Boxe

Un tournant majeur en 2026

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COLLABORATION SPÉCIALE

D’ici la fin 2025, il va y avoir beaucoup de combats de boxe intéressants malgré l’absence des vedettes les plus populaires, mais pour ne rien manquer, ça sera relativement dispendieux.

En fait, je parle de l’absence des vedettes, mais à vrai dire, qui sont actuellement les boxeurs ayant un rayonnement global qu’on peut identifier comme vedettes internationales de boxe depuis la défaite de Saúl « Canelo » Álvarez?

Le Mexicain pouvait vendre des stades remplis de partisans inconditionnels et effectuer des ventes millionnaires à la télévision à la carte, tout comme avant lui les Floyd Mayweather fils, Manny Pacquiao, Oscar De La Hoya, Sugar Ray Leonard, Mike Tyson, Muhammad Ali et j’en passe.

En fait, il y a eu de grandes vedettes internationalement populaires, sans intermission, depuis les années 1960 jusqu’à « Canelo ». Qui peut maintenant prétendre prendre la relève?

Naoya Inoue, il est exceptionnellement bon, mais il a déjà 32 ans. Cependant, sauf peut-être au Japon, il n’y a pas de culte derrière lui.

Le tombeur de « Canelo », Terrence Crawford? Il est bon l’Américain, aussi bon que tous les grands de l’histoire, mais populaire? Il a déjà 38 ans et avec seulement 5 combats depuis 5 ans, il n’a pas eu le temps de bâtir une aura magique autour de lui.

Le champion incontesté des lourds Oleksandr Usyk? Il est considéré l’un des meilleurs lourds de l’histoire, mais il n’a boxé que deux fois en Amérique, en sous carte de Vaksiliy Lomachenko en 2017 et de Bernard Hopkins en 2016. Il a remporté six combats de championnat du monde pour consolider son emprise comme « The Badest Man on Earth ». En revanche, sauf contre Daniel Dubois en Pologne, il n’était pas le favori de la foule les cinq autres fois. Anthony Joshua à deux reprises, Tyson Fury deux fois également, créaient plus d’effervescence que lui.

Contre Dubois à son dernier combat, même si l’Ukrainien lui avait déjà passé le K.-O. en neuf rounds, deux ans plus tôt, c’est le Britannique qui a attiré la majorité des 90 000 spectateurs au Stade Wembley de Londres.

Shakur Stevenson, Dmitrii Bivol, David Benavidez, Jaron Ennis et Vergil Ortiz fils sont tous de grands champions, mais personne n’a atteint le niveau de célébrités internationales dépassant les cadres du sport.

Il est évident que la boxe souffre de plus en plus de manque de visibilité et les événements sont plus souvent confinés dans des niches accessibles aux érudits seulement.

Le boxeur le plus populaire sur la planète présentement n’est pas un champion, et il ne le deviendra probablement jamais, c’est Jake Paul au grand dam des puristes de la boxe. Il a réussi à trouver le narratif qui intéresse le public en général. C’est ce qui a convaincu le diffuseur numérique qui a la plus grande portée mondiale, Netflix, de présenter ses combats à ses abonnés qui sont inéluctablement au rendez-vous à chaque présentation.

C’est par les succès de Paul que Netflix s’est investi dans les combats d’Amanda Serrano contre Katie Taylor et même dans celui de « Canelo » contre Crawford.

Comme je le mentionnais au début de cette chronique, il va y avoir de la belle boxe pour ces deux derniers mois de l’année, mais le combat le plus regardé sera celui de Paul contre Gervonta Davis du Kaseya Center de Miami, présenté par Netflix.

Dans toute sa carrière, Davis n’a jamais combattu au-dessus de 140 livres. La limite de ce duel est fixée à 195. Je suis d’accord avec vous, ça n’a pas de sens du point de vue boxe, en fait ce n’est pas un vrai combat, mais bien considéré une exhibition. Le succès de l’aventure se situe du côté de l’inédit, de l’intrigue, et spectacle. Les dirigeants de Netflix sont convaincus que ça va plaire à leurs nombreux clients et ils n’ont pas tort.

En contrepartie, DAZN, qui est devenu le principal diffuseur de boxe internationale, va présenter pas moins de 12 galas de boxe entre le 25 octobre et le 3 janvier, de quoi satisfaire les téléspectateurs les plus insatiables et les plus assidus.

