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De « Bronx Bombers » à « Bronx Bloopers »

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Compte complet \u2013 Retour sur la date limite des transactions Épisode du 4 août du balado « Compte complet » avec Marc Griffin et Alain Usereau.

Rien ne va plus dans le Bronx. Une équipe bâtie pour dominer l'Américaine ressemble plutôt à une troupe de théâtre amateur qui peine à répéter ses lignes. Les Yankees de New York jouent présentement un baseball d'une laideur presque artistique. C'est un chef-d'œuvre de contreperformance, une démonstration que le talent brut, aussi tape-à-l'œil soit-il sur papier, ne garantit absolument rien quand vient le temps de jouer… du vrai baseball.

Oui, la perte d'Aaron Judge fait mal. On ne remplace pas un capitaine, un leader offensif et un joueur de franchise d'un simple claquement de doigts. Mais ce serait une erreur de croire que son absence explique tout. Les problèmes vont bien au-delà.

Une équipe qui cherche son identité

Depuis quelques semaines, les Yankees offrent un festival d'erreurs mentales et physiques. Entre les relais mal dirigés, les jeux de routine échappés et les courses sur les buts suicidaires, on se demande comment une équipe aussi talentueuse peut jouer avec aussi peu de cohésion. Voir les Yankees évoluer avec autant d'hésitation et d'imprécision est difficile à regarder.

Ce qui surprend le plus, c'est le manque de cohésion dans un groupe pourtant rempli de vétérans. Comme si on avait oublié la fierté et les exigences qui viennent avec le fait de porter cet uniforme prestigieux.

Devin Williams ou l'effet New York

L'un des piliers censés stabiliser l'équipe en fin de match, Devin Williams, traverse lui aussi une période difficile. Dominant avec Milwaukee, il peine à retrouver ses repères depuis qu'il porte l'uniforme rayé. Son fameux changement de vitesse a perdu de son efficacité, sa mécanique semble instable, et son rythme, brisé.

On le sait, jouer à New York n'est pas pour tout le monde. Le marché est impitoyable, les attentes sont astronomiques, et les projecteurs ne s'éteignent jamais. Certains joueurs s'y épanouissent. D'autres… perdent leurs moyens.

Pour l'instant, Williams semble faire partie de la deuxième catégorie. Comme s'il avait oublié comment lancer une prise dès qu'il a franchi les tourniquets du Yankee Stadium.

Et il n'est pas le seul.

Jake Bird : un aller simple pour le AAA

Autre exemple d'adaptation difficile : Jake Bird. Acquis à la date limite pour stabiliser l'enclos, il a rapidement été cédé au niveau AAA. Bird n'a même pas eu le temps de découvrir le hot-dog au pastrami ou de visiter le musée Guggenheim. Qu'importe : son passage dans le Bronx aura été aussi court qu'inefficace.

C'est un rappel brutal que même les meilleures intentions sur le marché des transactions ne garantissent rien.

Souhaitons que les autres releveurs acquis récemment, David Bednar et Camilo Doval, soient en mesure de livrer la marchandise.

Une équipe qui attend quoi?

On voit une formation qui semble attendre quelque chose. Le retour de Judge? Un sursaut de Boone? Un miracle d'août? En attendant, elle accumule les défaites sans éclat, les bourdes et les regards vides.

On comprend l'importance d'un joueur comme Judge. Mais n'est-ce pas justement dans ces moments que le reste de l'équipe doit se serrer les coudes? Que le collectif doit compenser l'absence d'un leader?

Voici quelques chiffres qui parlent d'eux-mêmes. Judge est meneur dans la plupart des catégories. L'écart entre lui est le second est trop grand.

Points marqués : Judge 90 / Goldschmidt 62

Points produits : Judge 85 / Bellinger 66

Moyenne au bâton : Judge .342 / Goldschmidt .282

MPP : Judge 1.160 / Stanton .875

On ne peut pas espérer que Judge règle tout à son retour. À ce que je sache, il y a neuf joueurs dans le rôle offensif.

Aaron Boone devra rallumer la flamme

Aaron Boone, reconnu pour protéger ses joueurs, fait maintenant face à l'un des plus grands défis de sa carrière de gérant. Ce groupe a besoin d'un électrochoc. D'un message clair. D'une remise en question.

Boone devra cesser de répéter les mêmes excuses. Les joueurs doivent assumer leurs responsabilités. Et surtout, retrouver le goût de jouer du bon baseball. C'est aussi simple et aussi difficile que ça.

Car pendant ce temps, les Blue Jays et les Red Sox continuent d'avancer. Eux non plus ne jouent pas toujours à la perfection, mais ils trouvent des façons de gagner. De s'ajuster. De répondre à l'adversité.

Encore du temps… mais plus beaucoup de marge

La bonne nouvelle, c'est qu'il reste encore du temps. La saison est loin d'être terminée. Les Yankees ont suffisamment de matchs devant eux pour redresser la situation, grimper au classement et redevenir un sérieux prétendant en octobre.

Mais le temps seul ne fera pas le travail. Il faut que cette équipe se rassemble, qu'elle retrouve sa rigueur, qu'elle recommence à faire les petites choses avec précision et professionnalisme. C'est là que tout commence.

Et malgré tout ce qu'on a vu dernièrement, il y a des raisons de croire que le redressement est encore possible. Le talent est là. Il suffit d'un déclic, d'un match sans faille, d'un bon vieux « walk-off » pour relancer la machine.

Mais il faudra faire vite. Cette division ne va pas attendre que les Yankees retrouvent leurs esprits. Les Red Sox carburent à la jeunesse et à la fougue. Les Blue Jays, eux, démontrent une belle stabilité malgré les blessures.

Une occasion de se définir

Parfois, ce sont les périodes difficiles qui révèlent le vrai caractère d'un groupe. Les bonnes équipes se serrent les coudes. Elles trouvent une façon de transformer l'adversité en motivation. Les Yankees ont souvent été reconnus pour faire exactement cela.

S'ils veulent rester fidèles à leur histoire, c'est maintenant que ça se joue.

Est-ce que cette édition a ce qu'il faut pour répondre à l'appel? Si oui, elle peut encore aspirer à beaucoup. Sinon, elle risque de s'ajouter à la liste des grandes déceptions.

Le verdict ne tombera pas aujourd'hui. Mais le compte à rebours, lui, est déjà commencé.