MONTRÉAL – L’Extraliga n’était pas vraiment sur le radar de Daniel Audette.
Au terme de sa cinquième saison professionnelle en Europe le printemps dernier, sa troisième dans la Ligue nationale suisse, l’ancien espoir du Canadien de Montréal attendait les offres qu’on acheminerait à son agent.
« En Europe, tu peux te ramasser un peu n’importe où chaque année. Ce n’est pas que je me disais que je ne viendrais jamais ici, mais c’était un peu inattendu. »
Ici, c’est Kladno. Une municipalité située à une trentaine de kilomètres à l’ouest de la capitale tchèque, Prague.
Kladno, c’est également le lieu de naissance de la légende Jaromir Jagr, qui à 53 ans, défie le temps en jouant une 38e saison chez les professionnels en défendant le logo des Knights, l’autre fierté de la ville.
Le club a toutefois connu de meilleurs jours. Depuis son retour en première division tchèque lors de la saison 2021-2022, l’équipe aussi appelée Rytíři n’a pas accédé aux séries éliminatoires.
Pour mettre un frein à ses insuccès, l’organisation a fait appel à un autre visage bien connu en ville. En mars dernier, soit un peu plus d’un an après avoir accroché ses patins à titre de capitaine de l’équipe, l’ancien attaquant du Canadien Tomas Plekanec s’est vu offrir les fonctions de directeur sportif, l’équivalent de directeur général dans la LNH.
« Après ma carrière de joueur, j’ai continué à suivre les Knights et à croiser les doigts pour eux. J’aimerais voir notre équipe au sommet et je vais essayer d’aider le club à renouer avec le succès », disait l’ancien no 14 du Tricolore au moment de sa nomination.
Pour rebâtir, le nouvel architecte – qui donne également un coup de main derrière le banc – s’est d’abord tourné vers les joueurs étrangers, la majorité des vétérans tchèques étant déjà sous contrat pour la saison à venir. Une quinzaine de nouveaux ont ainsi été attirés à Kladno, notamment Audette.
« Il avait une belle offre pour moi. Il me parlait de comment il voulait remonter le programme le reconstruire et recommencer un peu à zéro avec les nouveaux propriétaires (Jagr a vendu la majorité de ses parts dans l’équipe en janvier dernier, NDLR). C’était une belle opportunité pour moi, une équipe qui me voulait vraiment. »
Audette, une sélection de 5e tour du Canadien en 2014 (147e) qui n’est pas parvenu à percer dans la LNH après cinq saisons dans la Ligue américaine, a ainsi renoué avec un Plekanec qu’il avait croisé ici et là lors de camps d’entraînement à Montréal.
« Il aimait mon coup de patin, ma capacité à créer des jeux pour mes coéquipiers à l’entour de moi. Je crois que c’est surtout pour cette facette de mon jeu qu’il m’a amené ici. »
Až do kuchyně! 😋 @RytiriKladno v přesilovce rozebrali obranu Brna 👊🏻#TELH | #momentytelh | #KLAKOM pic.twitter.com/Tc9N7SY8JN
— Tipsport extraliga (@telhcz) November 21, 2025
Audette s’est ainsi retrouvé sur le premier trio des Knights, pivoté par Tristan Robins, un ancien choix de 2e ronde des Sharks de San Jose qui arrive de la LAH, et complété par le Finlandais Niko Ojamaki.
« Ç’a été un début de saison assez lent pour l’équipe et pour moi personnellement. On n’a pas commencé comme on voulait, mais je pense qu’on a pogné un bon rythme sur notre ligne. Ça va de mieux en mieux. »
Avec 9 buts et 9 passes en 26 matchs, le petit attaquant de 5 pi 8 po est le deuxième meilleur pointeur de son équipe, qui ne figure pas pour l’instant dans le portrait des séries.
« C’est toujours un ajustement quand tu changes de ligue, mais [Audette] fait un bon travail. Il nous aide grandement offensivement », évalue l’un de ses trois coéquipiers québécois, Phil Pietroniro. « Il amène son expérience d’avoir joué dans plusieurs ligues. Il a un cerveau pour le hockey et il est très doué. »
Kanadský forvard 🇨🇦 Daniel Audette dvěma přesnými zásahy do sítě Matěje Machovského 🥅 rozhodl o tříbodovém zisku pro @RytiriKladno ! 🔥#TELH | #momentytelh | #extraliga pic.twitter.com/FGeaPRlKO3
— Tipsport extraliga (@telhcz) October 24, 2025
Lors des matchs locaux de son équipe, Audette doit notamment s’adapter à une patinoire aux dimensions nord-américaines après s’être produit sur les surfaces glacées plus grandes de la Liiga en Finlande, de la KHL, de la SHL en Suède et de la Ligue nationale suisse.
« C’est sûr que ça fait une petite différence, mais au moins, en zone offensive, tu es plus dangereux un peu de partout, relativise-t-il. Tu peux tirer d’un peu partout et tu es un peu plus proche du net que sur une glace olympique. »

En ce qui a trait au calibre de jeu, Audette dit se plaire dans ce que l’Extraliga a à offrir.
« Toutes les ligues sont vraiment similaires côté calibre, observe-t-il. Ce sont les styles de jeu qui sont différents. Ici, c’est quand même rapide, mais c’est un peu plus physique qu’en Suisse. »
« C’est du hockey qui est le fun à jouer », insiste-t-il. Cinq ans après son départ pour l’Europe, c’est tout ce qui compte.
« Je n’ai aucun regret. Je pensais peut-être revenir un jour, mais ma première saison a bien été et j’ai eu de belles opportunités en Suisse après. J’adore ça jouer ici. »
Son association avec le Canadien ne s’est peut-être pas conclu avec un séjour dans la LNH, mais on ne pourra jamais la lui enlever.
« Je ne peux pas avoir été plus chanceux. Un gars de Blainville qui a joué avec le Rocket de Laval et qui a joué des games hors-concours au Centre Bell. C’était cool. Pour vrai, c’était spécial. »
— Daniel Audette
Son père Donald étant toujours dépisteur professionnel au service du Tricolore, Audette garde un œil attentif sur les performances de l’équipe.
« C’est drôle, parce qu’en grandissant, je n’étais pas un gros fan des Canadiens. Mais depuis une couple d’années, je les suis beaucoup. Mon père est encore recruteur et je veux qu’ils fassent bien. »
Il n’est sûrement pas le seul à Kladno à penser ainsi.







