Cyclisme

Une nouvelle ère pour le cyclisme féminin canadien?

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Emma Bjerg (Danemark), Liane Lippert (Allemagne), Floortje Mackaij (Pays-Bas) et Simone Boilard (Canada). (Peter Dejong)

La résilience et la persévérance font souvent naître de beaux projets et Simone Boilard en a fait la démonstration au cours des dernières semaines.

Après deux ans sous les couleurs de la formation norvégienne Uno-X Mobility, la cycliste québécoise a appris que son contrat ne serait pas renouvelé pour 2026.

En discutant avec quelques compatriotes, Boilard s’est rendu compte qu’elle n’était pas la seule dans cette situation et c’est à ce moment qu’elle a entrepris des démarches afin de mettre sur pied ce qui pourrait s’avérer être un pont entre le Canada et l’Europe pour les cyclistes canadiennes.

Mardi, l’entreprise de Rivière-du-Loup Premier Tech a annoncé un partenariat avec l’équipe française St Michel-Preference Home-Auber93, avec laquelle s’alignera Boilard pour les deux prochaines années.

« C’est sûr que ç’a été pas mal difficile à accepter sur le coup, ça m’a attristée de devoir quitter une équipe que j’aimais bien », a admis la cycliste de 25 ans mercredi lors d’un entretien avec La Presse Canadienne depuis l’Arizona, où elle recommence tranquillement à s’entraîner en vue de la prochaine saison.

« Mais en même temps, c’est grâce à ça que j’ai essayé de changer les choses avec les contacts et les outils que j’avais autour de moi, a poursuivi Boilard. Je pense que c’est le début de quelque chose de beau pour le cyclisme féminin canadien. »

La Québécoise Clara Émond et l’Albertaine Alison Jackson, qui ont vu leur entente prendre fin avec EF Education-Oatly cette année, feront aussi partie de cette aventure avec St Michel-Preference Home-Auber93 et Premier Tech.

Les trois Canadiennes ont signé des ententes de deux ans, ce qui est très rare dans le monde du cyclisme où l’on vit au jour le jour.

« Cette opportunité s’aligne pleinement avec les raisons pour lesquelles Premier Tech s’engage dans le cyclisme depuis plus de 30 ans, soit de créer des ponts à tous les niveaux du sport et de contribuer au développement des cyclistes québécois et canadiens », a indiqué le président et chef de la direction de Premier Tech, Jean Bélanger, par voie de communiqué mardi.

Avec l’essor du cyclisme féminin canadien au cours des dernières années, cette alliance entre une entreprise de chez nous et une équipe européenne était naturelle, croit Boilard.

« Il n’y a jamais eu autant de femmes, c’est le plus grand bassin de cyclistes qu’on a eu dans notre histoire, a-t-elle indiqué. On a des Canadiennes qui participent aux plus grandes courses, on a une championne du monde (Magdeleine Vallières Mill), on a les Championnats du monde l’an prochain à Montréal, il faut profiter de cet engouement. »

« Jean (Bélanger) aurait pu facilement dire que ce n’était pas le bon ‘timing’ avec ce qui s’est passé chez les hommes (avec Israel-Premier Tech), mais il a plutôt décidé d’encourager le cyclisme féminin, a-t-elle ajouté. Cela démontre bien ses valeurs et celles de Premier Tech. »

« Et du côté d’Auber93, c’est gagnant d’avoir des coureuses qui sont de niveau et qui sont très motivées en vue des deux prochaines saisons, a analysé Boilard. C’est vraiment gagnant pour tout le monde. C’est un projet qui est appelé à grandir et c’est excitant d’en faire partie. »

Même si St Michel-Preference Home-Auber93 détient présentement une licence ProTeam (deuxième division), elle aura la chance de participer aux plus grandes courses du circuit WorldTour en 2026.

« On va participer au Tour de France, c’est certain, a dit Boilard. On devra sûrement choisir entre le Giro et la Vuelta, les décisions seront prises en décembre. Mais on va être là aux classiques ardennaises (Liège-Bastogne-Liège, Flèche Wallone, Amstel Gold Race) et à toutes les autres grandes courses d’une journée. »

Avec de belles performances, l’équipe pourrait passer au prochain niveau rapidement.

« À court ou moyen terme, c’est sûr qu’on aimerait faire le saut sur le WorldTour, a dévoilé Boilard. On a une bonne structure et du monde qui veut pousser dans la même direction. Je pense vraiment qu’on tient quelque chose. »