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Entre la zone électronique et les illusions d’avril

Publié le 

Plus d’une semaine depuis le début de la saison… et déjà, il y a ceux qui regardent le classement chaque matin avec un sourire en coin, convaincus que cette année, c’est la bonne. Et il y a les autres, ceux qui soupirent déjà devant leur écran, persuadés que rien n’a changé depuis l’an dernier. C’est ça, le baseball d’avril : une montagne russe d’impressions, souvent amplifiées, rarement nuancées.

Êtes-vous découragé par votre équipe? Surpris? Frustré par un joueur? Emballé par une recrue? Intrigué par la zone de prise électronique?

Tout ça est normal.

Mais laissez-moi vous ramener sur terre, doucement, sans casser votre enthousiasme ni votre inquiétude : il reste encore environ 155 matchs à jouer. Vingt-cinq semaines. Une éternité dans le monde du baseball.

Et pourtant, ces premiers jours nous disent déjà beaucoup.

Zone de prise électronique : un pas en avant

Personnellement, je suis emballé.

Ce n’est pas parfait encore, mais le système fonctionne. Et surtout, il amène une forme de justice qui manquait cruellement dans certaines séquences importantes. On voit déjà que les équipes cherchent leur manière de gérer les contestations. Pour l’instant, ça ressemble un peu à du « n’importe quand, n’importe comment », mais c’est normal : on est en phase d’adaptation.

Je pousserais même l’idée plus loin : trois contestations par match au lieu de deux.

Pourquoi? Parce qu’on voit déjà le problème. Une contestation perdue tôt, et soudainement, tout le monde devient conservateur. On garde la dernière comme un trésor qu’on n’ose pas utiliser. Résultat : des appels douteux passent sans être contestés, et on perd un peu l’essence même du système.

Et soyons honnêtes : cette technologie expose les arbitres.

Certains s’ajustent. D’autres, beaucoup moins.

Le cas de CB Bucknor est frappant. Jusqu’ici, il a été, sans détour, le pire officiel. Ce système ne fait pas que corriger les erreurs, il met en lumière les lacunes. Et ça, c’est une excellente chose pour le baseball, à condition que les principaux intéressés veuillent s’améliorer.

Sinon, la ligue devra intervenir.

Parce qu’au final, ce n’est pas seulement une question de performance individuelle : c’est une question de crédibilité pour tout le sport.

Yankees c. Red Sox : deux réalités opposées

Il y a des débuts de saison qui donnent le ton.

Du côté des Yankees de New York, tout roule. Une fiche de 5-1 sur la côte Ouest, un personnel de lanceurs dominant avec une moyenne de points mérités de 1,01, ce n’est pas rien!

Et que dire de Max Fried? Solide. Efficace. Fidèle à lui-même.

Mais la vraie surprise, c’est Cam Schlittler.

Sérieusement, ce gars-là est impressionnant. Il a le calme, le physique, l’attitude. Si la santé est au rendez-vous, on parle d’un sérieux candidat au Cy-Young. Oui, déjà.

Et le plus inquiétant pour les autres équipes? Aaron Judge n’a pas encore démarré... malgré deux circuits. Quand il va trouver son rythme, c’est une attaque qui va produire amplement.

En regardant le calendrier (Marlins, A’s, Rays et Angels), il ne serait pas surprenant de voir les Yankees avec une fiche de 15-4 à la mi-avril.

Pendant ce temps, chez les Red Sox de Boston, c’est une autre histoire.

Une fiche de 1-5. Un différentiel de -15. Rien ne fonctionne vraiment.

Mais attention : pas de panique.

La moyenne de points mérités de 4,91 va se replacer. Cette équipe est meilleure que ce qu’elle montre actuellement. Cependant, le danger est réel : dans une division aussi compétitive, tu ne peux pas jouer du baseball de rattrapage pendant six mois.

Et avec des séries à domicile contre San Diego et Milwaukee, le redressement ne sera pas évident.

Les Blue Jays : du bon... et des inquiétudes

Du côté des Blue Jays, un dossier de 4-2 à domicile, c’est respectable.

Mais honnêtement? Il y avait peut-être place à mieux.

Les lanceurs partants ont fait le travail, mais l’équipe aurait pu aller chercher une victoire de plus. Et là, la blessure à Cody Ponce vient compliquer les choses.

On parlait d’un surplus de partants cet hiver, et soudainement il faut être créatif.

Avec les absences de Trey Yesavage et Shane Bieber, il ne faudra surtout pas précipiter les retours. Même chose pour José Berríos.

La solution? L’attaque.

Jesús Sánchez surprend, oui. Mais il va falloir plus de production d’Addison Barger et Daulton Varsho. Leur début combiné (3 en 21) est loin d’être idéal.

Ça va se replacer, mais plus tôt serait mieux.

L’inquiétude principale, cependant, se trouve ailleurs : Brendon Little.

Sa confiance semble ébranlée. Profondément.

Ce n’est pas irrécupérable, loin de là, mais il doit être utilisé dans des situations moins critiques. Le renvoyer au niveau AAA? Possible. Le libérer? Extrême, mais pas impossible si la situation ne s’améliore pas.

Les options internes comme Adam Macko et Michael Plassmeyer existent. Mais dans un monde idéal, Little retrouve son aplomb.

Parce que présentement, la corde raccourcit.

Bichette, pression et jeunesse éclatante

Le cas de Bo Bichette est fascinant.

Un début difficile : 1 en 14, huit retraits sur des prises. Puis 2 en 13 sans retrait sur des prises. Rien de catastrophique, mais rien de rassurant non plus.

Est-ce que je suis inquiet? Non.

C’est un frappeur naturel. Il va se replacer.

Mais la pression de New York, elle, est bien réelle. Et elle semble déjà peser. Son contrat de 42 millions par année? Disons-le franchement : c’est ridicule. Et ce genre de salaire vient avec un niveau d’attente qui ne pardonne pas les débuts timides.

Pendant ce temps, la jeunesse fait parler.

Kevin McGonigle et JJ Wetherholt, entre autres, impressionnent déjà. Et voilà qu’un phénomène s’ajoute au portrait : Konnor Griffin.

À seulement 19 ans, il s’apprête à faire ses débuts avec les Pirates. Je trouve son nom vraiment cool!

Un contrat de 9 ans, 140 millions.

Un statut de meilleur espoir du baseball.

Et une entrée dans l’histoire potentielle : premier joueur de position adolescent depuis Juan Soto en 2018, et le plus jeune depuis Andruw Jones en 1997 à jouer dans un des sept premiers matchs de la saison.

C’est énorme.

Et c’est exactement ce genre d’histoire qui rend le début de saison aussi captivant.

Conclusion

Rappelez-vous ceci : le baseball d’avril est un mirage. Parfois révélateur, souvent trompeur.

Ce qui compte, ce n’est pas comment tu commences, c’est comment tu t’ajustes.

Et dans ce sport-là, ceux qui s’adaptent finissent presque toujours par avoir le dernier mot.