DAZN est un diffuseur numérique, spécialisé en sports, par abonnements. Lors d’événements de boxe, on ne se contente pas de présenter les combats de boxe comme tel, on raconte l’histoire des antagonistes dans de courts documentaires, on suit les conférences de presse, les pesées médiatiques, des entrevues de fonds et des émissions d’analyse avec des experts sont produites. Quand les combats arrivent, on connait tout à propos des pugilistes et de leur entourage.

La couverture est complète, on peut même y retrouver les anciens combats des combattants dans la bibliothèque aussi impressionnante qu’exhaustive.

Cependant, ce service a un prix. Le coût d’un abonnement est de 29,99 $ par mois ou bien un forfait de 224,99 $ par année.

Avec ce forfait, d’ici le 3 décembre, on aura accès à 7 des 12 événements dont les principaux combats en vedettes seront : le 1 novembre Joshua Buatsi c. Zach Parker de Manchester, en Grande-Bretagne, le 8 novembre Vergil Ortiz fils c. Erickson Lubin de Fort Worth au Texas, le 29 novembre Ben Whitaker c. Benjamin Gavasi de Londres, en Angleterre, le 13 décembre Diego Pacheco c. Kevin Lele Sadjo de Stockton, en Californie, et le 3 janvier Amanda Serrano c. Erika Cruz de San Juan, Porto Rico.

Cependant, pour les cinq autres événements, les plus importants, il faudra dépenser un autre 59,99 $ par événement pour avoir le privilège de regarder : demain le 25 octobre Joe Parker c. Fabio Wardley de Londres, en Angleterre, le 15 novembre Chris Eubank c. Conor Benn, également dans la capitale anglaise, le 22 novembre David Benavidez c. Anthony Yarde de Riyad, en Arabie saoudite, le 13 novembre Dereck Chisora c. Dillian Whyte III, en Grande Bretagne, ou encore le 27 décembre Naoya Inoue c. David Picasso, de retour dans la principale ville saoudienne.

Je n’oublie pas dans le lot, le brillant tournoi WBC Grand Prix, à Riyad, qui arrive à sa conclusion en présentant ses 4 finales dont chez les poids moyens Derek Pomerleau, du Québec, contre Dylan Biggs, d’Australie. Il y a cependant un hic, en ce moment, personne ne sait avec certitude quand seront présentés ces finales, ni le WBC ni les boxeurs participants.

Originalement prévus pour le 20 décembre, son excellence Turki Alalshikh hésite à soit présenter ces quatre finales à Riyad à la date originale ou bien jumeler ces affrontements au grand gala du 27 décembre, toujours à Riyad, mettant en grande vedette les Japonais Naoya Inoue et Junto Nakatani en combats séparés.

Si c’est le 27 décembre, on ne sait pas non plus si ces combats seront disponibles gratuitement en préliminaire ou bien s’il faudra débourser 59,99 $ et avoir accès à tous les combats de la soirée.

Alors, d’ici le 3 janvier, si vous êtes un fan fini de boxe qui ne veut rien manquer, en plus de l’abonnement annuel de 224,99 $ il faudra débourser la somme additionnelle de 59,99 $ x 5 pour un total de près de 300 $.

Je ne dis pas que c’est trop dispendieux, ça dépend de tes ressources et ton intérêt. Le tout n’est pas plus dispendieux qu’un billet de spectacle, de catégorie moyenne au Centre Bell. L’intérêt pour chacun de ces événements de la télé à la carte va varier d’une région du monde à une autre.

La carte d’Inoue sera certainement populaire au Japon, Parker a un public fidèle en Nouvelle-Zélande et en Australie, Benavidez va créer des remous aux États-Unis et au Mexique, Eubank et Benn va faire un carton en Grande-Bretagne.

Le problème majeur est que ce système, en vase clos, ne touche que les érudits actuels de la boxe, mais est totalement ignoré par le public en général.

Je me souviens de mes premiers combats à la télévision, c’était sur les grandes chaines américaines ABC, CBC ou NBC après la période où il fallait s’installer dans des arénas pour regarder, sur écran géants, les combats de Muhammad Ali, Marvin Hagler, Sugar Ray Leonard, Roberto Duran ou Tommy Hearns.

Les images n’étaient pas très nettes, le son encore moins, provenant d’une technique incertaine, mais on se faisait de belles soirées entre amis.

