Hockey

La nouvelle vie de Justin Poirier

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Justin Poirier (Anthony DelMonaco)

La ville d’Orono abrite l’Université du Maine, une institution fondée en 1865. C’est à cet endroit qu’a décidé de poursuivre sa carrière de hockeyeur l’attaquant québécois Justin Poirier qui a passé les trois dernières saisons avec le Drakkar de Baie-Comeau.

Choix de 5e ronde des Hurricanes de la Caroline en 2024, Poirier a créé une commotion l’été dernier en devenant le premier joueur de moins de 20 ans de La Ligue junior Maritimes-Québec à se prévaloir de la nouvelle règle permettant aux joueurs juniors de joindre les rangs universitaires américains (NCAA). À ce jour, il est toujours le seul à l’avoir fait en provenance de la LHJMQ alors qu’en Ontario et dans l’Ouest on en compte plus d’une dizaine.

« C’est sûr que ce qui a fait le gros boom c’est que j’aie été le premier! La LHJMQ voit cela comme un état de choc. Dans l’Ouest, les Ritchie, McKenna, Lindstrom l’ont aussi fait. Quand tu as la vision que j’ai de devenir un joueur de hockey, pour moi, c’était la meilleure décision à prendre à 19 ans. Ça ne veut pas dire que ce le sera pour tout le monde, mais moi je n’ai aucun regret. »

Il s’agit quand même de toute une adaptation pour l’attaquant de 5 pieds 8 pouces qui a inscrit plus de 140 buts lors des trois dernières années (saisons et séries incluses) avec le Drakkar. « Je suis passé de “ vivre en pension avec une bonne famille à Baie-Comeau ” à “ habiter seul dans un appartement à Bangor, à 10 minutes du Campus et devoir préparer mes repas ”. Sur la glace, c’est un peu la même chose. Je suis une recrue et un des plus jeunes joueurs de l’équipe donc je dois prouver que je mérite mon temps de glace, que je mérite de jouer sur l’attaque massive et c’est ce que je fais depuis le début de la saison. »

Poirier fait ce qu’il sait faire de mieux au hockey avec les Black Bears du Maine, soit marquer des buts. Depuis le début de la saison, il a enfilé l’aiguille 9 fois en 10 matchs ce qui le place au 5e rang de tout le hockey universitaire américain, devançant notamment le choix de 1re ronde du Canadien Michael Hage à ce chapitre, de même que Gavin McKenna, qui est pressenti comme le 1er choix au total de l’encan 2026.

Toujours attaché au Drakkar, il suit les péripéties de son ancienne équipe qui tire le diable par la queue en ce premier tiers de saison. Il demeure notamment en contact avec l’entraîneur adjoint de la formation Patrice Bosch : « J’ai eu trois excellentes années à Baie-Comeau et j’ai à cœur cette équipe. J’apprécie que même si j’ai quitté le Drakkar que l’on continue à prendre de mes nouvelles. Je n’oublierai jamais les partisans de l’équipe qui m’avait adopté en portant notamment des perruques rousses en séries... », affirme le rouquin qui est devenu en 2023-2024, le premier joueur âgé de 17 ans à inscrire 50 buts dans la LHJMQ depuis Sidney Crosby.

Poirier rassure tout le monde qu’il n’a pas quitté le Drakkar parce qu’il n’aimait pas la ville ou l’organisation. Ce n’est pas non plus l’argent qui l’a convaincu de s’en aller au Maine même si le jeune homme de Valleyfield admet que c’est un bonus, (on chuchote un montant de 50 000 dollars). « La seule raison que je suis ici c’est pour le développement et faire en sorte qu’un jour, je puisse gagner ma vie avec le hockey! »

Parce qu’il évolue maintenant dans les rangs universitaires américains, les Hurricanes de la Caroline auront un peu plus de temps pour offrir un premier contrat à Poirier. S’il était demeuré avec le Drakkar, l’équipe de la LNH aurait dû prendre une décision avant le 1er juin 2026.

Sans mettre de pression outre mesure, la direction des Hurricanes souhaitait le voir à l’œuvre avec des joueurs plus vieux, question de savoir comment il était pour réagir. Jusqu’à présent, Poirier relève habilement le défi.

Quand on analysera les tenants et aboutissants de cette nouvelle règle NCAA/LCH dans 10 ou 15 ans, on se souviendra toujours que Poirier fut le premier à avoir sauté la clôture en provenance de la LHJMQ avant l’âge de 20 ans.