Si le titre des constructeurs de McLaren est acquis depuis déjà un bon moment et n’a jamais été remis en question, la lutte pour la deuxième place fait toujours rage et s’annonce intéressante en vue des trois derniers week-ends de la saison. La preuve, c’est que lors de la dernière épreuve au Brésil, Ferrari a perdu deux rangs au championnat, passant de deuxième à quatrième en raison des abandons de Charles Leclerc et Lewis Hamilton. Alors, qui de Mercedes, Red Bull ou Ferrari mettra la main sur le titre de vice-champion des constructeurs?
La clé entre les mains du jeune poulain
Pendant que Ferrari connaissait une fin de semaine compliquée sur le circuit d’Interlagos, c’est Mercedes qui frappait un grand coup. Ainsi, l’écurie dirigée par Toto Wolff a maintenant une avance intéressante au deuxième rang avec 32 points de priorité sur Red Bull et 36 sur Ferrari.
Pour Mercedes, la clé vers cette deuxième position au classement se nomme Kimi Antonelli. Au Brésil, l’Italien a connu son meilleur week-end en Formule 1. Deuxième en qualifications et en courses, autant pour le sprint que pour la course régulière, le pilote de 19 ans a affiché à Sao Paulo une constance qu’il n’a pas toujours su conserver cette saison.
Son bon résultat ne tenait toutefois qu’à bien peu. Il a été chanceux de ne pas perdre de positions à la suite du contact avec Oscar Piastri et Charles Leclerc. Alors que Piastri recevait une pénalité et que Leclerc devait abandonner, Antonelli a pu poursuivre sa route sans réprimande (il aurait pourtant pu laisser plus d’espace à Piastri) et surtout, sans dommage sur sa voiture. Une autre preuve que la ligne entre la réussite et l’échec est souvent très mince en Formule 1.
Pour Antonelli, il s’agissait d’un deuxième podium cette saison après celui récolté à Montréal et seulement son troisième top-5 à ses 11 dernières courses. S’il peut se hisser dans le top-5 quelques fois lors des trois courses restantes, ce sera difficile de déloger Mercedes. Par contre, s’il glisse hors des points comme c’est arrivé cinq fois au cours de cette même séquence, alors ce sera plus difficile pour la marque à l’étoile.
Si je vous parle autant d’Antonelli, c’est parce qu’on sait ce que George Russell offrira d’ici la fin de la saison. Même s’il n’a pas terminé sur le podium lors des trois dernières courses, le Britannique demeure synonyme de constance. Maintenant avec son contrat en poche pour l’an prochain, il continuera de jouer son rôle de leader au sein de l’écurie. Il est la raison pour laquelle Mercedes se trouve dans cette position à l’approche du dernier programme triple de la saison.
Après un bon week-end au Brésil, Mercedes a toutes les raisons d’arriver à Las Vegas avec confiance. L’an dernier, les Flèches d’argent ont brillé sous les projecteurs de Vegas avec un doublé signé George Russell et Lewis Hamilton. Est-ce que les cartes tourneront encore une fois en faveur de Mercedes? Si tel est le cas, l’écurie arriverait assurément au Qatar avec la main la plus forte face à ses rivaux.
L’écurie d’un seul cheval
Je sais très bien que je n’ai pas besoin de vous convaincre du talent de Max Verstappen. Qu’il soit votre favori ou non est une chose, mais je pense qu’on peut tous s’entendre sur ses habiletés et son désir de vaincre.
Sa performance exceptionnelle au Brésil, alors qu’il a terminé troisième après avoir pris le départ de la ligne des puits et subi une crevaison dans les premiers tours, n’est qu’une autre preuve s’ajoutant à une liste déjà longue.
Mais encore plus impressionnant, c’est de voir que Red Bull est toujours dans la lutte pour le deuxième rang des constructeurs même si Verstappen est grosso modo le seul à inscrire des points pour l’écurie. Le quadruple champion du monde a inscrit 341 des 366 points de la formation de Laurent Mekies, laissant 25 petits points à Yuki Tsunoda… c’est 93% de la récolte de l’équipe qui se retrouve d’un seul côté du garage.