La situation actuelle pourrait sembler alarmante pour l’avenir populaire de la boxe professionnelle, mais je vois beaucoup d’espoir à l’horizon et de nombreux facteurs qui pourraient raffermir sa position.

L’arrivée de Zuffa de Dana White crée beaucoup de remous au sein de l’establishment de la boxe professionnelle américaine. On s’insurge parce que cette organisation veut faire changer des règles du Muhammad Ali Act qui lui empêche de créer sa propre ligue indépendante des associations mondiales établies comme le WBC, la WBA, l’IBF et la WBO et présenter ses propres classements ainsi que ses championnats, comme l’UFC peut le faire.

On affirme que cette loi américaine permet une protection accrue aux boxeurs et que la changer ouvrirait la porte à des abus majeurs à l’encontre des boxeurs. On se souvient qu’elle avait été instituée comme contrepoids aux excès et tromperies de Don King, plus particulièrement.

Les Oscar De La Hoya, Eddie Hearn et Bob Arum mènent des campagnes contre Zuffa et Dana White pour tenter d’empêcher qu’on touche au Muhammad Ali Act.

Il faut quand même mettre un bémol à leur revendications et prétentions. À noter que cette loi n’a d’effets qu’aux États-Unis seulement et nulle part ailleurs dans le monde et c’est en terre américaine que la boxe a subi une baisse majeure de popularité.

Zuffa prévoit engager de 400 à 450 nouveaux boxeurs, organiser au minimum un gala par mois et présenter le tout sur la plateforme numérique de Paramount, une nouvelle venue dans l’écosystème de la boxe.

J’y reviendrai dans un article plus détaillé un peu plus tard, mais il me semble que les boxeurs et la boxe professionnelle seront plus populaires et l’intérêt général décuplé avec cette initiative.

Je sais que Most Valuable Promotions de Nakisa Bidarian et Jake Paul visent le même type d’environnement pour créer une ligue féminine qui aura ses classements et ses championnats. Un amendement de la loi américaine leur permettra d’aller de l’avant.

Un autre indicateur important de la progression populaire de la boxe passe par Bob Arun et Top Rank. On sait que ce promoteur n’a plus de diffuseur depuis la fin de son association de huit ans avec ESPN. Mais j’ai énormément confiance en cette prestigieuse organisation et je crois Arum quand il dit qu’il est sur le point de s’entendre avec une autre plateforme pour une quarantaine d’événements diffusés par année.

Enfin, l’aventure de Turki Alalshikh en boxe se précise d’avantage et on sait maintenant que ce n’est pas un caprice passager, mais une entreprise sérieuse qui a l’intention de créer des bouleversements internationaux majeurs en boxe professionnelle.

On connait maintenant les événements des « Saisons Riyad », les événements de « Ring Magazine », ainsi que l’investissement de 50 millions pour cinq ans dans Zuffa et sa nouvelle ligue de boxe.

On se souvient au début de mai dernier que le fonds saoudien a financé un événement spécial en plein milieu de Time Square à coup de dizaine de millions. Eh bien, ce n’était qu’un début parce que son excellence a déjà mis sur pied une organisation qui va présenter, en 2026, pas moins de six grands événements du type Time Square, dans six grandes villes américaines dont le célèbre rocher d’Alcatraz à San Francisco.

Ce événements vont marquer l’imagination et vont rejoindre beaucoup de monde.

Il faut également ajouter que Netflix aime de plus en plus la boxe professionnelle et prévoit, à court terme, présenter des événements réguliers. De quoi nous faire oublier les belles années de HBO.

Alors, si je reconnais que la boxe est probablement à son plus bas historique côté popularité, il y a toutefois des indicateurs importants qui nous montre que les choses vont changer et que 2026 sera un tournant majeur dans la bonne direction.

Coté vedettes et célébrités, je suis confiant qu’il y a déjà des boxeurs dans le système qui seront développés par les Turki Alalshikh, Eddie Hearn, Bob Arum, Oscar De La Hoya, Zuffa Boxing, MVP et l’ensemble des nombreux promoteurs actifs un peu partout dans le monde.

Alors entre temps, il y a de l’excellente boxe à compter de demain du côté international tout comme au Québec, des Casinos de Montréal et de Lac Leamy, qui implique des boxeurs de grand talent et qui promettent des soirées aussi excitantes que divertissantes.