Le baseball majeur nous offre une fin de saison complètement folle. Dans l’Américaine, les Guardians de Cleveland, qui accusaient 9,5 matchs de retard sur les Tigers il y a à peine deux semaines, se retrouvent maintenant au sommet de la division centrale avec quatre matchs à jouer. Le 10 septembre, Fangraphs leur accordait… 0,1 % de chances de finir premiers! Aujourd’hui, les Tigers pourraient réellement rater les séries.
À l’ouest, les Mariners de Seattle ont remporté 16 de leurs 17 derniers matchs pour s’assurer du titre de division, une première depuis 2001. Et le plus savoureux dans tout ça? Leur gérant actuel, Dan Wilson, était le receveur partant de l’équipe lors de cette dernière conquête. Pendant ce temps, les Blue Jays s’écroulent au pire moment : six défaites à leurs sept derniers matchs, laissant les Yankees revenir à égalité en tête de la division Est.
Dans la Nationale, les Mets de New York s’effondrent eux aussi, avec 12 revers à leurs 17 derniers matchs. Résultat : les Reds de Cincinnati et les Diamondbacks de l’Arizona croient encore à leurs chances. Imaginez un instant rater les séries avec une masse salariale de 340 millions de dollars?
Une saison historique individuellement
Si les courses d’équipes nous gardent en haleine, les performances individuelles font tout autant jaser. Cal Raleigh, le receveur des Mariners, a atteint la mythique barre des 60 circuits. Il devient seulement le 4e joueur de l’histoire de l’Américaine à réussir l’exploit, après Aaron Judge (62 en 2022), Roger Maris (61 en 1961) et Babe Ruth (60 en 1927). Pour un receveur, c’est du jamais vu.
Et mercredi, on a vécu une soirée unique dans toute l’histoire du baseball : trois frappeurs de 50 circuits et plus ont cogné deux longues balles chacun dans le même match. Raleigh (59e et 60e), Kyle Schwarber (55e et 56e) et Aaron Judge (50e et 51e) ont transformé une simple soirée de septembre en moment historique.
Mais derrière cette pluie de circuits, un constat frappe : la puissance domine. Seulement huit joueurs, dans tout le baseball majeur — et seulement deux dans la Nationale, maintiennent encore une moyenne de ,300 et plus.
Mets, Tigers, Jays : trois énigmes
Comment expliquer que les Mets, les Tigers et les Jays soient dans une telle position précaire? S’il y avait des réponses simples, ils ne seraient pas là. Mais quand on compare avec les Brewers et les Mariners, la différence saute aux yeux.
À Milwaukee, les joueurs attribuent beaucoup du succès à la synergie créée par le gérant Pat Murphy et à la clarté de sa communication. Rien de mesurable dans une feuille de statistiques, mais ô combien essentiel. Du côté de Seattle, Jerry Dipoto a pointé un moment déclencheur : la performance de deux circuits et quatre points produits de Julio Rodríguez le 6 septembre. Depuis, les Mariners surfent sur une vague contagieuse. Même si Raleigh vit une saison historique, c’est le jeu de Julio qui a ravivé l’âme de l’équipe.
Alors, peut-on appliquer ces leçons aux Mets, aux Tigers et aux Jays?
Chez les Mets, les blessures aux lanceurs partants expliquent une partie du problème, mais pas tout. Avec une masse salariale qui explose, ils ne peuvent pas se cacher derrière ça. Surtout quand Juan Soto, Pete Alonso et Francisco Lindor livrent la marchandise. Est-ce un problème de chimie? On dirait bien que oui.
Chez les Tigers, c’est l’attaque qui a tout simplement cessé de produire. Ils ont perdu 11 de leurs 12 derniers matchs en marquant à peine 28 points — une misère de 2,3 points par rencontre. Riley Greene a porté l’attaque toute l’année (35 circuits, 110 points produits, MPP de ,811), mais en septembre, son MPP a chuté à ,630. Quand ton seul pilier offensif s’éteint, tout l’édifice s’effondre.
Et chez les Jays, on a l’impression que la magie a disparu. La gestion d’Eric Lauer et de José Berríos a laissé des traces. Berríos ne lançait pas bien, certes, mais c’est un leader naturel. L’avoir écarté de la rotation a créé une frustration palpable. Parler, partager les idées, communiquer avec les joueurs, surtout les vétérans, est essentiel pour maintenir une synergie. Parfois, les chiffres ne disent pas tout : négliger l’impact d’un leader peut coûter cher.
Springer tente tant bien que mal de porter l’attaque, mais la puissance de Vlad Jr. s’est évaporée (seulement deux circuits en septembre). Sans Bichette, son absence pèse lourd. Et Addison Barger, qui reçoit moins de bons lancers à cause de Vlad, en paie aussi le prix. Résultat : une équipe qui cherche désespérément un élan, alors qu’elle n’a toujours pas gagné un seul match de série depuis l’arrivée du duo Shapiro/Atkins. La dernière victoire? Octobre 2016. L’ère Anthopoulos.
Place au dernier sprint
Bref, rarement un dernier week-end aura eu un impact aussi grand sur le classement final. Et c’est parfait ainsi! Que ce soit les Yankees, les Dodgers, les Phillies ou même les Red Sox, plusieurs clubs semblent trouver leur vitesse de croisière au bon moment.
Attachez vos ceintures : la fin de saison régulière nous promet un dénouement digne d’un scénario hollywoodien.





