L’année 2025 aura été haute en couleur dans le monde de la Formule 1. Un nouveau champion du monde, une lutte à trois pilotes jusqu’au dernier Grand Prix de la saison, de nouveaux visages sur les podiums, et aussi, plusieurs évènements hors-pistes qui ont fait rayonner la Formule 1 un peu partout sur la planète.
En cette période des fêtes, je vous présente mes cinq évènements marquants de la dernière année. J’insiste que le but de l’exercice n’était pas de dresser une liste totalement objective, mais bien d’y aller selon mon ressenti et mon expérience. C’est donc tout à fait normal si, pour vous, votre top-5 est bien différent.
1— Le championnat des pilotes de Lando Norris
À tout seigneur, tout honneur, impossible de ne pas commencer par le titre des pilotes acquis par Lando Norris.
Tout d’abord, parce qu’il a été acquis dans une véritable lutte à trois pilotes jusqu’à la fin de la saison, ce qui n’avait pas été vu depuis 2010. Autant Norris qu’Oscar Piastri et Max Verstappen ont eu des hauts et des bas. À la fin, Norris n’aura pas été parfait, il a fait des erreurs, son équipe aussi, mais le pilote britannique s’est montré résilient.
Pour un pilote dont on doutait de sa force mentale, ce sont dans les moments les plus importants de la saison qu’il a brillé. Que ce soit lors du prestigieux Grand Prix de Monaco, de son Grand Prix à domicile à Silverstone ou en fin de saison alors que la pression s’intensifiait, Norris a su augmenter son niveau quand il en avait le plus besoin.
Son premier titre de champion permet à McLaren de remporter la couronne chez les pilotes pour la première fois depuis 2008. Ce sacre vient aussi récompenser la loyauté que Norris et McLaren ont eue l’un envers l’autre. Norris est arrivé au sein de l’écurie britannique alors que McLaren traversait une période sombre et tentait tant bien que mal de revenir en milieu de peloton.
Quand l’intérêt des autres écuries se faisait sentir, Norris a décidé de s’entendre à long terme avec McLaren. Alors que plusieurs (dont moi!) doutaient qu’il puisse devenir champion en portant l’uniforme papaye, il était persuadé que c’est avec sa famille sportive qu’il allait y parvenir.
Avoir l’opportunité de porter le numéro 1 sur sa voiture est donc grandement méritée, autant pour lui que pour McLaren.
2— La remontée de Max Verstappen au Brésil
On dirait que chaque année, Max Verstappen trouve le moyen de nous épater lorsqu’il arrive au Grand Prix du Brésil. En 2024, il avait mis un terme aux espoirs de Lando Norris et McLaren en remportant le Grand Prix de Sao Paulo par une vingtaine de secondes après avoir pris le départ de la 17e place.
Cette année, le défi était encore plus grand, puisqu’il a dû s’élancer de la ligne des puits. Surtout, cette fois-ci, il avait besoin d’un bon résultat pour continuer de s’approcher des McLaren et rester dans la lutte au titre.
Malgré ce départ en fond de peloton et une crevaison dans les premiers tours, Verstappen est parvenu à terminer au troisième rang, un podium aussi mérité qu’important.
En fait, ce Grand Prix représente bien la saison de celui qui avait remporté les quatre titres des pilotes entre 2021 et 2024. Même lorsqu’il semblait battu et que les chances n’étaient plus de son côté, Verstappen a continué de se battre jusqu’à la fin. C’est justement alors qu’il n’avait plus rien à perdre que le Néerlandais a été le plus redoutable. Répétant souvent en milieu de saison qu’il ne pensait plus au titre, il a terminé la saison avec 10 podiums de suite, dont six victoires, se classant finalement deuxième à deux petits points de Norris.
Avec une voiture, et une équipe, qui se cherchait en 2025, Verstappen a peut-être perdu le numéro 1, mais il aura encore une fois démontré l’étendue de son talent hors-norme.
3— Le podium de Nico Hulkenberg
On n’y croyait plus à ce podium tellement il était devenu utopique. Nico Hulkenberg avait commencé sa carrière en Formule 1 en 2010. Au volant d’une modeste Williams, il s’était dévoilé dans des conditions humides lors de la séance de qualifications du Grand Prix du Brésil. La recrue obtenait alors une impressionnante position de tête, et l’avenir semblait des plus prometteurs pour l’Allemand.
Quinze ans et 238 épreuves plus tard, Hulkenberg n’avait toujours pas goûté au champagne en F1. Il y avait eu des opportunités, comme ce Grand Prix d’Allemagne en 2019, lors duquel il avait finalement envoyé sa Renault dans le mur. Hulk n’a jamais pu profiter d’une voiture de pointe, c’est vrai, mais il s’est souvent retrouvé avec des équipes capables de tirer leur épingle du jeu en milieu de peloton.
C’est pourquoi ce podium avait des airs de mirage en début de saison à son arrivée avec Sauber. L’écurie avait terminé au dernier rang en 2024 avec une récolte de quatre points seulement. En attente de l’arrivée de Audi, disons que les espoirs étaient plutôt de voir Sauber grappiller quelques points en 2025, et non de monter sur un podium.
Sauf que comme en 2010, des conditions de pistes détrempées ont permis à Hulkenberg de se débarrasser de l’étiquette du pilote avec le plus de départs sans podium. À Silverstone du surcroit, le berceau de la Formule 1. À 37 ans lors de cette fin de semaine de juillet, Hulkenberg vivait le grand soulagement, et les partisans qui ont vécu plusieurs déceptions avec lui au cours des années ont pu célébrer ce moment, soulignant sur les réseaux sociaux sa grande persévérance.
