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Pris la main dans le sac

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Canadiens 2 - Hurricanes 3 (Prolongation)

Canadiens 2 - Hurricanes 3 (Prolongation)

Ehlers nivelle la série en prolongation

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Anderson crée l'égalité une 2e fois

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La petite danse d'Ehlers trompe la vigilance de Dobes

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Anderson complète le beau travail de Danault et Guhle

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L'habile déviation de Robinson ouvre la marque

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Après avoir volé les septièmes matchs de la première ronde contre le Lightning et de la deuxième aux dépens des Sabres, Jakub Dobes, Josh Anderson, Phillip Danault et leurs coéquipiers étaient en voie de réaliser un autre vol de grand chemin, samedi, en Caroline.

Limité à deux tirs au premier tiers, à seulement cinq après 40 minutes et à 12 au terme des 60 minutes de temps réglementaire, le Canadien s’est malgré tout retrouvé en prolongation.

Un brin chanceux de se rendre là? Sans l’ombre d’un doute!

Deux brins opportunistes? Mettez-en!

Mais pour se rendre à la coupe Stanley, il ne faut pas seulement être bon, être rapide, travailler fort et bien. Il faut aussi être chanceux. Il faut trouver une façon de voler un match ici et là.

Sauf que cette fois, le Canadien n’a pas eu le temps de commettre son vol et de filer en douce avec son butin. Il s’est fait prendre la main dans le sac et ça lui a coûté le match qu’il a finalement perdu 3-2.

La question qui tue!

Attaquant le moins sollicité par Martin St-Louis – 13 présences totalisant 10 minutes et 1 seconde de temps d’utilisation – Oliver Kapanen s’est rendu coupable d’un affreux revirement en entrée de territoire des Hurricanes. Le jeu facile, le jeu à faire, était de placer la rondelle en fond de territoire pour éviter d’ouvrir la porte à une contre-attaque dynamique des Canes pendant que les défenseurs profitaient de la situation pour effectuer un changement.

Kapanen a fait tout le contraire.

Nikolaj Ehlers, qui venait de sauter dans la mêlée, a ainsi pu jouer les héros quelques secondes plus tard.

Qu’est-ce que Kapanen et ses coéquipiers du quatrième trio faisaient sur la patinoire si tôt en prolongation?

Une très bonne question.

Une question que le collègue Guillaume Lefrançois a posée avec raison lors du point de presse de Martin St-Louis après la défaite de 3-2.

Une question que l’entraîneur-chef du Tricolore n’a pas aimée. Et c’est normal.

Martin St-Louis fait confiance à tous ses joueurs. À tous ses trios. C’est sa philosophie de gestion. Une philosophie qui a récompensé le coach plus souvent qu’elle ne l’a contraint à faire face à une question qui fait mal. Une question qui tue comme Guy A Lepage en pose tous les dimanches sur la grande scène de Tout le monde en parle.

Le mauvais jeu de Kapanen a ouvert la porte au but de la victoire des Canes. Prétendre le contraire serait farfelu. Et c’est normal que le coach ait à répondre de l’utilisation de ses effectifs. Même si ça le froisse.

Mais si St-Louis s’était contenté de faire appel aux joueurs qui méritaient pleinement leur place sur la patinoire en prolongation, il aurait amorcé la prolongation avec le trio de Phillip Danault qui, avec ses ailiers Josh Anderson et Alexandre Texier, n’aurait jamais quitté la glace.

Après un premier match sensationnel en Caroline, Nick Suzuki et ses ailiers ont connu une soirée difficile. Il était toutefois justifié que le capitaine, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky amorcent la prolongation.

Ils n’étaient pas sur la patinoire sur le but vainqueur d’Ehlers, mais ils ont eux aussi « contribué » à la victoire des Hurricanes.

Comme trop de joueurs du Tricolore.

Meilleur club et de loin lors du premier match, le Canadien ne l’était pas lors du deuxième. Vraiment pas!

