une bonne campagne, mais accuse tout de même neuf points de recul sur la Victoire, également avec un match en main.

Au premier coup d’œil, on serait porté à se tourner vers Desbiens (16-4-2 - 1,13 - ‚954 - 6 JB) et sa rivale Aerin Frankel (17-3-2 - 1,16 - ,955 - 7 JB) pour expliquer la suprématie qu’exercent la Victoire et le Fleet sur le reste de la LPHF.

Toutefois, une autre statistique retient l’attention. Ensemble, la Victoire (5-en-74 situations) et le Fleet (6-en-69) n’ont accordé que 11 buts en infériorité numérique depuis le début de la saison. Il s’agit de pourcentages d’efficacité de 93,2 % pour la Victoire et de 91,3 % pour le Fleet, les deux meilleurs dans la LPHF.

Le Torrent de Seattle (83,8 %) vient au troisième rang en ce qui a trait au pourcentage, et le Frost se classe troisième pour le nombre de buts concédés, avec 10, mais en 56 situations de désavantage numérique (82,1%).

Toutes deux questionnées sur les succès de la formation montréalaise en infériorité numérique, Desbiens et Cheverie ont insisté sur la fierté que ressentent les joueuses appelées à jouer dans ces situations. Cheverie a aussi expliqué la structure en place avec la Victoire en ce qui a trait aux unités spéciales.

«Je pense que c’est le fruit d’un solide travail d’équipe, depuis le personnel (d’entraîneurs) jusqu’aux joueuses. Deux d’entre nous se concentrent sur les situations d’infériorité numérique et deux membres de notre personnel se concentrent sur les supériorités numériques. On dispose ainsi d’un système de soutien, ce qui garantit une certaine cohérence», a fait remarquer Cheverie.

«Les joueuses sont vraiment fières du travail qu’elles ont fourni en infériorité numérique, et nous avons beaucoup de joueuses qui ont la capacité de marquer des buts, mais qui savent aussi comment empêcher l’adversaire de marquer. Et puis, évidemment, avoir une bonne gardienne de but aide aussi. Mais je pense que notre personnel a fait preuve d’une grande cohérence quant au choix des joueuses en infériorité numérique. Et je pense que cela a permis de créer un sentiment d’appartenance.»

Michel Lamarche, La Presse Canadienne