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L’effet Rick Bowness

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St-Louis hausse le ton avant un autre match aux lourdes implications

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N’interrogez pas St-Louis sur des changements; élogieux sur Slaf

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Mathieu Olivier; l’un des meilleurs hommes forts

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Les Jackets, une nouvelle équipe sous la direction de Bowness

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Dernière année de contrat pour St-Louis, sera-t-il convoité?

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La constance, le prochain défi de Jakub Dobes

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L’entrée en scène de Rick Bowness chez les Blue Jackets a eu un effet aussi rafraîchissant que l’était la mêlée de presse qu’il a offert aux journalistes présents au Centre Bell, à quelques heures d’un duel contre le Canadien.

Le 12 janvier dernier, Bowness sortait de la retraite et acceptait de succéder à Dean Evason, au poste d’entraîneur-chef à Columbus. À ce moment, les Blue Jackets occupaient alors le 26e rang du classement général de la LNH. De plus, ils figuraient au 28e rang du circuit pour les buts alloués. À partir du 13 janvier, celui que l’on surnomme “Bones” a mené sa nouvelle équipe à une fiche de 19-4-3 en 26 matchs, la meilleure fiche de la LNH.

Questionné à savoir comment il a procédé pour renverser la vapeur à ce point, l’entraîneur de 71 ans a répondu rapidement en soulignant que le mérite revient aux joueurs : « L’équipe a changé les choses. Ce sont eux qui vont sur la glace et qui prennent la décision de bloquer des tirs, de se replier défensivement. Je ne fais que leur montrer le chemin. »

À sa première rencontre avec ses joueurs, Rick Bowness a été direct. Et signe qu’il est un entraîneur ouvert d’esprit, qui sait s’adapter aux nouvelles technologies, c’est en se basant sur des statistiques avancées qu’il a passé son message.

« J’ai regardé nos chiffres sur le plan défensif. Nous étions 28e pour les buts alloués, les occasions de marquer dans l’enclave étaient très élevées, tout comme nos occasions accordées en transition défensive. J’ai donc inscrit ces trois aspects au tableau et je leur ai précisé que nous n’avions aucune chance de nous qualifier pour les séries sans corriger ces détails. Il fallait être dévoués à allouer moins de buts, à baisser le nombre de tirs accordés et protéger mieux notre filet. Ils ont tous acheté ce plan. »

Et comment ! Outre leur excellente fiche au niveau des points au classement, les Blue Jackets arrivent au tout premier rang de la ligue au chapitre des buts alloués par match (2,46), depuis l’entrée en scène de leur nouvel entraîneur.

St-Louis hausse le ton avant un match sans lendemain Au 5 à 7, Patrick Friolet met la table en vue du match entre les Blue Jackets de Columbus et les Canadiens de Montréal.

« Adapt or die »

Rick Bowness a commencé son parcours d’entraîneur lors de la saison 1982-1983, à titre de joueur-entraîneur, avec les Jets de Sherbrooke, dans la ligue américaine. Il a ensuite œuvré comme adjoint ou comme entraîneur-chef dans la LNH avec les Jets, les Bruins, les Sénateurs, les Islanders, les Coyotes, les Canucks, le Lightning, les Stars, encore les Jets, puis les Blue Jackets. Il faut admettre que la liste est assez impressionnante. Et une chose est certaine, on ne passe pas plus de 40 ans dans des vestiaires ou derrière des bancs sans s’adapter.

« Je peux parler de Led Zeppelin et ils n’ont aucune idée de quoi je parle ! » lance Bowness en déclenchant un éclat de rire chez les journalistes.

Si l’auteur de ces lignes est un grand amateur de « classic rock » et se retrouve un peu « scandalisé » que quelqu’un ne connaisse pas ce groupe mythique aux « riffs » de guitare uniques, il faut quand même reconnaître que les temps changent et que les goûts musicaux évoluent…mais pas toujours pour le mieux de l’avis de Bowness !

« Je leur dit toujours, si vous voulez me garder hors du vestiaire, continuez de faire jouer cette musique que j’entends ! »

Blague à part, la communication revient toujours à l’avant-plan quand il est question de l’approche Bowness. Et c’est justement l’une des choses qui a le plus évolué dans le monde du hockey au fil des ans. À une certaine époque, les joueurs n’avaient aucune idée pourquoi ils étaient retirés de la formation, par exemple. Depuis quelques années, les choses ont changé et les joueurs veulent avoir l’heure juste. Rick Bowness est fier de son approche.

« Quand j’ai commencé ma carrière d’entraîneur, j’étais plus jeune que certains joueurs que je dirigeais ! C’est important de parler aux joueurs et qu’ils sachent à quoi s’en tenir. On s’adapte ou on meurt ! C’est en discutant avec eux et en apprenant à les connaître qu’on évolue. J’adore communiquer avec mes joueurs. »

Mathieu Olivier abonde dans le même sens et rappelle que le fait que Bowness est un ancien joueur lui permet de garder une bonne perspective dans sa relation de travail.

« Il y a toujours une forme de communication, souligne le colosse des Blue Jackets. Que ce soit simplement pour te saluer, pour te complimenter sur ton match ou avec une plus longue conversation sur des détails à corriger, il communique chaque jour. Pour les gars, ça fait une grosse différence. »

Olivier ajoute qu’il n’y a pas de zone grise et que les joueurs savent toujours à quoi s’en tenir, ce qui est précieux pour eux. Le Québécois mentionne aussi le fait que le déclic des deux derniers mois est venu grâce à un haut niveau d’engagement du groupe.

Martin St-Louis a côtoyé Rick Bowness à sa dernière saison avec le Lightning, avant de passer aux Rangers. Pour lui, tout passe d’abord par la qualité de l’humain derrière l’entraîneur, qu’il décrit comme un « excellent humain ».

Mais évidemment, St-Louis connaît les exigences du métier d’entraîneur et souligne à quel point il faut être passionné pour l’exercer encore à l’âge de 71 ans.

« C’est clair qu’il faut que tu sois passionné, ça fait combien d’années qu’il est dans la ligue ? Lance l’entraîneur dans un petit éclat de rire. Je ne pense pas que la passion s’éteint, même quand on décide de prendre une pause. Des fois, la vie te force à faire des choses, mais tu ne perds pas ta passion. »

Et justement, tout est là dans le cas de Bowness. La passion.

Après s’être retiré temporairement pour gérer des ennuis de santé, pour lui et son épouse, il a accepté de sortir de sa retraite et de replonger dans ce rôle qu’il aime tant. Non pas pour le prestige, l’argent ou le succès, mais surtout parce qu’il aime profondément côtoyer les joueurs.

« Vous associez le fait que ce soit plaisant aux bons résultats que nous avons, mais ce n’est pas mon cas. Personnellement, je l’associe à ce qui m’a le plus manqué…soit de travailler avec les joueurs, de passer du temps avec eux et d’apprendre à les connaître. »

Difficile donc d’imaginer qu’il retournerait à la retraite à la fin de la saison, après y avoir goûté à nouveau et surtout si son équipe parvient à accéder aux séries éliminatoires. Mais Bowness préfère ne pas regarder trop loin et se concentrer sur le moment présent avec son groupe.

« Je m’en préoccuperai à la fin de la saison. Pour le moment, la seule chose sur laquelle je me concentre, c’est de mener cette équipe en séries. »