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Les vieux comptes à régler de Pacquiao

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Le monde de la musique l’a saisi depuis longtemps : la nostalgie est un puissant fédérateur.

Depuis le début du présent siècle, quantité de groupes d’une autre époque se sont réunis pour des tournées mondiales sans forcément avoir de nouveaux projets artistiques à offrir.

Les plus romantiques diront que c’est une chance inouïe pour les plus jeunes générations de voir en chair et en os des idoles du passé, alors que les plus réalistes répliqueront que c’est la définition parfaite de l’exploitation de la nostalgie à des fins purement mercantiles.

La boxe avait jusqu’à encore très récemment échappé à cette tendance, se tournant plutôt vers des combats qui pourraient être qualifiés d’exotiques. Des duels opposant un pugiliste d’expérience à un combattant d’arts martiaux mixtes ou encore à un fantasque youtubeur.

Mais à l’image de l’industrie de la musique au tournant du millénaire, celle de la boxe a considérablement changé et c’est tout naturellement vers la nostalgie que les nouveaux bonzes se sont finalement tournés pour rentabiliser les investissements colossaux réalisés.

Ainsi, après avoir présenté l’affrontement entre Jake Paul ainsi que Mike Tyson et sorti Tyson Fury pour une soixante-septième fois de la retraite, Netflix puisera à fond dans les parfums du passé en diffusant un choc réunissant, pour une deuxième fois, deux légendes vivantes.

À respectivement 47 et 49 ans, Manny Pacquiao et Floyd Mayweather fils en viendront aux coups le 19 septembre prochain à Las Vegas, plus de 11 ans après que « Money » l’eut emporté par décision unanime des juges, au terme d’un choc qui en avait déçu plus d’un.

Si plusieurs médias spécialisés ont déjà évoqué les importants problèmes financiers de Mayweather pour justifier son retour, les motivations de Pacquiao sont tout autre. Il n’a toujours pas digéré sa défaite à ce jour et il a un vieux compte à régler avec son éternel rival.

« Pendant mon combat avec Floyd, il y a eu beaucoup de distractions, a rappelé Pacquiao au cours d’un entretien par visioconférence avec RDS.ca lundi. Je n’étais pas concentré à cent pour cent sur le duel à cause de ma condition physique. J’étais blessé à une épaule. »

« Cela dit, j’ai énormément appris lors du premier combat. J’ai l’intention de corriger plusieurs des erreurs que j’ai commises, a-t-il continué. J’ai vraiment l’intention d’être au sommet de ma forme. Je veux prouver que je suis capable de livrer un excellent combat. »

Comme n’importe quel grand champion – il a détenu des titres dans huit catégories différentes – Pacquiao se voyait mal mettre un trait définitif sur sa carrière avec un résultat en dents de scie. Car après s’être retiré sur une défaite contre Yordenis Ugás en août 2021, il était revenu aux affaires en juillet 2025, mais avait dû se contenter d’un décevant verdict nul majoritaire face à Mario Barrios, même si plusieurs observateurs le voyaient vainqueur.

« Ma préparation n’avait vraiment pas été idéale. Je ne m’étais entraîné que pendant deux mois après l’élection sénatoriale, a-t-il expliqué. Après quatre ans d’absence, j’avais de la difficulté à retrouver mon rythme. C’était plutôt difficile de s’imposer avec si peu de temps.

« J’avais commencé mon camp d’entraînement beaucoup trop tard en raison des élections aux Philippines. Malgré tout, je reste toujours convaincu d’avoir gagné cet affrontement. »

Évidemment, ce combat contre Mayweather et les sacrifices que la préparation exige ne sont pas un acte désintéressé. Contrairement à une époque pas si lointaine où les boxeurs devaient multiplier les apparitions pour espérer vendre des événements à la télévision à la carte, ils n’ont qu’à publier une courte vidéo ici et là pour rejoindre une horde de partisans.

Et il s’agit probablement là de la grande motivation des Fury, Pacquiao et autres. Rejoindre 300 millions d’amateurs un soir donné et espérer qu’une importante part d’entre eux les suivent par la suite dans leurs projets qui n’ont parfois absolument rien à voir avec la boxe.

En novembre ou décembre au Québec?

En plus d’être boxeur, Pacquiao est promoteur et organise des événements, principalement aux Philippines, mais également aux États-Unis et il lorgne maintenant du côté du Canada.

Le président de Manny Pacquiao Promotions, Jas Mathur, a d’ailleurs mentionné à RDS.ca lundi que son groupe prévoit organiser un gala en novembre ou décembre au Québec – des pourparlers « avec certains casinos » seraient en cours – en collaboration avec Jean Pascal.

À noter que le neveu de Pascal, Brandon Poulard, a disputé son troisième combat chez les professionnels en sous-carte d’un événement de Manny Pacquiao Promotions qui était présenté samedi soir dernier à Verona dans l’État de New York. Mathur a grandi à Montréal et a souvent côtoyé plusieurs des figures marquantes des sports de combat au Québec.