Formule 1

Les montagnes russes du succès

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Piastri s'impose en Belgique dans un doublé McLaren Faits saillants du Grand Prix de Belgique.

Comme dans bien d'autres facettes de la vie, la route vers le succès en Formule 1 n'est pas une ligne droite qu'on suit tel un long fleuve tranquille. Il y a des hauts et des bas, des célébrations et des moments de doute.

Le Grand Prix de Belgique a mis en lumière cette réalité avec deux pilotes qui sont à des points diamétralement opposés de leur carrière, mais qui doivent tous les deux composer avec des périodes difficiles malgré leur statut.

Retrouver ses lettres de noblesses

Vous l'aurez probablement deviné, le premier dont il est question est bien sûr Lewis Hamilton. Sept fois champion du monde, considéré comme l'un des plus grands pilotes de l'histoire de son sport, et pourtant, éliminé lors de la Q1 deux fois plutôt qu'une ce week-end, autant pour la course sprint que régulière.

D'ailleurs, Hamilton ne s'est pas caché après la séance de qualifications, jugeant sa performance jusqu'à ce moment « d'inacceptable ». Il avait alors été éliminé puisqu'il était sorti hors des limites du circuit lors de son tour le plus rapide.

« Je dois faire preuve d'introspection et présenter mes excuses à l'équipe, car il est inacceptable d'être éliminé en Q1, c'est une très, très mauvaise performance », avait-il affirmé devant le journaliste de Sky Sports.

La veille, c'est un dérapage lors de la qualification de la course sprint qui avait ruiné sa journée. À la dernière chicane, Hamilton a bloqué les roues arrières, ce qui a entraîné le dérapage.

Il faut dire que la Ferrari d'Hamilton comptait sur plusieurs évolutions cette fin de semaine. Une nouvelle suspension arrière, mais aussi de nouveaux freins. Quand vous n'avez qu'une seule séance d'essais libres pour vous habituer avant de devoir pousser la voiture à fond en qualifications, c'est le genre de choses qui peuvent arriver.

Sixième au classement des pilotes, cette première saison d'Hamilton avec Ferrari n'est certainement pas à la hauteur des attentes des partisans. Ce qu'on remarque surtout, c'est qu'il n'est toujours pas monté sur un podium d'une course régulière en 2025, contrairement à cinq podiums pour son coéquipier Charles Leclerc.

Sauf qu'Hamilton semble loin d'avoir baissé les bras sur son séjour avec Ferrari. Certes, ses yeux semblent tournés vers 2026, mais il a offert des propos très intéressants sur son travail en coulisses avec son équipe lors de la conférence de presse des pilotes, jeudi dernier.

Le Britannique a indiqué qu'il avait fait parvenir des documents à la direction de l'équipe, dont deux lors de la dernière pause de deux semaines avant le Grand Prix de Belgique. Un porte sur les changements que l'équipe devrait apporter à sa structure afin d'être plus efficace, et l'autre, sur la voiture, avec ses forces et ses faiblesses à travailler en vue de la prochaine saison.

Il a aussi rappelé que malgré le passage de pilotes champions du monde comme Fernando Alonso, Sebastian Vettel et Kimi Räikkönen (lors de son deuxième passage avec l'équipe), la Scuderia n'a pas remporté de championnat, ajoutant qu'il refusait que ce soit le cas pour lui également.

Dans cette optique, Hamilton dit vouloir « challenger » l'écurie à tous les niveaux, des ingénieurs à la direction, en passant par le marketing, afin d'optimiser le potentiel de l'écurie et d'éviter de répéter les mêmes erreurs.

Bref, c'est un pilote qui n'a pas baissé les bras et qui, en à croire ces propos, n'est pas chez Ferrari seulement pour faire acte de présence. Malgré son palmarès, il continue de mettre les efforts hors-piste pour amener Ferrari au niveau qu'il espère retrouver. Est-ce que ce sera suffisant, alors que toutes les écuries, sauf probablement McLaren, voient 2026 comme une opportunité? Ça, l'avenir nous le dira, mais entre-temps, on ne peut reprocher à Hamilton de ne pas faire ce qu'il faut pour y parvenir.

D'ici là, espérons que les évolutions de la fin de semaine dernière aident Hamilton à terminer la saison sur une meilleure note. Il a animé le spectacle dimanche en remontant de la 18e place à la septième position, réalisant plusieurs beaux dépassements en piste, dont trois en un seul tour sur une piste détrempée. De quoi terminer un week-end difficile sur une note plus positive.

Un prodige en apprentissage

Une autre image forte de cette fin de semaine à Spa-Francorchamps, c'était celle de Kimi Antonelli se présentant devant les journalistes après la séance de qualifications, les yeux humides et rougis par l'émotion.

Lui aussi venait d'être éliminé en Q1 pour une deuxième fois en autant de jours. Sauf qu'à 18 ans seulement, ce genre de difficultés peut vraiment venir affecter le moral d'un pilote.

L'Italien traverse une séquence ardue. Lors des sept dernières courses, Antonelli a abandonné quatre fois et a terminé hors du top-15 deux fois… ce qui laisse seulement un bon week-end à Montréal, alors qu'il avait amassé son premier podium en Formule 1.

C'est très loin de ce qu'il avait réussi à faire en début de saison, alors qu'il avait inscrit des points dans cinq de ses six premières épreuves en F1.

Une baisse de régime qui s'explique parfois par des circonstances hors de son contrôle, comme des bris mécaniques ou des incidents dont il n'était pas responsable (par exemple, lorsqu'Hadjar l'a percuté sous la pluie à Silverstone), mais aussi par des difficultés en qualifications.

Lors de ses sept dernières courses, Antonelli a fait Q3 seulement deux fois… contre cinq fois lors des six premières épreuves. Bref, la tendance de ses mauvais résultats le dimanche s'explique en grande partie par des résultats décevants le samedi.

« Je dois vraiment travailler sur mes qualifications. Quand je commence les courses plus à l'avant, c'est une histoire complètement différente. C'est particulièrement important pour Budapest, car les dépassements son plus difficiles » a-t-il admis aux médias après la course, dimanche.

Arriver en Formule 1 au sein d'une écurie de pointe, c'est un défi immense qui amène énormément de pression. Quand vous êtes perçus comme un prodige et que vous remplacez un certain Lewis Hamilton, c'est encore pire. C'est plus facile à dire qu'à faire à 18 ans, alors qu'on vient tout juste de terminer ses examens de fin d'année, mais Antonelli doit éviter d'être trop dur envers lui-même.

Déjà, il a accompli des exploits que personne n'avait réussi à accomplir avant lui en Formule 1. Son coéquipier George Russell aussi vit un petit creux de vague, alors qu'il n'a pu faire mieux que deux cinquièmes places et une dixième position depuis sa victoire à Montréal.

Antonelli est promis à de grandes choses, et ce n'est pas ce passage à vide qui viendra changer cela. Les jeunes pilotes passent tous par des périodes d'apprentissages, mais ces périodes sont encore plus sous les projecteurs lorsque vous êtes dans une écurie de pointe comme Mercedes ou Red Bull.

Parions que les vacances estivales l'aideront aussi à se libérer l'esprit et retrouver un peu de confiance. Entre-temps, il doit toutefois négocier avec le Grand Prix de Hongrie, le dernier avant la pause. RDS vous donne rendez-vous aux heures habituelles, soit à 9 h 30 samedi matin pour la séance de qualifications et 8 h 30 dimanche pour la course. Vous pourrez également suivre les séances d'essais libres en webdiffusion sur le RDS.ca.