Et comment passer sous silence le geste de Mercedes et Red Bull, notamment, qui se sont assuré d’aller remettre du champagne aux membres de Sauber, puisque l’écurie n’avait pas l’habitude d’en avoir avec elle? Sauber (ou Alfa Romeo) n’était pas monté sur le podium depuis que Kamui Kobayashi avait réussi l’exploit chez lui, au Japon, en 2012.
Définitivement la « feel good story » de 2025.
4— La victoire de Lewis Hamilton lors du sprint en Chine
Ne vous inquiétez pas, je ne tenterai pas de vous convaincre qu’une victoire en course sprint revêt une importance particulière, et encore moins de vous dire que la première saison de Lewis Hamilton avec Ferrari était un grand succès.
Bien au contraire.
Et c’est justement pour cette raison que je m’accroche à cette victoire, qui agit comme un phare tentant d’illuminer une saison trop sombre.
C’était l’histoire du début de saison. Un transfert qui avait secoué le monde du sport automobile lorsqu’il avait été annoncé, le 1er février 2024.
On pouvait avoir des doutes, mais je crois que personne ne s’attendait à une saison aussi difficile, une première sans podium dans la carrière du septuple champion.
Voir une légende du sport aussi perdue, déboussolée, découragée et démotivée était difficile à regarder. Un des plus grands champions qui suggère que son équipe devrait changer de pilote après une séance de qualifications difficile en Hongrie, et qui avoue lui-même que son plus grand rêve virait au cauchemar…
Hamilton a indiqué qu’il avait pris des pages et pages de notes, plus que jamais auparavant, pour indiquer à l’écurie ce qu’elle doit améliorer pour l’an prochain.
Sauf qu’en fin de saison, il émettait des doutes, ajoutant que seul le temps allait démontrer si Ferrari allait l’écouter ou non.
Les attentes seront encore une fois élevées chez la Scuderia en 2026, en particulier chez Hamilton. Est-ce que le changement de règlementation lui permettra de retrouver le succès d’antan? Ou au contraire, est-ce qu’ils représenteront plutôt le début de la fin pour un des meilleurs que ce sport a connu?
Il faudra encore attendre pour le savoir.
En attendant, on peut s’accrocher à cette image d’un Lewis Hamilton victorieux dans une combinaison rouge sur le circuit de Shanghai…
5— Le succès du Grand Prix du Canada
Allez, je vous disais que c’était mon top-5 personnel, et je me permets d’être chauvin. Après une édition 2024 ou les ratés avaient pris le dessus sur les bons coups, le Grand Prix à Montréal était sous la loupe en 2025.
Avec de nouveaux dirigeants en Jean-Philippe Paradis et Sandrine Garneau, on a senti que le nouveau duo voulait réénergiser et moderniser le Grand Prix. Un chantier qui n’est pas terminé, au contraire, mais dont la première édition a permis d’ériger une bonne fondation.
Dans les paddocks, tout le monde semblait apprécier et reconnaitre les efforts qui ont été faits…et l’annonce du prolongement de l’entente avec la F1 jusqu’en 2035 le confirme.
Mais une hirondelle ne fait pas le printemps, l’organisation voudra continuer d’améliorer l’expérience client au fil des prochaines années afin que l’épreuve montréalaise devienne un incontournable du calendrier, comme l’affirmait le président d’Octane, Jean-Philippe Paradis. Et c’est justement au printemps qu’il faudra maintenant y parvenir, le grand prix étant devancé en mai à partir de 2026.
En piste, on a eu droit à un bon spectacle, avec notamment le contact dans les derniers tours entre les deux pilotes McLaren.
On a aussi pu voir George Russell l’emporter, lui qui connaît beaucoup de succès sur l’Île Notre-Dame. Son coéquipier Kimi Antonelli a aussi fait sa place sous les projecteurs en amassant le premier podium de sa jeune carrière, un moment qui a sa place parmi les plus beaux de 2025.
Finalement, je voulais aussi souligner l’arrivée à Montréal de la F1 Academy. Entendre les histoires de ces jeunes femmes qui rêvent, comme leurs homologues masculins, de sport automobile était rafraichissant. Elles ont donné un bon spectacle en piste, mais surtout, elles rappellent à tous que le sport automobile est pour tout le monde. À Montréal, elles ont pu évoluer devant leur plus grosse foule de la saison, et elles n’ont pas manqué de saluer l’appui de la foule au Circuit Gilles-Villeneuve. Elles seront d’ailleurs de retour dans la métropole au moins jusqu’en 2028.
Quelques mentions spéciales
Pour terminer, voici en rafales d’autres mentions honorables qui ont retenu mon attention.
- Le 1er podium d’Isack Hadjar en Formule 1 aux Pays-Bas
- Le 1er podium de Carlos Sainz avec Williams (et la belle histoire entourant Sparkles, la licorne qu’il arborait sur son casque)
- La course de voitures Lego à Miami
- Le dévoilement des écuries lors d’une soirée spéciale au O2 de Londres.
- Le lancement du Film F1 à New York
Il ne me reste maintenant plus qu’à vous souhaiter à tous et à toutes un joyeux temps des fêtes, et à vous remercier de suivre la Formule 1 sur nos ondes et sur le RDS.ca. On se revoit pour une saison qui s’annonce imprévisible en 2026!