« On s’est bien défendu. On a travaillé fort. On n’a pas donné grand-chose, mais on n’a pas créé grand-chose. Notre manque d’exécution a empêché nos défenseurs d’appuyer l’attaque. Mais le match a été plus égal que les tirs – 26 tirs cadrés des Canes contre 12, 68 tirs décochés contre 38 pour le Canadien – le laissent croire », que Martin St-Louis a affirmé après la défaite.

Il n’avait pas tort.

Mais les Hurricanes ont créé plus d’occasions que le Canadien ne l’a fait. Ils ont plus contrôlé le match que le Canadien. Ils ont été plus actifs, plus incisifs, plus impliqués. Sans disputer un grand match, sans dominer outrageusement le Tricolore, ils ont joué un match plus à leur image.

À l’attaque et surtout en défensive alors que Jaccob Slavin et Jalen Chatfield ont fermé l’entrée en zone des Canes au lieu de l’ouvrir toute grande comme ils l’avaient fait lors de la première partie. Ce qui explique, du moins en partie, pourquoi Suzuki, Caufield et Slafkovsky ont terminé le deuxième match avec des visages longs et non avec le sourire comme jeudi.

Il est normal de blâmer Kapanen pour son revirement qui a ouvert la porte au but qui a privé le Canadien d’une avance rêvée de 2-0 dans la finale de l’Est. Il est normal de contester la présence de Kapanen sur la patinoire si tôt en prolongation.

Mais ça ne change rien au fait que les Canes méritaient la victoire bien plus que le Canadien.

« On a encore un gros défi devant nous. Mais en jouant comme on l’a fait ce soir, en nivelant la série, on peut vraiment mettre aux vidanges la première partie et se concentrer sur ce qui s’en vient », que Rod Brind’Amour a souligné après la victoire nécessaire de son équipe.

Dobes vs Andersen

Jakub Dobes a convenu après la défaite qu’il aurait pu réaliser un arrêt de plus pour aider la cause de son équipe. J’imagine qu’il faisait référence au deuxième but des Canes. Le premier de Nikolaj Ehlers, enfilé en fin de période médiane, pour donner une avance de 2-1 à son équipe.

Vrai que Dobes n’a pas bien paru sur ce but. Mais ses coéquipiers Lane Hutson et Cole Caufield ont plus mal paru que lui laissant Ehlers se faufiler entre eux avant de décocher un tir qui a surpris le gardien.

Dobes était en déséquilibre sur le premier but, mais il serait très sévère (trop) de le blâmer considérant le changement de trajectoire de la rondelle à quelques pieds devant lui.

Sur le but de la victoire, Nikolaj Ehlers a marqué le genre de but que les Hurricanes attendaient de lui après l’avoir attiré en Caroline l’été dernier.

Victime de trois buts sur 26 tirs, Dobes n’est donc pas responsable de la défaite du Canadien. Même que sans deux arrêts sensationnels devant Seth Jarvis et l’aide de ses poteaux, le match ne se serait jamais rendu en prolongation.

J’ajouterais que dans la défaite, Dobes a soulevé moins de doutes que ne l’a fait Frederik Andersen dans la victoire. Vrai! Il a coupé de cinq à deux, le nombre de buts accordés au Tricolore. Vrai aussi, qu’il a réalisé un ou deux arrêts solides, dont le plus important en fin de troisième devant Jake Evans.

Andersen est loin d’imposer sa présence devant son filet. Il est loin d’attiser la confiance, contrairement à Dobes.

Et s’il est vrai que la majorité des séries se gagnent ou se perdent devant le filet, l’issue du duel trois de cinq qui s’amorcera lundi, au Centre Bell, entre le Canadien et les Hurricanes pourrait totalement reposer sur les jambières des deux gardiens en présence.

Après deux matchs, les jambières de Jakub Dobes semblent plus solides et étanches que celles de Frederik Andersen.

Bon dimanche de Grand Prix!