Au classement des pilotes, Verstappen est troisième et demeure toujours dans la course au titre, alors que Tsunoda est 17e, deux points derrière Esteban Ocon et quatre derrière Lance Stroll.
Bref, alors que Tsunoda est toujours à la recherche d’un top-5 cette saison, Verstappen a terminé sur le podium lors des sept dernières courses, amassant trois victoires au passage. On sait que Red Bull a continué de travailler sur la monoplace actuelle plus longtemps que ses rivaux. Ça garde à la fois Verstappen dans la course au titre des pilotes, et à la fois l’écurie pour celle du deuxième rang des constructeurs.
Bref, la clé pour Red Bull, c’est de miser sur sa plus grande force : Max Verstappen.
Tsunoda, lui, a encore trois courses pour convaincre Red Bull de le garder dans ses rangs en 2026. Aider l’équipe à atteindre l’objectif de la deuxième place devient primordial. Il semble tout indiqué que son volant ira à Isack Hadjar l’an prochain, mais Tsunoda pourra-t-il même garder une place chez Racing Bulls? Son avenir en Formule 1 semble incertain, et le temps commence à lui manquer.
Le cheval cabré à la recherche d’unité
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles le cheval peut se cabrer comme on le voit sur le logo de Ferrari depuis un centenaire. L’une d’elles, c’est un conflit ou un malentendu avec son cavalier.
Une image qui s’applique tellement bien à la sortie du président de Ferrari, John Elkann, envers ses pilotes au lendemain du Grand Prix du Brésil.
Elkann s’est cabré en invitant Charles Leclerc et Lewis Hamilton à « parler moins et se concentrer sur leur pilotage », ajoutant également que le titre de Ferrari acquis en Championnat du monde d’endurance démontrait ce que le constructeur italien pouvait accomplir lorsque l’équipe est unie.
Une pointe très peu subtile qui était dirigée aux deux pilotes… mais on imagine surtout vers Lewis Hamilton. Ce dernier a abandonné au Brésil après avoir endommagé sa voiture en raison d’un contact avec une Alpine. Pénalisé en plus pour son geste, le Britannique avait affirmé après la course vivre un « cauchemar » avec Ferrari en raison du manque de résultats positifs cette saison.
Bref, bonjour l’ambiance. Si on peut comprendre l’impatience du président après un double abandon et une chute de deux places au classement, il faut quand même faire attention de ne pas ajouter de l’huile sur le feu. Une invitation à l’unité peut vite devenir une façon de diviser.
Surtout que le commentaire parait sévère. Hamilton n’a pas dit que c’était d’être avec Ferrari qui était un cauchemar, au contraire, il a réitéré sa fierté de faire partie de la prestigieuse écurie. Ce qu’il a dit, c’est que le fait de ne pas obtenir les résultats qu’il espérait cette saison était un cauchemar.
Est-ce que le septuple champion peut faire mieux? Bien sûr. Les sept podiums de Charles Leclerc cette saison, alors qu’Hamilton est toujours à la recherche de son premier avec Ferrari, laissent peu de place à l’interprétation.
Par contre, mettre tous les déboires de Ferrari sur le dos des pilotes me semble bien injuste. Pour lutter pour des victoires et des championnats, la voiture devra être plus performante, tout simplement.
Alors, est-ce que cette sortie du président agira comme un réveil pour aller reprendre le deuxième rang, et viendra-t-elle plutôt affecter le moral des troupes avant le dernier droit de la saison?
C’est dans les rues de Las Vegas qu’on aura un début de réponse. RDS vous présentera la séance de qualifications vendredi soir (oui, vendredi!) à 22 heures 30. Pour la course, rendez-vous à la même heure samedi soir.






