L'histoire du golf professionnel se mesure davantage par l'attribution de noms collés à des générations plutôt qu'à un simple calendrier.
Il y a eu l'ère Arnold Palmer, suivi de l'époque Jack Nicklaus. Puis un bref passage dominé par Greg Norman avant que Tiger Woods n'occupe l'avant-scène pendant un quart de siècle. Bien que hâtive dans ce cercle ultrasélect, l'arrivée de Scottie Scheffler offre une perspective différente et rafraichissante.
On est déjà à dresser une liste de statistiques et de records aussi pointus que loufoques pour comparer les styles de chacun afin d'établir qui aura le meilleur sur l'une ou l'autre de ces légendes.
Ce que l'on constate toutefois, au-delà des colonnes de chiffres et de statistiques, c'est la simplicité de son jeu et la qualité de ses coups depuis que Scheffler évolue sur le circuit PGA Tour en 2020. Sa progression et ses résultats sont fulgurants. De dire, un de ses principaux rivaux : « …ce doit être ennuyant de jouer de la sorte tant ses coups sont précis et ne semblent nécessiter aucun effort… »
Tiger Woods, à chacune de ses sorties, nous présentait quelques coups miraculeux qui lui permettaient éventuellement de se sortir d'impasses et de littéralement assommer ses adversaires au moment où ils pensaient enfin pouvoir le battre. Palmer et Nicklaus étaient également des rivaux redoutables. Leur simple présence bien souvent intimidait tous ceux qui aspiraient aux grands honneurs. Ils étaient ceux qui établissaient, alors, les standards de qualité.
Scottie Scheffler, tant par son approche au jeu que par sa stratégie et sa démarche nonchalante, donne une fausse impression de facilité. Il est d'une efficacité remarquable du tertre de départ jusqu'au vert. Sitôt une petite faute commise, il se remet à la tâche sans précipiter quoi que ce soit. Le mot panique ne semble pas faire partie de son vocabulaire. Et si par malheur pour les autres concurrents, il connait une bonne semaine sur les verts, aussi bien inscrire son nom sur le trophée dès les rondes d'entrainement.
Homme de famille et réservé, ses propos sont simples. Il accorde le mérite de ses succès au travail et à sa préparation à l'entrainement. Il est aussi pleinement conscient du rôle que jouent sa famille et les membres de son entourage dans cette aventure.
Il voulait en bas âge devenir un golfeur professionnel. Il a réussi à le devenir et il savoure pleinement chaque moment qu'il passe sur le terrain de golf.
Patience et calme sont pour lui des armes tout aussi importantes qu'un solide coup de départ ou un coup d'approche sur un vert compliqué.
Il n'y a pas chez lui une once d'arrogance et les scènes de célébration à la suite de sa victoire à l'Omnium britannique avec son épouse et son fils ont été des moments privilégiés pour les amateurs et téléspectateurs.
Comme quoi on peut à la fois être « The Champion Golfer of the Year » et l'homme le plus heureux qui soit, une rareté dans le sport professionnel où les égos sont souvent aussi élevés que les contrats accordés et où tristement on oublie régulièrement de JOUER à quelque chose.





