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Le courage de Leïla Beaudoin ne suffit pas

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Leïla Beaudoin et Alycia Baumgardner (Getty Images)

Quand Leïla Beaudoin est retournée dans son coin après les trois premières minutes de son affrontement contre Alycia Baumgardner, la Québécoise avait toutes les raisons au monde de s’imaginer qu’elle pouvait rivaliser avec la championne unifiée des poids super-plumes.

La boxeuse originaire de Témiscouata-sur-le-Lac avait clairement gagné ce premier round en contrôlant le centre du ring. Elle pistonnait frénétiquement son jab qu’elle n’hésitait pas à doubler et même tripler pour empêcher l’Américaine de contre-attaquer, sa grande force.

Mais tout cela n’était qu’illusion. Comme c’est pratiquement toujours le cas avec tous les athlètes qui se retrouvent au sommet de la pyramide de ce sport, la détentrice des ceintures de la WBA, de l’IBF et de la WBO emmagasinait de l’information. Dès qu’elle en a eu assez, elle a ouvert la machine et n’a presque plus jamais regardé derrière par la suite.

En toute logique, Baumgardner (17-1), considérée comme l’une des meilleures boxeuses « livre pour livre » de la planète, a donc eu le meilleur Beaudoin (13-2) par décision unanime des juges, vendredi soir, à Miami, en Floride, en demi-finale du gala de Most Valuable Promotions (MVP) mettant en vedette l’influenceur-promoteur Jake Paul et Anthony Joshua.

Les trois juges ont remis des cartes de 118-109, 117-110 et 117-110 qui reflètent fidèlement l’allure du combat pendant lequel Beaudoin a visité le tapis dans les derniers instants du septième round après avoir encaissé une droite de Baumgardner lancée en contre-attaque.

« Je me donne A+ pour cette performance, a mentionné la championne après sa victoire. »

« J’ai perdu mon père l’année dernière (en mai 2024, NDLR) et ç’a été une période extrêmement difficile à vivre », a-t-elle ajouté en retenant tant bien que mal ses émotions. »

A dominé 158-98 au chapitre des coups qui ont atteint la cible selon CompuBox.

Disputant son huitième duel de championnat du monde d’affilée, « The Bomb » s’est servie à bon escient des rounds de trois minutes afin de tisser tranquillement sa toile autour de Beaudoin. Elle s’est d’abord assurée de gagner la bataille du jab – qui s’est avéré très vif – avant d’appuyer sa main avant avec sa droite qui a vite marqué l’œil gauche de Beaudoin.

Dès le troisième round, il est devenu évidemment que Baumgardner avait pris le large. Ses combinaisons étaient précises et ses mains simplement trop rapides pour Beaudoin. Et que la Québécoise tentait de rentrer à l’intérieur pour freiner les ardeurs de l’Américaine, cette dernière prenait un pas de distance et parvenait à éviter absolument tous les dangers.

L’œil gauche de Beaudoin a ensuite commencé à montrer des signes de faiblesse à partir du cinquième round et Baumgarnder a immédiatement flairé la bonne affaire en s’attaquant au corps de son adversaire pendant qu’elle tentait de protéger désespérément son visage.

Ce qui devait finir par arriver arriva au septième assaut, alors qu’une puissante droite de Baumgardner a percé la garde de Beaudoin qui s’est retrouvée au plancher. Mais plutôt que de se laisser décourager par la situation, elle s’est relevée et n’a jamais cessé d’essayer.

Beaudoin a effectivement démontré beaucoup de courage en continuant de se coller à Baumgardner, qui lui a fait payer comptant chacune de ses incursions. Cela dit, la stratégie a fini par rapporter, car la Québécoise a éventuellement connu d’excellents moments à la fin du onzième round ainsi que pendant la grande majorité du douzième et dernier round.

« Je ne suis pas du tout déçue de ne pas avoir réussi à l’arrêter », a conclu Baumgardner. Cela démontre simplement le niveau d’habiletés que nous avons eu pendant 12 rounds. Elle n’a pas réussi à me faire mal à aucun moment. Ç’a été un combat vraiment plaisant! »

Au final, le résultat était cependant implacable. Les coups de Baumgardner ont été plus nombreux – 158 contre 98 d’après CompuBox – et surtout beaucoup plus incisifs. Le faciès de Beaudoin démontrait à lui seul le genre de soirée qu’elle venait de connaître. Mais elle n’a pas à rougir de sa prestation. À ce niveau, le courage ne suffit malheureusement pas.