Évidemment, ça devait se terminer de cette façon. Shohei Ohtani, le visage le plus important du baseball, lanceur partant du 7e match de la Série mondiale.
L’homme aux 700 millions de dollars qui affronte l’équipe qui luttait pour ses services contre les Dodgers il n’y a pas si longtemps.
Si les Blue Jays doivent remporter un premier titre depuis 1993, aussi bien que ce soit à domicile, face à celui qui a préféré l’autre, il y a deux ans.
Quand on dit que le baseball est romantique...
Depuis le match numéro 1, cette Série mondiale cumule les faits saillants qui la rendront inoubliable.
Grand chelem d’Addison Barger dans le premier match.
Un départ impeccable de Yoshinobu Yamamoto dans le deuxième match.
Un classique instantané de 18 manches dans le troisième match, avec la blessure de George Springer, la performance historique d’Ohtani qui s’est rendu sur les sentiers à 9 reprises, avec deux circuits. Clayton Kershaw qui dit aurevoir à ses partisans, appelé en relève avec deux retraits et les buts remplis. Le circuit victorieux de Freddie Freeman.
Les Jays qui rebondissent dans les quatrième et cinquième matchs, menés par deux circuits de Vladimir Guerrero fils.
Le départ historique de Trey Yesavage dans le cinquième match. Pas historique pour une recrue. Historique. Sept manches, douze retraits au bâton, trois coups sûrs, aucun but sur balles. Vint-deux ans. Il sera disponible ce soir d’ailleurs. C’est clair pour moi.
La balle qui reste prise sous la clôture dans le sixième match. Deux coureurs en position de marquer, aucun retrait, deux points d’écart.
Puis Barger qui veut un peu trop. Double jeu, match terminé.
Deux plus beaux mots du sport
Septième. Match.
Donc, on a quoi sous les yeux pour ce duel ultime. D’une part, Max Scherzer. Un des meilleurs lanceurs de sa génération, avec trois trophées Cy Young au-dessus du foyer.
Un lanceur en fin de parcours qui n’était même pas de la formation des Jays lors de la Série de division face aux Yankees. Limité à 17 départs en 2025, il a connu un mois de septembre épouvantable, avec une moyenne de points mérités de 10,20 en quatre départs.
Sauf que! Scherzer fera son entrée au Temple de la renommée en raison de cette mentalité de guerrier. Celle du lanceur qui regarde son gérant en route vers le monticule avec le regard de Maurice Richard : « Tu viens faire quoi ici? Retourne de bord, c’est moi qui termine la manche. »
Voyons voir si cette mentalité compensera les quelques miles à l’heure que l’âge a retiré à sa balle rapide.
Il ne faut pas s’attendre à voir Scherzer très longtemps au monticule. Si les Jays sont dans le match après quatre manches, ce sera mission accomplie.
Scherzer n’affrontera pas Ohtani trois fois dans ce match. Shane Bieber pourrait être une option en relève par la suite. Il a excellé face aux Dodgers dans le quatrième match. Louis Varland pourrait aussi être une option tôt dans le match, si les Jays ont besoin de retraits importants face au haut de la formation. Idem pour Mason Fluharty si on doit retirer Ohtani, Freeman ou Max Muncy.
À l’attaque, Springer, Guerrero et Bo Bichette sont les trois acteurs principaux, mais il y a beaucoup d’acteurs de soutien. Et des bons.
Alejandro Kirk a connu une mauvaise soirée au bâton vendredi, blanchi en trois présences, avec deux retraits au bâton. Il a cette capacité de se lever dans les moments importants et il a rarement connu deux mauvais matchs de suite.
Daulton Varsho peut se faire retirer au bâton pendant une semaine sans faire une seule fausse balle, mais quand il pince la p’tite balle blanche, elle peut aller loin. Un circuit de deux points pourrait faire la différence dans ce match.
Les vedettes de la Californie
Enlevez Ohtani de l’équation, le reste de la formation offensive des Dodgers avait cumulé une moyenne au bâton de ,188 avant le sixième match de la série, depuis le début de la Série mondiale.
Le hic pour Toronto, c’est que Los Angeles a frappé 244 circuits au cours de la saison. Au 2e rang du Baseball majeur. Ohtani, Freeman, Muncy Mookie Betts, Will Smith et Teoscar Hernandez. Tous des frappeurs qui n’ont besoin que d’une seule erreur du lanceur adverse pour faire la différence.
Bien sûr, il y a Ohtani qui est destiné à être un grand parmi les grands.
Si j’étais un lanceur des Jays, Betts me ferait peur. Il a connu une saison difficile en 2025 et ça s’est poursuivi en séries, mais il a donné le ton pour les Dodgers avec un simple de deux points dans le 6e match et c’est parfois tout ce que ça prend pour un frappeur de ce calibre.
Je l’ai aperçu en discussion à bâton rompu après le sixième match, vendredi soir, en compagnie de Derek Jeter. On aurait tous aimé être un petit oiseau pour entendre ce que ces deux légendes ont bien pu se dire.
Bref, les deux équipes regorgent de joueurs qui offriront à l’amateur de baseball une soirée inoubliable. Que le meilleur gagne! Play ball!






