Suivez le Super Bowl LX entre les Seahawks et les Patriots, dimanche, dès 16 heures avec notre émission d’avant-match
Deux semaines, c’est très long pour préparer un match de NFL. C’est aussi très long pour réfléchir à la stratégie à adopter quand on est spectateur.
Dans un sport aussi complexe que le football, une confrontation un contre un a peu de chances de déterminer l’issue d’un match. Nous parlons plutôt des plumes sur une balance. Gagner ces affrontements crée de petits déséquilibres dans une direction. Le but n’est pas qu’un seul affrontement fasse gagner tout le match, mais plutôt que chaque affrontement puisse contribuer au résultat.
Voici trois confrontations qui pourraient avoir une incidence directe sur l’issue du Super Bowl LX entre les Seahawks de Seattle et les Patriots de la Nouvelle-Angleterre.
Christian Gonzalez (Demi de coin - Patriots) c. Jaxon Smith-Njigba (Receveur éloigné - Seahawks)
Le meilleur contre le meilleur.
Cette saison, la liste de demis de coin qui exécutent mieux que Christian Gonzalez est très, très courte. Selon les statistiques avancées, seulement trois joueurs de la même position ont fait mieux que Gonzalez.
Même chose pour Smith-Njigba, qui s’est invité dans la conversation comme meilleur receveur de passes de la NFL dans un groupe très sélect avec Puka Nacua, Ja’Marr Chase et Justin Jefferson.
En incluant les éliminatoires, Smith-Njigba a seulement connu deux matchs de moins de 70 verges de gain cette saison, et ce fut deux victoires dominantes des Seahawks où le jeu aérien n’a pas eu besoin d’être sollicité. Le dynamique receveur est un facteur dans tous les matchs où il foule le terrain.
Tout d’abord, il sera intéressant d’observer si Gonzalez suit Smith-Njigba peu importe où il s’aligne sur le terrain. Le receveur peut tout autant créer des dommages autant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Les Patriots peuvent également compter sur un autre demi de coin de qualité en Carlton Davis III. Avec son style plus physique, c’est peut-être lui qui tentera de ralentir Smith-Njigba s’il est utilisé à l’intérieur des traits hachurés. La Nouvelle-Angleterre a également l’option de placer un maraudeur pour ralentir le meilleur receveur des Seahawks avec de doubles couvertures.
Pour déjouer la stratégie défensive des Patriots contre leur receveur vedette, attendez-vous à voir Smith-Njigba souvent en mouvement dans ce match, et ce d’autant plus lors des premières séries.
Gonzalez ne peut pas à lui seul neutraliser Smith-Njigba, mais s’il parvient à tenir bon sur la ligne de mêlée, il peut forcer Darnold à prendre plus de temps avant de décocher ses passes et à cibler d’autres receveurs. Si tel est le cas, ce serait une victoire pour la défense des Patriots dans son ensemble.
Milton Williams (Plaqueur défensif - Patriots) c. Anthony Bradford (Garde - Seahawks)
La plus grande faiblesse de l’attaque des Seahawks est Bradford, le garde à droite. Au cours des deux matchs éliminatoires, Bradford a concédé un taux de pression impressionnant de 15,3 %, selon les statistiques NFL Next Gen. Les Rams ont notamment exploité Bradford avec des blitz, des feintes et des pressions en plein centre.
C’est particulièrement important contre les Patriots. Seuls deux joueurs de la NFL ont un taux de pression supérieur à 13 % lorsqu’ils attaquent le garde, et il se trouve qu’ils sont coéquipiers : Williams et Christian Barmore, le duo de plaqueurs des Patriots.
Plus que tout autre, ce duel a le pouvoir de complètement bouleverser le cours du match. Et cela vaut même au-delà de Bradford. Le centre Jalen Sundell et le garde à gauche de première année Grey Zabel ont tous deux très bien joué, mais il s’agit là du duo de plaqueurs le plus perturbateur de la ligue en matière de pression sur le passeur.
Avec un quart-arrière prompt aux revirements, il sera impératif pour Sam Darnold d’éviter de forcer le jeu. Si la pression arrive rapidement sur lui, il sera préférable de prendre un sac et la perte de terrain, plutôt de forcer un jeu qui pourrait produire un revirement coûteux.
À l’inverse, le plan de la ligne défensive des Patriots est simple : « nous avons déjà vu Darnold paniquer sous la pression, et nous pouvons le faire paniquer à nouveau. » Ils ont provoqué le pire match de la carrière de C.J. Stroud avec une approche similaire lors des éliminatoires. À la fois par des blitz et des pressions à quatre, les Patriots ont créé une pression précoce et ont profité d’un quart trop agressif qui s’efforçait de tenter de compléter des jeux risqués.
Iil sera difficile pour le coordonnateur offensif de Seattle, Klint Kubiak, d’élaborer un plan de jeu pour sortir Darnold des situations délicates. La clé est de minimiser les dégâts quand la pression va venir. Les passes ratées et même certains sacs pourraient s’avérer être des actions positives pour l’attaque des Seahawks dans un match comme celui-ci.
Les performances de Bradford et de ses comparses de la ligne offensive pourraient donc avoir un impact énorme sur l’issue du Super Bowl LX.
Josh McDaniels (Coordonnateur offensif - Patriots) c. Devon Witherspoon (Demi de coin - Seahawks)
Seulement deux demis de coin ont joué plus de 25% de leurs jeux sur la gauche, plus de 25% sur la droite et plus de 25% à l’intérieur. Devon Witherspoon est l’un d’eux.
C’est une chose d’avoir une polyvalence positionnelle. C’en est une autre d’être excellent partout sur le terrain. Passer de l’intérieur à l’extérieur est beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît à première vue. Les demis de coin employés à l’intérieur des traits hachurés doivent être des plaqueurs vraiment efficaces contre la course, et les demis de coin à l’extérieur doivent être capables de rester en couverture individuelle en profondeur contre les meilleurs receveurs de la ligue.
Alors, où McDaniels voudrait-il le voir sur le terrain? Witherspoon peut être exposé en couverture un contre un, surtout en profondeur, comme l’ont montré les Rams avec les 136 verges de gain aérien contre lui il y a deux semaines. Il n’est pas très grand et est très agressif, ce qui fait qu’il peut perdre son avantage en profondeur et avoir du mal à se reconnecter au point de réception.
Si les Patriots veulent le battre de vitesse en alignant DeMario Douglas comme troisième receveur, ils peuvent tenter quelques passes longues vers Witherspoon. Mais Douglas n’est clairement pas Puka Nacua ou Davante Adams. Même si la théorie est solide, Witherspoon pourrait bien l’emporter grâce à son seul talent.
Kayshon Boutte est peut-être une meilleure option. Plus de 30 % des réceptions de Boutte cette saison ont dépassé les 20 verges, ce qui le place en quatrième position parmi tous les receveurs. Il est le principal meneur de jeu de Maye en profondeur et possède un avantage de taille sur Witherspoon.
Witherspoon est un meneur de jeu, capable d’impacter une rencontre à plusieurs niveaux. Seattle veut qu’il soit aussi proche que possible du ballon et de l’action. Dans le monde idéal de McDaniels, il n’est jamais ciblé et les courses ou les écrans dans sa direction sont rares. La stratégie offensive contre les Seahawks commence avec le numéro 21.








