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Plafond en séries, pas de problème!

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MANALAPAN - Le Lightning de Tampa Bay, les Golden Knights de Las Vegas et les 14 autres formations qui accéderont aux prochaines séries éliminatoires devront respecter le plafond salarial.

Ce sera la première fois que la LNH imposera un tel contrôle. Car depuis l’imposition d’un plafond salarial – au retour du lock-out en 2005 – les équipes devaient le respecter en saison régulière, mais pouvaient le défoncer allègrement une fois les séries débutées. De fait, le plafond était simplement aboli pour les séries.

Ce qui a permis aux Golden Knights et au Lightning, lors de sa victoire en finale de la coupe Stanley en 2021, de compter sur les services de vedettes blessées en saison, comme Mark Stone et Nikita Kucherov, même si leur retour au jeu faisait exploser la masse salariale de leur club respectif.

Une fois en séries, les 16 équipes devront donc s’assurer que l’alignement de 20 joueurs déposé quelques heures avant un match donné devra respecter le plafond de 95,5 millions $.

« Ça ne me dérange pas du tout. Je respecterai ça sans problème », a lancé Mathieu Darche sans s’avancer toutefois sur les chances de ses Islanders d’accéder aux séries.

Bill Daly, l’adjoint au commissaire Gary Bettman, a indiqué qu’à l’image des Islanders, les 31 autres formations devraient être en mesure de composer facilement avec le plafond.

« Nous avons créé une “application” qui permettra aux équipes d’inscrire le nom des joueurs qu’elles entendent envoyer sur la patinoire afin de savoir si elles respectent bel et bien le plafond ou si elles sont en situation périlleuse. Nous n’anticipons pas d’ennuis majeurs en raison des changements apportés aux règles régissant les joueurs blessés à long terme. Mais des décisions devront être prises par les organisations qui pourront compter, une fois en séries, sur les services de joueurs qui ont raté de grands pans de la saison », a souligné Daly.

Les Panthers de la Floride auraient pu se retrouver dans ce genre de situation s’ils s’étaient qualifiés pour les séries – oui je tiens pour acquis qu’ils les rateront – et qu’Aleksander Barkov avait été en mesure de reprendre du service en première, deuxième, troisième ronde ou encore en finale de la coupe Stanley.

Pas question de revoir le format des séries

Parlant de séries éliminatoires, même s’il est clair que l’une des trois meilleures équipes de la LNH – l’Avalanche du Colorado, les Stars de Dallas, le Wild du Minnesota – tombera dès la première ronde alors que deux de ces trois clubs de la section centrale se croiseront en lever de rideau des séries, Gary Bettman refuse de même envisager une refonte du format des séries.

« Ça nous donnera des séries de première ronde encore plus excitantes », a réagi le commissaire en balayant du revers de la main le fait que l’un des clubs phares de la Ligue se retrouvera en vacances alors que d’autres formations, beaucoup moins fortes, auront la chance de prolonger leur saison.

« Il y a des variations au classement chaque année. Nous avons établi une grande parité autour de la Ligue, ce qui rend plus importants encore tous les matchs de saison régulière. En passant à 84 parties l’an prochain, nous serons en mesure de créer un équilibre au sein de toutes les sections, ce qui améliorera davantage la rivalité entre les équipes. Je suis plus que satisfait du format actuel des séries et à part vous – les journalistes – personne ne me demande d’apporter des changements », a plaidé Gary Bettman.

Il faudrait en reparler avec les membres des organisations de l’Avalanche, des Stars ou du Wild qui tomberont en première ronde après que les équipes de deuxième et troisième places dans la section centrale se seront croisées en première ronde...

Des juniors dans la Ligue américaine

La Ligue nationale évalue la possibilité de permettre à ses 32 équipes d’envoyer dans la Ligue américaine des jeunes espoirs âgés de 19 ans qui autrement devraient être retournés à leur club junior.

L’entente actuelle entre la LNH et la Ligue Canadienne de hockey dont fait partie la Ligue de hockey Québec Maritimes oblige les équipes à retourner ces espoirs à leurs clubs juniors à moins qu’ils soient gardés avec le grand club.

La présence de ces jeunes qui frappent à la porte de la LNH rehausse donc le niveau de compétitivité des équipes juniors canadiennes. Un niveau qui pourrait être amputé si la LNH ouvrait la porte menant à la Ligue américaine à ces jeunes joueurs.

« Il faut être prudent avec nos jeunes. Ce ne sont pas tous les jeunes espoirs qui ont la maturité physique et mentale pour faire le saut dans les rangs professionnels », a lancé Daniel Brière, directeur général des Flyers de Philadelphie.

Ancien de la LHJMQ qui a fait les beaux jours des Voltigeurs de Drummondville, Brière soutient qu’il faudrait établir des balises claires et ne pas ouvrir toutes grandes les portes du hockey professionnel à des jeunes de 19 ans.

« Certains espoirs n’ont plus rien à apprendre dans les rangs juniors à 19 ans et y perdraient leur temps. Mais ce sont des exceptions. Est-ce qu’on pourrait limiter à un jeune par équipe la possibilité d’aller dans la Ligue américaine au lieu de revenir dans les rangs juniors? Je ne sais pas. Surtout que de bonnes équipes juniors pourraient se retrouver à perdre quelques joueurs de 19 ans qui iraient alors dans la Ligue américaine. Mais il faudra avoir des balises pour ne pas perturber le développement des jeunes et ne pas vider les clubs juniors », a ajouté Brière.

Bill Daly avait une rencontre prévue, mercredi après-midi, avec Dan MacKenzie, l’actuel commissaire de la Ligue canadienne de hockey.

« Nous sommes encore à un stade embryonnaire de discussions. Plusieurs équipes voudraient avoir la possibilité d’envoyer des jeunes de 19 ans dans la Ligue américaine. C’est un fait. Mais la Ligue canadienne est un partenaire de la LNH depuis toujours. Nous voulons étudier le dossier avec ses dirigeants pour tenter de voir ce qui pourrait être fait » s’est limité à dire Daly.

Vers des revenus de 8 milliards $

Parce que les plafonds salariaux des deux prochaines saisons sont déjà fixés – 104 millions $ en 2026-2027 et 113,5 millions en 2027-2028 – la LNH n’a pas parlé de revenus avec les directeurs généraux cette semaine en Floride.

« C’est une question abordée avec les gouverneurs. Nous en avons parlé au cours des dernières années avec le DG afin de leur donner des idées quant au niveau de plafond qu’ils auraient à respecter l’année suivante. Mais comme c’est déjà fixé, ce n’est plus nécessaire », a indiqué Gary Bettman.

Cela dit, les revenus devraient flirter et peut-être même fracasser les 8 milliards $. Il s’agirait d’un record. Un record qui ne tiendra pas longtemps avec l’apport financier des coupes du Monde qui seront tenues tous les quatre ans…

Cette projection a permis à Gary Bettman de lancer les phrases qu’il se plaît à lancer chaque fois qu’il se retrouve devant les journalistes. « Notre ligue n’a jamais été aussi forte qu’elle l’est aujourd’hui et le hockey que nous offrons n’a jamais été aussi enlevant qu’il l’est aujourd’hui », a conclu le commissaire qui, a-t-il insisté, n’a pas encore l’intention de céder son poste.